Samedi 15 août 2009
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Bonjour à tous....


Ce blog sans prétention aucune a été crée à partir de fiches et d'ouvrages - collection  Lagarde et Michard - collection Nathan  Grands écrivains du Monde, c'est un petit aperçu de la Littérature de l'antiquité au XX ème siècle. Cette  liste (non exhaustive) aborde les auteurs qui ont marqué leur temps. Elle vous donnera, je l'espère, des repères, et remettra dans son contexte des oeuvres plus ou moins oubliées. Il suffit de cliquer sur le titre de l'article pour y accéder.


ANTIQUITE 

Eschyle / Les Perses

Une existence glorieuse On sait très peu de choses sur Eschyle : il serait né vers 525 avant Jésus-Christ et aurait appartenu à une famille de l'aristocratie religieuse d'Eleusis, cité grecque renommée pour ses lieux de culte nombreux. Là, il vécut ce qu'il convient d'appeler une   : ainsi que ...
ANTIQUITE / Sophocle / Antigone / Oedipe
Sophocle est le second des grands tragiques. Une anecdote symbolique le montre dirigeant le choeur des jeunes gens qui dansèrent pour célébrer la victoire de Salamine où Eschyle avait combattu, le jour de la naissance d'Euripide. Mais il n'est ni le successeur d'Eschyle, avec qui il rivalisa, ...
ANTIQUITE / Aristophane
Le siècle qui marqua l' apogée d' Athènes, fut l'époque, parmi d'autres, de Phidias, d' Hérodote, d'Anaxagore, de Protagoras, de Socrate, de Sophocle et d' Euripide. Né probablement en 450 avant J-C, Aristophane vécut et écrivit son oeuvre pendant une période particulièrement importante de ...
ANTIQUITE / Platon / Le Banquet
Platon peut être considéré comme le premier philosophe, entre la volonté de sortir des illusions et la nécessité de prendre en main la politique. Platon vers 428 - 347 Les dialogues de jeunesse sont dits "aporétiques" : l'aporie est l'embarras de celui qui s'aperçoit ne pas pouvoir définir ce ...
ANTIQUITE / Platon....Apologie de Socrate
Socrate  avait soixante dix ans lorsqu'il fut accusé de corrompre la jeunesse, de ne pas reconnaître les dieux de l'Etat  et d'introduire de nouvelles divinités. Ces trois griefs méritaient la peine de mort.   La défense de Socrate n'est pas un plaidoyer. C'est une ...
ANTIQUITE / Aristote
Aristote fut le premier philosophe à tenter d'organiser la totalité du savoir humain et représenta pendant longtemps les limites de la science humaine : il fallut en effet attendre la Renaissance et Descartes pour voir sa philosophie remise en question. 
ANTIQUITE / Cicéron / Apologie de la vieillesse
A 63 ans, Cicéron fait à un vieil ami, sur un ton de confidence, l'éloge de la vieillesse. Il lui explique pourquoi elle n'est pas un fardeau et comment affronter calmement
...

ANTIQUITE / Virgile / L' Enéide
Publius Virgilius Maro, considéré comme le plus grand des poètes latins, est né près de Mantoue, en 70 av. J-C.  Loin des désordres politiques incessants qui secouent la République, le jeune Virgile grandit dans un cadre rural. S'il ne choisit pas la carrière ...
ANTIQUITE / Sénèque / Médée / Oedipe
Né vers 4 av J.C - Décédé 12 avril 65 ap J.C. La postérité a parfois reproché à Sénèque, à juste titre semble-t-il, de n'avoir ...

ANTIQUITE / La Chanson de Roland
Auteur inconnu Mort pour n'avoir pas sonné du cor : Devant la menace d'une invasion imminente, Marsile, roi de Saragosse, promet de se convertir, lui et les siens, au catholicisme. Pour mener les négociations, Roland, neveu de Charlemagne, propose d'envoyer Ganelon, son  ...
ANTIQUITE / Tristan et Iseut
Auteur Anonyme : Tristan et Iseut s'éprennent l'un de l'autre d'un amour passioné après avoir bu, par erreur, un philtre magique. Le destin des amants sera tragique. Une épopée de l'amour : Tristan (le triste),  parfait damoiseau* qui excelle aux armes et à la harpe, brave courageusement le ...
ANTIQUITE / Ovide / L'art d'Aimer
Quels sont les lieux priviligiés de rencontres ? Comment plaire ? Comment garder sa conquête ? Telles sont les principales questions auxquelles Ovide répond. Ovide composa trois poèmes didactiques : "L'Art d'aimer", son antidote, "Les Remèdes à l'amour " et un poème sur l'art du ...
ANTIQUITE / Cicéron / Apologie de la vieillesse
A 63 ans, Cicéron fait à un vieil ami, sur un ton de confidence, l'éloge de la vieillesse. Il lui explique pourquoi elle n'est pas un fardeau et comment affronter calmement l'approche de la mort. "La faiblesse convient à l'enfance ; la fierté à la jeunesse ; la gravité à l'âge mûr
    
MOYEN-AGE

Chrétien de Troyes / Le conte du Graal

Situation du roman au XII ème siècle On sait que le XII ème  siècle marque le premier grand essor de la littérature française. Dès le début du siècle, l'identité linguistique de la France commence à s'illustrer plus indépendamment de la culture latine, et surtout ecclésiastique, des siècles ...
MOYEN-AGE / Dante / La Divine Comédie
Séparé à tout jamais de ses deux passions, Florence, sa ville natale, et Béatrice Portinari, Dante s'absorba dans "La Divine Comédie", un long poème mystique et une somme de toutes les connaissances médiévales.                         
MOYEN-AGE / Le Roman de Renart
Toujours lu, ce recueil de contes d'animaux mérite une attention particulière, par sa genèse, par la richesse des renseignements donnés sur la mentalité médiévale et par sa modernité. Il connut une telle célébrité que des moines, dit-on, préféraient sa lecture à celle de leur bréviaire ; son ...
XII ème

 Historiens Français du Moyen-Age / Villehardouin - Joinville - Froissart - Commynes
Pendant des siècles, l'histoire fut en France un genre savant, réservé aux clercs qui, continuant la tradition de GRÉGOIRE DE TOURS (VIe siècle), écrivaient leurs æuvres en latin. Il s'agissait surtout d'annales et de vies de princes, comme la VIE de CHARLEMAGNE (Vita Caroli) ...
XIII ème

 Ruteboeuf / Complainte

Rutebeuf ou Rustebeuf. Trouvère français du XIIIe siècle, né sans doute à Paris ou aux environs et mort à Paris vers 1280 ou même 1290. Ruteboeuf est le plus illustre prédécesseur de Villon : tous deux furent des "poètes maudits".  Ruteboeuf est intervenu à de très nombreuses reprises en faveur 
XIV ème

Jean Froissart / Chroniques

 La vie quotidienne de la haute société européenne pendant la guerre de Cent ans. Au Moyen-Age, la société est divisée en trois ordres : celui de la chevalerie, dont Froissart nous narre les exploits, celui des clercs, auquel il appartient, celui des travailleurs ...
XV ème

François Villon / La Ballade des Pendus
La renommée de Villon ne se fonde guère que sur deux ou trois cents vers, parmi les trois mille  à  peine qui nous restent de lui : quelques poignantes réussites, au milieu d'un fatras encore (gothique) et obscur. De la terne et monotone pesanteur du discours testamentaire que le poète parodie ...
XV ème / François Rabelais / Gargantua et Pantagruel
François  Rabelais est né en 1494, à la métairie de la Devinière, non loin de Chinon. Son père, avocat à Chinon, était un assez gros propriétaire : l'æuvre de Rabelais abonde en souvenirs du terroir familial et en allusions aux gens de justice. D'abord initié au rudiment dans l'abbaye, toute ...
XVI ème

Martin Luther / De la liberté..

De la liberté du chrétien : Les traités jugés "hérétiques d'une figure marquante du XVIe siècle sont à l'origine de la Réforme. Martin Luther 1483  1546 L'homme est en contradiction avec lui-même : Pour comprendre le paradoxe initial de l'homme à la fois libre ...
XVI ème : Jean Calvin / Institution de la Religion Chrétienne
Cet ouvrage est le texte fondamental du protestantisme français. Calvin cherche à y rassembler, dans un exposé cohérent et rationnel, tous les éléments de la nouvelle doctrine. En 1534, à la suite de l'affaire des Placards - des affiches attaquant la ...
XVI ème / Pierre de Ronsard / Discours des misères de ce temps / Les Amours / Sonnets pour Hélène
En 1562, les guerres de Religion éclatent en France. Le "prince des poètes" prend la plume pour en déplorer les conséquences calamiteuses et dénoncer les protestants. 
XVI ème / Joachim du Bellay / Vie / Poèmes : Les Regrets / Les Antiquités de Rome
Joachim du Bellay, est un poète  Français, né vers 1522 dans le Maine et Loire, au chateau  de la Turmelière, et mort en 1560 à Paris.  Sa  rencontre avec Pierre de Ronsard,  fut à l'origine de la formation de la Pléiade ; groupe de poètes auquel Du Bellay donna son "manifeste"  ( déclaration ...
XVI ème / Michel de Montaigne / Sa vie / Les Essais
Une jeunesse dans la tourmente Michel de Montaigne naît le 28 février 1533 au château de Montaigne, troisième enfant d'une famille de notables bordelais  son père, Pierre Eyquem, seigneur depuis 1519, le confie dès l'âge de deux ans à un ...
XVI - XVII ème / Miguel Cervantes - Don Quichotte - Nouvelles exemplaires
Don Quichotte Si le viel hidalgo Don Quichotte est un idéaliste et un rêveur impénitant, Cervantes, lui, fut un homme d'action, durement confronté à la vie, plongé dans la guerre et dans le silence des prisons. Miguel de Cervantes Saavedra (29 septembre 1547 à Alcala des Henares - décédé le ...
XVII ème

Pierre Corneille / Le Cid  /  L'illusion comique

Issu d'une famille de magistrats, Pierre Corneille naît à Rouen en 1606. Au collège des jésuites où il poursuit d'excellentes études secondaires, il se passionne pour la morale et l'éloquence de Sénèque et Lucain, stoïciens latins ; il découvre aussi l'art de la scène, car le
...

XVII ème / Molière / Le Misanthrope / Les Fourberies de Scapin
Un magicien qui changeait en rire la laideur du monde. La vocation du théâtre Jean-Baptiste Poquelin est né à Paris en 1622, dans une famille bourgeoise. Son avenir paraît tracé : son père, qui possède la charge convoitée de tapissier du roi, et qui compte bien la transmettre à sa  descendance, ...
XVII ème / Jean Racine / Andromaque / Britannicus / Bajazet
Né à La Ferté-Milon en décembre 1639, JEAN RACINE se trouva orphelin dès l'âge de quatre ans. Élevé par sa grand-mère, il eut de bonne heure le spectacle de discussions familiales, passant, dit-il, sa jeunesse " dans une société de gens qui se disaient assez volontiers leurs vérités, et qui ne ...
XVII ème / Jean de La Fontaine
1621 - 1695 La vie provinciale (162I-16S8) De souche bourgeoise et provinciale, Jean de LA FONTAINE est né en 1621 à Château- Thierry : il y sera un jour maître des eaux et forêts, comme son père
...
XVII ème / René Descartes / Discours de la Méthode
René Descartes naquit le 31 mars 1596 à La Haye, en Touraine. Fils d'un conseiller au Parlement de Bretagne, il fit des études classiques chez les Jésuites de la Flèche. Licencié en droit à Poitiers (1616), il décide d'étudier dans "le livre du monde".
XVII ème / Blaise Pascal / Les Pensées
Au milieu du XVII ème, l'abbaye de Port Royal des Champs, dans la vallée de Chevreuse était  placée sour la direction de Mère Agnes. Port Royal devint rapidement le haut lieu du jansénisme en ...

XVI ET XVII ème / William Shakespeare / Roméo et Juliette / Richard III / Les Sonnets / La Tempête
William Shakespeare  naît le 23 avril 1564 (baptisé le 26) à Stratford-sur-Avon dans le Warwickshire. Sa mère, Mary Arden, est issue d’une famille de propriétaires terriens ; son père, John Shakespeare, riche commerçant de la corporation des pelletiers et gantiers jouit de suffisamment de biens ...
Fin XVII / XVIII ème / Montesquieu / Lettres persanes  /  L'Esprit des Lois  
Charles-Louis de Secondat, baron de Montesquieu, nait le 18 janvier 1689, près de Bordeaux, à la Brède, autre baronnie ; et son destin social est tracé dès sa prime jeunesse : il ...
XVII ème / Nicolas Boileau / L'Art poétique
BOILEAU est le type même de l'homme de lettres. Il a  consacré toute son activité, toute son ardeur combative à la littérature et à la défense de son idéal poétique fondé sur la ...
XVII ème / Mme de La Fayette / La Princesse de Clèves
Une ascension rapide Marie-Madeleine Pioche de La Vergne est née à Paris en 1634. Son père, gentilhomme de petite noblesse, lui transmet son goût passionné pour la littérature et lui
...

XVII ème / Jacques-Bénigne Bossuet / Sermons
L'ascension prodigieuse d'un esprit marquant de son siècle "moraliste", dont l'influence sur le monde intellectuel ne s'est toujours pas démentie et dont l'æuvre reste d'actualité. Une ...
XVII ème / Jean de la Bruyère / Les Caractères
Jean de la Bruyère  fait partie, avec Pascal et La Rochefoucauld, des auteurs qui ont essayé de caractériser
XVIII ème

Voltaire / Candide / Lettres philosophiques

Par son talent et son goût pour la polémique. Voltaire eut une influence exceptionnelle sur ses contemporains ; pour nous, il reste l'auteur de ces chefs d'æuvre que sont les contes .
XVIII ème / Denis Diderot / Le Neveu de Rameau / Paradoxe sur le comédien
Aîné d'une famille de sept enfants, DENIS DIDEROT naquit à Langres en octobre 1713. Son père, maître coutelier, était un artisan aisé. On destinait l'enfant à l'état ecclésiastique : ...

XVIII ème / Marivaux /
Connu surtout de nos jours pour ses pièces de théâtre souvent mises en scène, Marivaux fut, en son temps, pour la préciosité de son style, l'objet de maintes critiques. Une vie ...
XVIII ème Marivaux / Le Jeu de l'amour et du hasard / Les fausses confidences
Le style de Marivaux, tout de légèreté, vante les plaisirs de l'amour et de la séduction. Il symbolise l' esprit de la société galante au début du XVIII ème  siècle. Familier des brillants salons ..
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XVIII ème / Choderlos de Laclos / Les liaisons dangereuses
  Pierre Ambroise François Choderlos de Laclos, né à  Amiens, le 18 octobre 1741, et mort à  Tarente  le  5 septembre 1803 , est un  écrivain  et officier militaire français, il fut ...
XVIII ème siècle / Jean Jacques Rousseau
 Né à Genève le 28 juin 1712, d'une famille protestante d'origine française, Jean-Jacques Rousseau perdit sa mère en naissant. Son père, Isaac Rousseau était d'humeur fantasque.
XVIII ème J.J. Rousseau / Les Confessions / Du contrat Social
Cruellement incompris de ses contemporains, l'auteur tente l'impossible réconciliation par la plus folle des audaces : se raconter tout entier dans sa vérité nue. Parmi les nombreux ennemis de ..
XVIII ème / Rousseau / Les rèveries du promeneur solitaire / Essai sur les l'origine des langues /
A la fin de sa vie, Rousseau, désormais en retrait de la société, évoque avec sérénité quelques épisodes intenses de son existene. I) Les rèveries du promeneur solitaire Les Rêveries consacrent ....
XVIII ème / Beaumarchais / Le Mariage de Figaro
Pierre-Augustin Caron est né le 24 janvier 1732, à Paris. Son père, Charles Caron "horloger du Roi", est un homme curieux de tout, cultivé, qui aime les arts. Seul garçon parmi cinq ...
XVIII ème / Bernardin de St Pierre / Paul et Virginie
Bernardin de St Pierre est célèbre pour avoir écrit, au tournant du Siècle des Lumières et de l'Epoque romantique, le premier grand roman exotique français. Une âme de voyageur ...
XVIII ème / Antoine de Rivarol / Discours sur l'universalité de la Langue Française
Un hymne à la gloire de la langue française, dont la supériorité paraît évidente à Rivarol. Le XVlll ème  siècle est le Siècle des lumières et il est aussi celui de l 'Europe ...
XVIII ème / Friedrich von Schiller / Les Brigands
 Une enfance militaire. Le théâtre du jeune Schiller (1759-1783) Il naît à Marbach, dans la vallée du Neckar, non loin de Stuttgart, le 10 novembre 1759. Fils d'un officier recruteu
XVIII ème / Chateaubriand /
Trop de clichés sont, dans nos mémoires, liés au nom de Chateaubriand pour que, dans un premier mouvement, nous nous sentions concernés par la majesté désuète de cet amateur de ...
XVIII ème / Chateaubriand / René / Atala
René  René , perpétuellement en quête de l'infini, émigre en Amérique où il livre les secrets de son âme à un prêtre missionnaire et à un vieil Indien Natchez. En écrivant "René", ...
XVIII ème / Chateaubriand / Mémoires d'outre-tombe/ Le Génie du Christianisme
I) Mémoires d'outre-tombe : L'oeuvre d'une vie Projeté dès 1803, écrit, non sans interruptions de 1809 à 1841, poli jusqu'à la fin, la grande oeuvre de Chateaubriand fut le compagnon d'une ...

XVIII ème / Lamartine / Les Méditations
Né à Mãcon le 21 octobre 1790. Alphonse de Lamartine passe son enfance près de cette ville, à la campagne, dans le domaine familial de Milly. De 1803 à 1807, il fait de bonnes études ...
Fin XVIII - XIX ème / Alfred de Vigny
Plus que tout autre parmi les poètes romantiques, Vigny ferait croire à la réalité de l'inspiration. Quand il n'est pas génial, il n'a guère de talent. Il a pourtant découvert une ...
XIX ème

Victor Hugo

Victor Hugo a vécu presque tout le dix neuvième siècle et l'aura imprégné de son écriture dans tous les genres : théâtre, roman, poésie, essai, discours. "Je veux être Chateaubriand ou ...
XIX ème / Victor Hugo / Hernani
Hernani et Doña Sol, après avoir vaincu les obstacles à leur mariage, se heurtent à une ancienne promesse de celui-là. Hernani doit mourir. Doña Sol boit avec lui le poison. L' on reste confondu ..
XIX ème / Gérard de Nerval / Sylvie (Les filles de feu)
La folie a  conduit Gérard de Nerval au suicide ; mais elle lui aura aussi permis de produire une oeuvre à la beauté singulière. Gérard de Nerval s' est également  consacré au ...
XIX ème / Alfred de Musset / Lorenzaccio / Nuit de Mai
Alfred de Musset est né à Paris en décembre 1810.  Brillant élève du Lycée Henri IV, il commence des 1824 à écrire des vers. S'il entreprend des études de droit, de médecine, de ...
XIX ème / Charles Beaudelaire
Né à Paris en 1821, Charles BAUDELAIRE était le fils d'un aimable sexagénaire disciple des philosophes et amateur de peinture. Dès l'âge de six ans, en 1827, l'enfant perdit son père, ...
XIX ème / Charles Beaudelaire / Les Fleurs du Mal
Frontispice de la première édition annoté de la main de l'auteur  qui y précise « que penseriez-vous de supprimer le mot poêsies ? Quant à moi, cela me choque beaucoup. »
Le Roman Historique / Scott - Manzoni - Dumas

ouvent contesté qu'il puisse exister un roman historique. Car, dit-on, ou tout est vrai dans l'oeuvre ainsi baptisée, et ce n'est plus du roman, ou il y entre une part de fiction et elle ...
Fin XVIII ème et XIX ème / Stendhal
Brulard  Stendhal-Brulard : ce ne sont là que deux des cent neuf pseudonymes que s'est choisi Henri Beyle ; officier de cavalerie.  M.de Stendhal est un dilettante qui ...
Fin XVIII ème et XIX ème / Stendhal / Le rouge et le noir
Le Rouge et le Noir : Julien Sorel, jeune précepteur dévoré d'ambition, séduit deux femmes de l'aristocratie et meurt sur  l'échafaud pour avoir tenté de tuer sa première maîtresse. Pour l' ...
Fin XVIII ème et XIX ème / Stendhal / La Chartreuse de Parme
Waterloo Le jeune Fabrice del Dongo, allant d' aventures en imprudences est jeté en prison. Il s'y éprend de la belle Clélia. Il mourra seul, retiré à la chartreuse de Parme. "La Chartreuse de ...

Par Cathou
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Samedi 15 août 2009
524 - 455 av J.C.


Une existence glorieuse

On sait très peu de choses sur Eschyle : il serait né vers 525 avant Jésus-Christ et aurait appartenu à une famille de l'aristocratie religieuse d'Eleusis, cité grecque renommée pour ses lieux de culte nombreux. Là, il vécut ce qu'il convient d'appeler une  <<jeunesse dorée >>  : ainsi que tous les membres de l' aristocratie, il ne travaille pas. L' étude des lettres et des sciences occupe toute sa journée : l'adolescence d'Eschyle
comme celle de tous ses compatriotes est consacrée à l'acquisition de la culture grecque. Aussi, lorsque sont déclarées les guerres médiques*, notre élève est devenu un homme libre et mûr qui va risquer sa vie et tout faire pour défendre les droits de sa cité. Il combat dans les plus prestigieuses batailles de l'histoire antique : Marathon puis Salamine. Il échappe aux massacres systématiques auxquels les Grecs étaient accoutumés lors de telles luttes, qu'ils aient été vainqueurs ou vaincus. Après cette expérience guerrière, la vie d'Eschyle connait un véritable tournant qui fera de lui l'un des plus grands dramaturges de tous
les temps.

*
Les guerres médiques opposent les Grecs  aux  Perses au début du Ve siècle av. J.-C.. L'appellation « médiques » donnée à ce conflit est liée au fait que lors des premiers contacts entre Grecs et Perses (6 ème siècleav J.C.), ces derniers étaient soumis à un autre peuple, les  Mèdes, soumission qui s'est inversée vers  -550 avec le règne de Cyrus le Grand.


Les succès littéraires

On s' accorde généralement pour situer ce tournant vers les années 500 avant notre ère, à la jointure entre un sixième siècle finissant et un cinquième siècle plein de promesses. Eschyle est l'une de ces forces neuves qui, dès cette date, commence à écrire des pièces de théâtre destinées au peuple. Toutefois, il lui faudra attendre une quinzaine d'années avant de connaître les premiers succès et de se voir admiré comme l'un des plus grands écrivains de ce peuple naissant. Mais la gloire d'Eschyle ne se concrétise qu'en 472, lors du véritable triomphe suscité par la représentation à Athènes des "Perses", pièce qui va permettre à son créateur d'inscrire son nom sur le marbre de l'éternité. Dès lors, Eschyle va pouvoir voyager, devenir le favori des rois. Tout en poursuivant son travail d' écrivain, il se lie d'amitié avec un souverain de Sicile, Hérion de Syracuse, et partage son temps entre cette île et le centre culturel de la Grèce, Athènes,  il s'éteint en Sicile en 456 avant notre ère.

Le fondateur de la tragédie grecque

La tradition humaniste, issue de la Renaissance, veut qu'Eschyle ait écrit entre 70 et 90 pièces de théâtre ; sept d' entre elles nous sont parvenues : Les Suppliantes, Les Perses, Les Sept contre Thèbes, Prométhée enchaîné, et une trilogie intitulée L'Orestie qui comprend Agamemnon, Les Choéphores, Les Euménides. Ces ceuvres représentent toutes des tragédies, les premières qui nous soient parvenues. Aussi peut-on affirmer qu'Eschyle est le véritable père du genre tragique en Grèce. Ses pièces contiennent toutes un irrésistible charme primitif. Mais ce qui fait l'importance capitale de cet auteur, c'est qu'il a profondément transformé la tragédie : cette dernière n'était à l'origine qu'une ode religieuse destinée au chant d'une seule personne ; Eschyle bouleverse et enrichit la tradition puisqu'il introduit un second acteur : il change la cérémonie sacrée en oeuvre d'art. Il dégage la tragédie du choral religieux pour fonder un genre littéraire autonome.
                                                                                                                                                                                                                                      
Prométhée enchaîné  Musée du Louvre
La puissance du destin

Eschyle est le témoin de la gloire d' Athènes : il reste persuadé que la violence barbare et primitive recule devant la force unificatrice de cette cité. Athènes, en effet, paraît porteuse d'un morale civique et religieuse nouvelle, susceptible de balayer les croyances tant anciennes que néfastes. Pour détourner les hommes d'une telle sauvagerie, Eschyle choisit ses thèmes dans les mythes légendaires les plus sombres : il utilise l'histoire des Atrides ou celle de Prométhée. Au moyend'un style intense, d'un vocabulaire étendu mais simple, de mots sonores qui frappent l'esprit, d'images hardies, abruptes et nombreuses, Eschyle veut prouver aux hommes l'existence du destin, d'une force qui leur sera toujours supérieure et à laquelle ils doivent sans cesse se conformer. Le destin, la nécessité ainsi que la loi fatale constituent autant de remparts contre la brutalité des hommes : ces derniers sont faibles,précaires, de même leurs institutions ne subsistent et ne se développent que par la volonté des dieux. L' orgueil et la démesure des hommes rompent l' équilibre naturel et cosmique : soumis aux dieux, ils vivent en harmonie avec le ciel. La croyance est gage de stabilité sociale et d'entente mutuelle. Mais s'ils se révoltent, cette paix se dissout et les dieux, tõt ou tard, se vengent des offenses humaines. 
Dans les pièces d'Eschyle, la situation tragique est exposée par des héros qui la vivent au présent. C'est dire l'horreur inspirée au public à la vue des 
cadavres  d'Agamemnon et de Cassandre dans "L'Orestie" : aucune pause ne vient adoucir l'effroi et l'angoisse du spectateur qui sent ses cheveux se dresser sur sa tête à l' écoute de ces plaintes et de ces hymnes lugubres, de ces hommes brisés et de ces dieux impitoyables.
                                                                                                                     

L'Oeuvre d'Eschyle


On admet aujourd'hui que "Les Perses", représentés en 472, est la plus ancienne oeuvre d 'Eschyle qui nous soit parvenue, la seule aussi qui n'appartienne pas à une trilogie liée. Eschyle semble en effet avoir le plus souvent emprunté le sujet des trois tragédies, destinées à être représentées le même jour, à différents épisodes d'un même cycle légendaire. Nous ne possédons qu'une seule trilogie complète, "l'Orestie", qui montre successivement le meurtre du chef de l'expédition grecque contre Troie par son épouse Clytemnestre et son cousin Égisthe (Agamemnon), la vengeance d'Oreste qui tue les assassins de son père (Les Choéphores),  enfin la poursuite d'Oreste par les Erinyes et son acquittement par le tribunal athénien de l'Aréopage (Les Euménides). Mais on sait aussi que " les Sept contre Thèbes (joués en 467) représentaient la conclusion d'une trilogie thébaine, où l'on évoquait successivement la faute de Laios, qui, malgré l'ordre d'Apollon, avait engendré un fils (Laïos), le parricide et l'inceste d'Odipe et le combat fratricide de ses deux fils, Étéocle et Polynice. Représentées sans doute en 463,  "Les Suppliantes" formaient la première partie d'une trilogie consacrée à la légende des Danaîdes.
Le cas du "Prométhée enchaîné", la plus célèbre peut être mais aussi la plus discutée des tragédies d'Eschyle est plus compliqué, car on sait mal comment s'organisait un ensemble qui montrait le châtiment de celui qui avait offensé les dieux pour l'amour de l'humanité, sa délivrance par Héraclès et la fondation de son culte.

Notes :

<<A vrai dire, la personnalité d'Eschyle est si forte et si homogène qu'on le retrouve tout entier dans chaque partie de son oeuvre. D'emblée, une pièce d'Eschyle, une scène d'Eschyle, un vers ou une image d'Eschyle se reconnaissent à leur force et leur majesté. >>

J.de Romilly, La Tragédie grecque, PUF, 1970

<<Devant la surprenante hardiesse avec laquelle Eschyle pèse le monde olympien aux balances de sa justice, il faut nous souvenir que le Grec méditatif trouvait dans ses mystères le fondement inébranlable et sur de sa pensée métaphysique, et que toutes ses vélléités de scepticisme pouvaient s'assouvir aux dépens des Olympiens. L'artiste grec, en particulier, éprouvait à l' égard de ces divinités le sentiment d'une parenté
obscure (...) L'artiste titanesque trouvait en soi l' orgueilleuse présomption de pouvoir créer des hommes (...) ; l'âpre orgueil de l' artiste - tel est le contenu et l'âme du poème d'Eschyle... >>

Niestzsche, La Naissance de la Tragédie, Gallimard Bianquis

<<L'oeuvre d'Eschyle est pleine de la poésie épique et lyrique. >>
 
J. Dumortier, Les lmages dans la poésie d'Eschyle, les Belles Lettres 1935

<<A peine la représentation finie, la foule entoura les dix juges qui le matin même avaient été tirés au sort
(...) on criait :<< Eschyle! Eschyle! >>

Marie Delcourt, La Vie d'Euripide, Gallimard, 1930

Par Cathou
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Dimanche 16 août 2009

496 - 406 av J.C.



Sophocle est le second des grands tragiques. Une anecdote symbolique le montre dirigeant le choeur des jeunes gens qui dansèrent pour célébrer la victoire de Salamine où Eschyle avait combattu, le jour de la naissance d'Euripide. Mais il n'est ni le successeur d'Eschyle, avec qui il rivalisa, souvent avec succès, pendant plus de dix ans, ni le prédécesseur d'Euripide, dont la carrière se déroula parallèlement à la sienne. Car ce poète, qui se tient volontairement à l'écart du débat opposant Eschyle et Euripide dans les "Grenouilles"  d'Aritophane et construit souvent ses oeuvres en marge des leurs, occupe une place à part dans l'histoire d'un genre. Pourtant il y connut un succès qui ne se démentit jamais (couronné pour la première fois en 468, il l'était encore en 409 et avait remporté dans l'intervalle plus de victoires qu'aucun autre poète tragique).



Né vers 496 ou 495 av J.C.
Décédé vers 406 ou 405




Il naquit à Colone, village près d'Athènes, où se situe sa dernière tragédie, dans un milieu de riches entrepreneurs qui fournit à la démocratie athénienne des orateurs et des hommes politiques. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce qu'il ait pris une part active à la vie publique.
D'abord administrateur des fonds qu'Athènes tirait de son empire, il fut deux fois élu stratège avec des collègues aussi illustres que Périclès et Nicias. Il fut ainsi mêlé de très près au développement d' Athènes dans les cinquante ans qui séparèrent la fin des guerres médiques du début de la guerre du Péloponnèse. Il vit sa cité construire les monuments de l'Acropole et edifier un puissant empire maritime. Il avait 65 ans quand éclata la guerre entre Sparte et Athènes.
Il partaga sans doute au début l'espoir confiant de ses concitoyens, vécut avec eux dix ans d'une guerre où les succès et les revers se succédèrent souvent de façon inattendue. A 81 ans, il assista à la reprise des hostilités et au départ de l'expédition de Sicile qui se solda par un désastre sans précédent, et fit même partie de la commission spéciale nommée après la défaite.
Il dut enfin partager pendant six ans la résistance héroïque des Athéniens, avant de mourir en 406, assez tôt pour que lui soit épargné le spectacle de la défaite de sa patrie à Aegos Potamos. Mais de tout cela on ne trouve guère d'écho direct dans une oeuvre qui se caractérise par l'absence quasi totale d'allusion à l'actualité.



Avec SOPHOCLE,  la tragédie antique atteint un point culminant qui coïncide avec l'épopée politique et artistique d'Athènes sous Péricles.


Rénovateur de la tragédie, Sophocle a fait passer le nombre des acteurs de deux à trois, celui des choreutes (personnage figurant dans un chœur du théâtre grec antique) à quinze, et il a introduit le décor peint. Par ces réformes, la tragédie achève de se détacher de ses origines rituelles et religieuses pour se rapprocher de l'imitation d'êtres agissants.

Les sept tragédies qui ont été conservées sont : Ajax, Electre, Oedipe-Roi, Les Trachiniennes, Philoctète et Oedipe à Colone.



La floraison d'un poète et d'une cité :

Si l'on voulait à tout prix, chercher un modèle de l'homme accompli athénien (beau et bon), Sophocle tel  que l'Histoire nous le fait connaître, constituerait un parfait exemple.  Lors de la victoire de Salamine - une des expéditions militaires auxquelles il participa - le futur tragédien à  quinze ans  (né en 495 av. J.C.).  Sa beauté l'aurait désigné pour conduire des adolescents chargés d'entourer le trophée et de chanter le "péan" de la victoire.

Entre la fin des guerres médiques et  les débuts de la guerre du Péloponèse, qui déchira le monde grec, Athènes aura le temps de jeter les bases de la démocratie et de créer  un milieu particulièrement propice à l'éclosion de talents artistiques. C'est alors que Sophocle composera l'essentiel de son oeuvre, au cours d'une carrière particulièrement féconde et heureuse.

*
les guerres médiques opposent les Grecs aux Perses au début du Ve siècle av. J.-C.)

Un homme heureux et accompli :

Heureux, Sophocle le fut assurément, lui qui reçut la couronne de la victoire plus souvent qu'aucun autre auteur tragique avant et après lui. Soucieux des occupations de l'esprit aussi bien que de celles du corps, il ne dédaigna pas les concours gymniques ni le toucher de la cithare. Mais surtout, fidèle en cela à l'idéal de l'honnête homme athénien, il fut un homme pieux et soucieux d'exercer les responsabilités civiques auxquelles sa naissance et son éducation lui donnaient accès. Deux fois stratège, il fut encore appelé dans sa quatre -vingt troisième années à faire partie des conseillers spéciaux réunis après le désastre de Sicile.

Si ses dernières années (il mourut en 406) furent assombries par les menaces que la guerre du Péloponèse**
faisait peser sur la  Cité et par de sombres  querelles familiales, Sophocle reste cependant la preuve, selon les termes employés par Jacqueline de Romilly, "que l'on peut vivre heureux mais  écrire des tragédies, et même inventer le monde tragique par   excellence".

**
La guerre du Péloponnèse désigne le conflit qui, mettant fin à la Pentecontaetie, dura de -431 à -404  (avec quelques périodes d'interruption, en particulier la paix de Nicias en 421), opposant Athènes, qui avait transformé la ligue de Délos (destinée à l'origine à résister aux Perses) en un empire soumis à son pouvoir, et  Sparte, puissance oligarchique et conservatrice, dont l'armée terrestre était la force militaire la plus puissante de l'époque, et qui dirigeait la Ligue du Péloponnèse ainsi que la Béotie. La guerre du Péloponnèse s'est terminée par la victoire de Sparte.

La tragédie à son sommet :


Cent vingt-trois tragédies et drames satiriques : telle est la totalité de l'oeuvre produite par l'infatigable Sophocle ! Mais seuls nous sont parvenus sept tragédies et un drame satirique tronqué. Bien que le grammairien qui a établi cette sélection pour les générations futurs ait  sans doute eut à coeur de ne retenir que ce qui méritait de l'être, on ne peut s'empêcher de regretter la part disparue et de craindre l'arbitraire d'un homme et les préjugés d'une époque. Que resterait-il de Molière si la même sélection avait été établie ?

L'homme et le divin :

Sophocle puise dans le fond commun, épique et légendaire, avec un respect du mythe que son contemporain Euripide n'a déjà plus. Mais s'il peut en cela être dit "archaïsant", il se démarque cependant de son prédécesseur Eschylle, en ce que les dieux, chez lui, ont cessé de tenir le devant de la scène et se sont séparés des hommes.

Le fondement du drame chez Sophocle est cette scission tragique entre l'homme et le divin. C'est elle qui constitue le moteur de l'action. Jouet des divinités, l'homme va se réconcilier avec les dieux en transformant son destin en destinée : en acceptant avec courage, à la manière stoïcienne
*** le sort qui lui est échu par les décrets divins, il va affirmer sa dignité et s'instaurer en héros.

*** Le stoïcisme est une école philosophique de la Grèce antique, fondée par Zénon de Kition (Citium en latin) en 301 av. J.-C., qui a exercé diverses influences, jusqu'à la période classique en Europe (notamment au   17ème  chez René Descartes l

Cependant, si, avec Sophocle,le centre de l'intérêt dramatique se déplace du ciel sur la terre, et si le moteur de la tragédie est désormais le drame intérieur vécu par le héros (ses illusions, ses combats contre les adversaires de son choix moral), les dieux n'ont pas encore le caractère presque folklorique qu'ils revêtiront chez Euripide, pour qui les passions humaines sont les principaux vecteurs de la Fatalité.

Le "père" d'Antigone et d'Oedipe :

Sophocle reste le "père" d'Antigone résistante volontaire face à un pouvoir tyrannique et impie ; il reste le véritable créateur du personnage d'Oedipe,homme maudit des dieux, au destin  terrifiant. Mais ne voir dans Sophocle que l'âpreté rugueuse du destin tragique serait un grave contresens. A côté de la grandeur hautaine et sombre de la destinée tragique et jointe à elle, il y a la joie de vivre, l'exaltation de l'homme tel que, en  une explosion d'admiration, le choeur nous le chante dans "Antigone" et l'amour de la vie tel que le célèbre "Oedipe à colone" nous le rapporte.

Autour des héros évolue tout un monde de personnages secondaires - marins, nourrices, etc - qui vivent la vie de petites gens. Et les héros eux-mêmes, tout épris 
de grandeur qu'ils sont, palpitent d'émotions mal contenues.



Extrait d'Antigone :

PROLOGUE

 

On voit sur la scène Antigone et sa sœur Ismène


ANTIGONE :
Sang commun, sang fraternel, Ismène,
Sais-tu bien qu’il n’est rien dans l’héritage désastreux d’Œdipe
Que Zeus n’accomplisse pas, encore dans nos deux vies ?
Oui, rien qui ne soit douleur, rien qui soit en dehors de la malédiction.
Pas de honte, aucune humiliation, pas une,
Que je n’aie vu entrer dans ton malheur et dans le mien.
Maintenant encore, qu’est-ce que cette proclamation que le Général
Aurait faite devant tout le peuple assemblé de la ville ?
As-tu un indice ? Une information? Ne vois-tu pas
Que le triste sort de l’ennemi avance vers ce qui nous est cher ?

ISMÈNE :
Aucun récit d’amis ne m’est parvenu, Antigone,
Qui me ferait plaisir ou mal, depuis
Que toutes deux nous avons été privées de nos deux frères,
Et qu’un seul jour les a vus mourir d’une double main.
Depuis que, cette nuit même, l’armée des Argiens
A levé le camp, je ne sais rien de plus.
Je ne suis pas plus heureuse, pas plus écrasée non plus.

ANTIGONE :
Je le savais bien – et c’est pour cela que je t’ai amenée
Devant la porte du palais, je voulais que tu sois seule à m’entendre.

 

 

 

 

Oedipe :    La légende d'Oedipe, à laquelle Freud a donné un tel retentissement, est issue d'un poème de Cinéthon aujourd'hui perdu, "l'Oedinopie". Eschyle lui avait consacré une trilogie, mais il ne nous en reste que la dernière pièce "Les sept contre Thèbes", qui retrace la lutte fraticide d'Etéocle et de Polynice, fils d'Oedipe et de Jocaste.

 

C'est bien Sophocle qui, avec  "Oedipe Roi", nous a transmis la légende telle que nous la connaissons : un oracle a prédit à Laïos que son fils Oedipe le tuerait et épouserait sa mère. Laïos abandonne son nouveau-né dans la montagne, mais celui-ci est recueilli et élevé par le roi Polybe.  Par la suite, l'oracle s'accomplit, Oedipe, dans un chemin, se querelle avec un voyageur et le tue : c'est son père Laïos. Puis, il se rend à Thèbes, que terrorise un monstre, le Sphinx, qui dévore ceux qui ne répondent pas à ses énigmes. OedipeOedipe épouse la reine, sa mère Jocaste. répond à l'énigme du Sphinx, qui se tue. En récompense,

 

 

Extraits  d'Oedipe :

 

TIRÉSIAS

Aussi bien ton destin n'est-il pas de succomber par moi : Apollon s'en charge; c'est à lui d'en finir avec tout cela.

 

ŒDIPE

C'est de Créon ou de toi, tout ce roman-là ?

 

TIRÉSIAS

Créon n'est pour rien dans ton malheur: c'est à toi que tu le dois.

 

ŒDIPE

Ô richesse ! Ô trône royal ! Ô savoir qui a su l'emporter sur la science ! Quelle jalousie vous éveillez contre une existence que vous faites trop envier! Pour l'amour de ce sceptre dont la cité m'a fait hommage, qu'elle  m'a mis en main sans que je l'aie sollicité, Créon. Ce fidèle, cet ami de toujours, se livre à des menées souterraines ; il ne rêve que de me supplanter, en soudoyant cette espèce de sorcier, avec ses tissus d'intrigues. ce charlatan retors, qui n'y voit que pour ses profits, mais dans son art, radicalement aveugle ! Car voyons, dis-moi, où est-elle, ta clairvoyance divinatrice ? D'où vient qu'aux jours où le Sphinx faisait ici peser ses enchantements tu n'ouvrais pas la bouche pour en délivrer tes concitoyens ? Cette énigme, il n'était pas donné au premier venu d'en donner le mot : il y fallait le don de divination - tu as assez montré que tu ne le possédais pas, ni d'après le vol des oiseaux, ni par inspiration divine. J'arrive alors, moi qui ne sais rien, Oedipe la dupe, et je suis venu à bout du Sphinx. C'est ma sagacité qui m'a fait tomber juste : je n'avais pas eu d'oiseaux pour me renseigner !… Et voilà celui que tu entreprends de chasser ? Tu comptes trouver une  place aux côtés de Créon sur les marches de son trône ! M'est avis qu'elle coûtera lourd, à toi et à son instigateur, cette épuration sacrée ! Tu as de la chance que je te voie si vieux, sans quoi tu aurais déjà appris à tes dépens ce que vaut au juste ton discernement.

 

CORYPHÉE

À notre sens, c'est la colère qui a dicté ses paroles, mais elle dicte aussi les tiennes, Œdipe, semble-t-il.

 

Vous devriez quitter ce ton. Comment satisferons-nous le mieux à l'oracle ? Voilà la seule chose à examiner.

 

TIRÉSIAS

Tu es le roi, c'est entendu. Mais il y a au moins une égalité que je revendique : celle de répliquer en égal. Moi aussi en cela j'ai des droits souverains. Ma vie n'est pas à tes pieds, mais à ceux de Loxias : je n'aurai pas à recourir au patronage de Créon. Je te le dis - puisque tu es allé jusqu'à me faire une insulte d'être aveugle - toi, tes yeux sont ouverts, et tu ne vois pas dans quelle horreur tu baignes, sous quel toit tu demeures, et avec qui. Sais-tu de qui tu es le fils ? Tu ne te doutes pas que tu es abominable aux tiens, en ce monde comme dans l'autre. Doublement assenée sur toi par ta mère et ton père, te chassera de ce sol, affreuse, talonnante, la Malédiction…Tu vois clair à présent, mais alors tu ne verras plus que ténèbres ! En quel lieu ton cri n'ira-t-il pas jeter l'ancre, et de quelle falaise ta voix bientôt n'éveillera-t-elle pas les échos, lorsque tu auras reconnu en quelles épousailles... sur quels brisants tu es venu te jeter pour bâtir ton foyer, après ton heureuse croisière ! Les maux qui t'attendent encore en foule, tu ne les connais pas : ils te rendront ton vrai rang, et même rang qu'à tes enfants – Après cela, tu peux cracher sur Créon, et sur moi qui te parle : jamais homme ici-bas n'aura été plus atrocement broyé que tu ne vas l'être.

 

OEDIPE

Peut-on tolérer les énormités de cet individu ? Va t'engloutir où tu le mérites! Et plus vite que cela ! Oui ou non, vas-tu faire demi-tour, vider ma demeure et t'en retourner ? Va-t'en !

 

TIRÉSIAS

Je ne serais pas venu de moi-même. C'est toi qui m'as convoqué.

 

OEDIPE

Pouvais-je savoir que tu tiendrais des propos délirants ? Sinon j'aurais regardé à deux fois avant de te mander en mon palais !

 

TIRÉSIAS

Ainsi va de moi : pour toi, je délire, mais pour tes parents - ceux dont tu es né ! J'avais tout  mon discernement.

 

OEDIPE

Quels parents ? Attends! Quel est donc ici-bas dont je suis né ?

 

TIRÉSIAS

Ce jour t'apportera ta naissance et ta perte.

 

OEDIPE

Comme tu parles toujours à mots couverts, énigmatiques !

 

TIRÉSIAS

N'est-ce pas ta spécialité de les éclaircir ? C'est un don que tu as...

 

OEDIPE

Des insultes de ce genre, soit : tu ne sauras en cela qu'éclairer ma grandeur.

 

TIRÉSIAS

C'est pourtant précisément cette chance-là qui t'a perdu.

 

OEDIPE

Si j'ai sauvé cette cité, peu m'importe le reste.

 

TIRÉSIAS

Eh bien, je me retire. [À l'enfant qui l'accompagne.] Allons, mon enfant, emmène-moi.

 

OEDIPE

Qu'il t'emmène, oui. Débarrasse-moi de ta présence, elle m'est odieuse. Disparais, ce sera un soulagement pour moi.

 

TIRÉSIAS

Je me retire, mais je te laisse la réponse pour laquelle je suis venu. Ton sourcil ne me fait pas peur, tu ne peux rien pour m'abattre. En vérité, je te le dis, cet homme que tu cherches depuis quelque temps, en faisant des proclamations comminatoires sur le meurtre de Laïos, cet homme est ici. Il passe pour un étranger, un immigré, mais son origine se révélera: il est authentiquement thébain. Et il n'aura pas à se louer de l'événement. Car il sera aveugle, lui, dont les yeux sont ouverts; il mendiera, lui, qui est dans l'opulence ; vers le sol étranger, tâtonnant devant lui avec son bâton, il ira cheminant. On découvrira qu'il a près de lui des enfants dont il est tout ensemble le frère et le père ; que de la femme dont il est né, lui, le fils, il est aussi l'époux; qu'il a ensemencé le même sillon que son père; et qu'il est son meurtrier. Va, rentre chez toi, médite mes paroles. Et si tu me prends à t'avoir menti, alors je te permets d'affirmer que je n'entends rien à la divination.

 


*****************

NOTES :



<<Si les dieux de Sophocle n'apportent à l'homme nulle consolation et si, pour qu'il accède à la connaissance de  soi-même, ils infléchissent sa destinée, alors ce n'est que dans l'abandon et la déréliction qu'il se saisit comme homme. C'est seulement dans cette brisure que son être, en se purifiant, semble conquérir sur sa dissonance un état d'harmonie avec l'ordre divin. >>

 Karl Reinhardt, Sophocle, éd. de
Minuit, 1971


 <<Il n'est pas de théâtre où l'on trouve autant d'innocents écrasés ou détruits. Il n'est pas de théâtre où s'expriment autant de souffrance, physiques ou morales. Et pourtant c'est un théâtre qui fait admirer l'homme et aimer la vie. >>

Jacqueline de Romilly, La
tragédie grecque, PUF, 1970



<< Cette combinaison d'une philosophie si sombre avec une foi si vivace en l'homme et en la vie distingue à jamais le théâtre de Sophocle de toutes les æuvres modernes, qui s'en sont inspirées en le durcissant, et qui, pour cette raison, n'atteignent jamais au même éclat. >>

<<Si l'on appelle classique le souci  délibéré d'atteindre à l'universel, le théâtre de Sophocle, (...) constitue, dans son équilibre même, comme le modèle du classicisme.

Jacqueline de
Romilly, Encyclopaedia Universalis




Par Cathou
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Dimanche 16 août 2009
445 ? - 380 ? av J.C.


Le << siècle de Périclès >>, qui marqua l' apogée d' Athènes, fut l'époque, parmi d'autres, de Phidias, d' Hérodote, d'Anaxagore, de Protagoras, de Socrate, de Sophocle et d' Euripide.


Le <<grand >>siècle

Né probablement en 450 avant J-C, Aristophane vécut et écrivit son oeuvre pendant une période particulièrement importante de l'histoire grecque. Il  connut en effet la fin de la brillante période du siècle de Périclès (mort en 429) et les trentes  années de la guerre du Péloponnèse, ainsi que la décadence qui  s'en suivit. Il commença donc à écrire dans un climat exceptionnel de paix, et même d'insouciance, où la libeté pouvait s'exprimer sans restrictions. Ou presque, car il semble qu'en 415, un décret interdit aux auteurs de comédie de ridiculiser ou d'insulter nommément un citoyen. Il faut croire que la commédie était un genre très vivant et fort prisé pour qu'il fût nécessaire d'en limiter les effets par trop ravageurs. Voilà pour le climat  général. Quant à la vie même d'Aristophane,comme celle des autres grands écrivains de son temps (Euripide, Sophocle) et contrairement à celle des hommes politiques, ce qu'on en sait se limiite à des anecdotes ; pour en savoir plus, il faut se référer à son oeuvre, c'est-à-dire aux onze pièces complètes qui nous  sont parvenues.


Une bonne éducation et une grande culture

On pense qu'Aristophane passa une bonne partie de son enfance et de sa jeunesse à la campagne, qu'il connaissait bien et qu'il décrivit avec amour. Son père avait pour nom  Philippe et sa mère Zénodara, et sa famille appartenait sam aucun doute, à la classe aisée de la société athénienne. Aristopane reçut une excellente éducation et se consacra avec sérieux à de solides études littéraires et philosophiques. À cette époque Sophocle dominait l'art dramatique, tandis qu'Euripide essayait de placer ses premières pièces. Les poètes qui constituaient la base culturelle de la jeunesse d'alors étaient Homère (pour les dieux et les héros), Hésiode (pour les hommes de tous les jours),  Eschyle (pour la tragédie) et Esope (pour les fables). Les enfants consacraient aussi beaucoup de temps à la musique et au chant choral, parthénées pour les cortèges de jeunes filles,  panégyriques, chants funèbres, chants bachiques en l'honneure du dieu du vin (Bacchus), chansons de table (scolies), etc. On  chantait beaucoup à Athènes, y compris dans la comédie

antique, qui n'avait en fait pas grand-chose à voir avec ce que nous appelons comédie. Aristophane fut  un jeune homme d'une très vaste culture, comme en témoignent ses oeuvres, qui s'adressaient à un public averti, apte à comprendre son humour, ses allusions et ses références culturelles. Il  ne semble pas avoir fréquenté une des académies supérieures qui étaient alors en vogue à Athènes. En revanche, on sait qu'il s'inspira très tôt d'un thème de discussion favori des Athéniens : le traitement des fonctionnaires. Périclès, en vertu des idées démocratiques qu'il défendait, avait octroyé une véritable souveraineté à tous les  citoyens, qui pouvaient dès lors, par tirage au sort, devenir employés de l'État. Il fut nécessaire d'établir des rétributions pour les différents services de l'État, selon des barèmes qui provoquèrent des discussions et des querelles sans fin entre les Athéniens. Il n'est pas étonnant, par conséquent, qu'Aristophane se soit plu, comme dans "Les Guêpes", à se moquer des fonctionnaires et des candidats fonctionnaires.

Pour les "anciens"

En 431, la famille d'Aristophane s'installa à Égine, les habitants de l'île ayant été expulsés au profit des familles athéniennes, sous prétexte de leur responsabilité dans le déclenchement de la guerre du  Péloponnèse (432). On pense que l'écrivain y passa l' essentiel de sa vie, commençant à y écrire ses premières pièces et faisant preuve aussitôt d'un talent indéniable d'amuseur public, d'esprit critique et même caustique. Sa première comédie, "Les Détaliens" (ou Les Convives, dont il ne nous reste que des fragments), voit s'affronter des " anciens " et des "modernes", un thème qui allait devenir un classique du théãtre grec. Mais Aristophane, contrairement à ses confrères, ne prend pas parti pour la jeunesse, le changement et la révolution, mais pour la vieillesse, la stabilité et l' esprit conservateur. Ses héros sont des vieillards, même si cela ne l' empêche nullement de les ridiculiser. En brocardant la jeunesse, il dénonçait aussi la décadence spirituelle des années de guerre. Cette première oeuvre, qui devait être jouée devant quinze ou vingt mille spectateurs, Aristophane l'attribua à un certain Callistrate, chef de choeur, car, comme il le dit plus tard, " étant une jeune fille encore et n'ayant pas le droit d'enfanter
, j'exposai mon premier-né qu'une autre jeune femme  adopta". La pièce obtint un prix lors de sa création en 427 et fut ainsi la première d'une longue série de quarante-quatre comédies (au dire des anciens), don le ton, du comique au grinçant,  allait refléter l'évolution de la situation politique. La guerre finit en effet par casser quelque peu le ressort de sa verve et marqua le passage de "l'ancienne comédie attique" - engagée, allégorique, mettant en cause des personnes - à la "moyenne comédie attique", - moins virulente et plus impersonnelle.

"Les Guêpes"

Les guêpes marquent le retour d'aristophane à la comédie politique puisqu'il s'attaque dans cette pièce à l'organisation judiciaire, une des plus grandes institutions athéniennes. Cette pièce présente une opposition entre le père (Philocléon) et le fils (Bdélycléon) et la sorite de départ est claire: les Athéniens ont la manie de juger ; les procès sont publics ; donc ils ne se tiennent pas à domicile ; la manie des procès à domicile n'est pas dangereuse. Cette idée domine plutôt dans la première partie car la seconde développe plus les conflits des deux générations et ceux de la Nature face à la Loi. L'agôn de cette pièce oppose Philocléon et Bdélycléon dans un débat de forme rhétorique : Bdélycléon veut guérir son père de sa maladie de juger en le persuadant et en lui apportant un procès à domicile. On peut alors se demander dans quelle mesure cet extrait est un bon passage de l'ancienne comédie.
 

Quand je rentre au logis avec mes quelques sous,

J'aime que mes enfants se jettent à mon cou.

Ma fille me toilette et parfume mes pieds ;

Elle me flatte et m'offre un suave baiser.

Elle en profite pour de ma bouche enlever

Mes oboles. Ma femme a fait un bon soufflé;

Assise à mes côtés, je me dois de manger.

C'est cela qui me plaît ! Je ne suis pas forcé

D'appuyer mon regard sur le maître d'hôtel

Afin que le repas me soit enfin donné.

Et sans injure aucune, on me fait un gâteau.

Tels sont donc « les remparts contre les infortunes »

Que je me sui bâti et l'« l'armure protectrice »

Contre la lance aigue dont je me suis muni.


Par Cathou
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Dimanche 16 août 2009

427 - 347 av.C.


Platon peut être considéré comme le premier philosophe, entre la volonté de sortir des illusions et la nécessité de prendre en main la politique.

Platon
vers 428 - 347
Les dialogues de jeunesse sont dits "aporétiques" : l'aporie est l'embarras de celui qui s'aperçoit ne pas pouvoir définir ce qu'avant de rencontrer Socrate il croyait savoir. Elle est déjà un progrès par rapport à la présomption de ce qui croit connaître ce qu'il ne connaît pas en fait.


Le choix de la philosophie :

Platon naquit à Athènes vers 428 avant Jésus-Christ. Formé à la gymnastique et à la musique qui faisaient le fond de l'éducation aristocratique, il fut initié à la philosophie par un disciple d'Héraclite, Cratyle. Il composa, dit-on, des poèmes et des tragédies qu'il aurait brûlés plus tard. Quand il rencontra Socrate, vers l'âge de vingt ans, il se destinait à la carrière politique. Mais il refusa, malgré les propositions de ses parents de collaborer avec les Trente*

* Les Trente aussi appelés Trente tyrans sont un gouvernement oligarchique composé de trente magistrats appelés tyrans, qui succède à la démocratie athénienne à la fin de la guerre du Péloponese  pendant moins d'un an  en  404 av J.C.

 

Lorsque la démocratie, à peine rétablie, fit condamner à mort Socrate, il abandonna définitivement ses projets politiques. C'est sans doute après la mort de son maître en 399 avant J.C. qu'il écrivit ses premiers dialogues ; "Le petit Hippias, Le Grand Hippias, Ion, Protagoras, L'Apologie de Socrate, Criton, Alcibiade,  Charmide, Lachès, Lysis, Euthyphron et Gorgias" racontent les entretiens - sans doute fictifs - de Socrate, tantôt avec des hommes réputés pour leur savoir, notamment les sophistes* * tantôt avec des jeunes gens sur le point de décider de l'orientation de leur vie.

**
un ensemble de penseurs, d'orateurs et d'enseignants grecs du Ve siècle av. J.-C. (et du début du siècle suivant) ;

Sur les questions les plus importantes, "Qu'est-ce que le beau ?", "Qu'est-ce que la sagesse ?", ou "Qu'est-ce que la piété ?"  Socrate leur fait découvrir leur ignorance et les exhorte à agir en conséquence, en se gardant notamment d'aller à l'encontre de la tradition par des actes injustes ou impies.


La fondation de l'Académie
:

Vers 390 avant J.C., le désir de s'instruire poussa Platon à voyager, en Egypte où il admira la pérennité des moeurs antiques, à Cyrène où il se mit  à l'école du mathématicien Théodore, en Italie où il se lia d'amitié avec les pythagoriciens auxquels il doit sans doute la thèse de l'immortalité de l'âme, et en Sicile où il fut reçu à la cour de Denys de Syracuse.  Il y gagna à la philosophie Dion, beau-frère du tyran, mais ne s'accorda pas longtemps avec ce dernier qui le livra à un navire ennemi d'Athènes. Reconnu et racheté par un Cyrénéen, Platon échappe à l'esclavage.

En 388 avant J.C., il regagne Athènes et se met à enseigner, fondant près du gymnase d'Akadémos son école, l'Académie. Durant les vingt ans qui suivirent, il écrivit les dialogues dits de la maturité, "Ménéxène, Ménon, Euthydème, Cratyle, Le Banquet, Phédon, La  République et Phèdre". Deux doctrines principales y sont mises à jour : l'âme immortelle, peut, entre deux incarnations, contempler l'être vrai des choses dont elle se souvient lorsqu'elle cherche à apprendre ; c'est la  réminiscence.

La connaissance est une élévation au-dessus des illusions et des simples opinions, qui atteint les objets eux-mêmes, puis les êtres mathématiques et enfin les idées ; c'est la doctrine des idées.


L'aventure sicilienne :

En 368 avant J.C., à la mort de Denys, Dion poussa son successeur, Denys le Jeune, à appeler Platon, pensant ainsi faire de la tyrannie une royauté respectant la liberté et la raison. Quand Platon, malgré ses réticences, arriva en Sicile, en 366, la situation avait changé : craignant d'être mis sous tutelle, Denys bannit Dion tandis qu'il retenait Platon sans pour autant montrer beaucoup d'ardeur philosophique.

De retour à Athènes en 365, Platon retrouva Dion qui menait une vie fastueuse et reprit son enseignement et ses recherches.
Les dialogues dits tardifs se  distinguent des précédents :  Socrate n'est plus le meneur de jeu de ces dialogues qui, par dégoût peut-être pour les questions politiques après l'échec de  Sicile, marquent un repli de la philosophie platonicienne vers l'enseignement de l'Académie ; les questions qui y sont traitées sont d'ordre logique ou métaphysique :  la science, l'être et le non-être, l'un et le multiple, la génération du monde. Quand au dialogue, il devient un exercise modèle, où la définition d'un objet est cherchée selon la méthode de la  "dichotomie" 
(couper en deux en grec).
En 362, Platon fut à nouveau rappelé en Sicile où de nouveaux déboires l'attendaient : malgré ses promesses de réconciliation avec Dion, Denys, vendit les biens de ce dernier et empêcha Platon de repartir. Il fallut  l'intervention du mathématicien Archytas, tyran de Tarente, pythagoricien et ami de Platon, pour que celui-ci pût quitter  Syracuse en 360.
En 353, Dion, revenu de Sicile, renversa Denys avant d'être assassiné. Pendant ce temps, Platon se consacrait à son dernier et plus long dialogue "Les Lois", où abandonnant la définition du régime idéal, il s'attache à décrire la manière de mettre en place et de maintenir le meilleur régime. Il mourut en 347.


 

Le Banquet (extraits)

par Platon

 

À propos des Lois :


(...) Chacun préférerait que lui naissent de tels enfants (...) si, se tournant vers Homère et Hésiode (...) ils considérait  avec envie quels rejetons ils ont laissé après eux, qui leur ont procuré un renom et une postérité éternelle (...) aussi Solon, comme d'autres hommes partout ailleurs sont honorés chez les Grecs et chez les Barbares, pour avoir donné le jour à tant de belles choses et engendré toutes sortes de vertus. (209a)

 

La prêtresse Diotime, instruit Socrate de la sagesse dans les choses de l'amour.


DIOTIME - Toi-même, tu pourrais t'initier aux mystères de l'amour. Mais je ne sais si tu seras capable de parvenir au degré ultime de cette démarche. Je vais quand même t'en expliquer les étapes. Essaye de me suivre.

Pour suivre ce chemin et atteindre son but, il faut commencer dès son jeune âge à rechercher la beauté physique. Il faut n'aimer qu'un seul corps et, à cette occasion, dire de belles paroles.

Ensuite, il faut comprendre que la beauté d'un corps est semblable, comme une soeur, à la beauté d'un autre corps. Il convient de rechercher la beauté des formes, celle qui se trouve dans tous les corps. Arrivé à cette vérité, on doit devenir l'amant de tous les beaux corps, abandonner l'amour impétueux pour un seul, comme une chose qui ne mérite que dédain.

 

Puis, on considérera la beauté de l'âme comme plus précieuse que celle du corps, jusqu'à ce qu'une belle âme, même dans un corps peu attrayant, nous suffise à engendrer de belles paroles. On sera alors amené à considérer la Beauté dans les actions et dans les lois, à voir qu'elle est toujours la même, dans tous les cas.

On en arrivera à regarder la beauté du corps comme peu de chose.


Enfin, on passera aux sciences et on en découvrira la beauté. On sera alors parvenu à une vision globale de la Beauté. On ne s'attachera plus à la seule beauté d'un seul objet. On cessera d'aimer un enfant, un homme, une action. On sera désormais tourné vers l'océan de la Beauté, en contemplant ses multiples aspects. On enfantera sans relâche de beaux et magnifiques discours. La sagesse et la pensée jailliront de l'amour qu'on a, jusqu'à ce que notre esprit aperçoive la science unique, celle de la Beauté en soi.

Celui qu'on aura guidé sur le chemin gradué de l'amour découvrira une beauté merveilleuse, une Beauté éternelle qui ne connaît ni la naissance ni la mort, qui jamais ne change. Cette Beauté qui ne se présente pas comme un visage ou comme une forme corporelle, elle n'est pas non plus un raisonnement, ni une science. Cette Beauté existe en elle-même et par elle-même, simple et éternelle, et d'elle découlent toutes les belles choses. Lorsque grâce à l'amour bien compris des jeunes gens, l'on s'est élevé au dessus des choses sensibles jusqu'à cette Beauté en soi, on est proche du but.


C'est cela le véritable chemin de l'amour, que l'on s'y engage soi-même ou que l'on s'y laisse conduire. Il consiste, en partant des beautés sensibles, à monter sans cesse vers la Beauté surnaturelle en passant, comme par des échelons, d'un beau corps à deux beaux corps, puis de deux beaux corps à tous les beaux corps, enfin des beaux corps aux belles actions, et des belles actions aux belles sciences. Pour aboutir à cette science qui n'est autre que celle de la Beauté absolue, et pour connaître enfin le Beau tel qu'il est en soi.

Si la vie vaut la peine d'être vécue, c'est à ce moment : lorsque l'humain contemple la Beauté en soi. Si tu y arrives, l'or, la parure, les beaux jeunes gens dont la vue te trouble aujourd'hui, tout cela te semblera terne. Songe au bonheur de celui qui voit le Beau lui-même, simple, pur, sans mélange, plutôt que la beauté chargée de chairs, de couleurs et de cent autres artifices périssables...



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NOTES :

 

 


Platon raconte pourquoi, sur les instances de Dion, il accepte de partir pour la Sicile : <<Tout cela me donnait à réfléchir et je me demandais s'il y avait lieu pour moi, ou de l'écouter et de me mettre en route, ou bien de prendre un autre parti. En fait, ce fut néanmoins l'obligation de céder à sa demande qui l'emporta : si jamais l'on devait  entreprendre de réaliser mes conceptions relatives aux lois et au régime politique,  le moment était venu d'essayer de le faire ; je n'avais en effet qu'un seul homme à convaincre comme il fallait, et, ce résultat obtenu, dorénavant tout irait bien. >>


Platon, Lettre VII


Alexandre Koyré souligne la modernité de l' enseignement politique de Platon :
"Faites attention, nous dit-il. Veillez à  l'éducation de la Cité, de ses futurs citoyens, de ses futurs dirigeants. Ne vous bornez pas à les entraîner pour tel  ou tel travail, métier ou fonction : c'est

l'éducation morale, c'est la dévotion à la Cité qui fait les bons citoyens (...). Faites attention : ne laissez pas le mépris de la loi s'établir et se propager dans son sein. Le mépris de la loi (...) conduit à l'anarchie et  elle-ci conduit, en droite ligne, à la tyrannie. (...) Faites attention : ne confondez pas l'homme d 'État et le démagogue, celui qui vous éclaire et celui qui vous flatte. >>


Alexandre Koyré, lntroduction à la
lecture de Platon, GalIimard, 1962



 


Par Cathou
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                                                                                                      Béatrice Portinari








Dante et Béatrice







Dante par Giotto








Première page de la Divine Comédie






Dante et Virgile






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SOPHOCLE









Sophocle

                                                                                                            


     
       

                      

                                                                                                       Antigone









Philotecte









Sophocle  Bas relief en marbre









Sophocle




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PLATON







Pythagore








Le Banquet










Platon par Raphaël

















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ARISTOTE












Aristote












Aristote par Raphaël









Aristote sur une fresque murale à Rome











Alexandre à une bataille












Alexandre combattant un lion














Alexandre sur son cheval











Bronze - Alexandre













Buste d'Alexandre le Grand















Aristote et Alexandre








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Enluminure "Chanson de Roland"











Mort de Roland à Ronceveaux

















Charlemagne et le Pape Adrien I












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