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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 15:33

1810  -  1857

 

 


 

Alfred de Musset est né à Paris en décembre 1810.  Il vit une enfance très choyée, entre ses parents aisés et fort léttrés. Brillant élève du Lycée Henri IV, il fait le coup de feu  lors de la révolution de 1830. Sous l'influence de son cercle d'amis, un peu écrivains et très dandys, sa personnalité se transforme et s'oriente vers ce qu'il  appelle "la débauche". Cette rupture intérieure sert d'aliment à sa création poétique, très précoce, et immédiatement appréciée par le public. Il commence des 1824 à écrire des vers. S'il entreprend des études de droit, de médecine, de musique, de dessin, il les abandonne très vite, car seule la littérature l'intéresse. En 1828, il est introduit dans le Cénacle romantique et chez Nodier à l' Arsenal : il se lie avec Vigny et Sainte-Beuve, admire la virtuosité de Hugo et, par la facilité de son talent, il a tôt fait de devenir l'enfant prodige du romantisme.
En 1832  la mort de son père affecte douloureusement Musset. Obligé de gagner sa vie, il publie "Un Spectacle dans un Fauteuil"  qui comprend, en plus de Namouna, un drame :" La Coupe et les Lèvres", et une comédie : "A quoi rêvent les jeunes filles". Pièces publiées et  non jouées ; en effet  "La Nuit vénitienne"  ayant échoué à la représentation (1830), Musset  écrit désormais pour la lecture et non pour la scène. La Revue des Deux Mondes  donnera de lui, en 1833 ," Les Caprices de Marianne",  en 1834 il publie "Fantasio", "On ne badine pas avec l'amour"  et  "Lorenzaccio",  un des chefs-d'oeuvre du drame.

Musset  venait de remporter un brillant succès en publiant "Rolla", quand il s'enflamma de passion pour Georges Sand (1833). Après un séjour idyllique à Fontainebleau, ils voulurent consacrer leur amour romantique par un voyage en Italie. Mais la désillusion fut  prompte. A Venise, en février 1834, le poète tombe gravement malade ; George Sand le soigne de tout son dévouement, mais le trahit avec son médecin Pagello. Musset rentre seul à Paris et échange avec elle une correspondance où il semble lui accorder son pardon.
Quelques mois plus tard, George Sand est de retour : d'août 1834 à mars 1835, c'est une suite de réconciliations et de ruptures orageuses où la jalousie nerveuse de Musset, excitée par l'abus de l'alcool, semble avoir joué un grand rôle. Cette aventure, cette inquiétude d'une âme tourmentée reparaîtront dans "La Confession d'un enfant du siècle" (1836).

Il avait compris très tôt que la source du vrai lyrisme est dans les élans du coeur, mais sa douloureuse passion pour Georges Sand a contribué à mûrir son génie : même si elle n'est pas directement à l'origine de tous ses chefs-d'oeuvre, c'est à cette "grande douleur"  que nous devons la poignante sincérité des "Nuits" (1835-1837), de la "Lettre à Lamartine" (1836), de "Souvenir"  (1841).


Au cours des années 1835-1840, les plus fécondes de sa carrière, Musset  publie encore des comédies : Barberine (1835), Le Chandelier (1835), Il ne faut jurer de rien (1836).

A trente ans, épuisé par les plaisirs et l'alcoolisme, Musset est menacé par une maladie de coeur. De temps à autre, il donne quelques nouvelles, quelques comédies : "Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée" (1845), "Carmosine" (1850), "Bettine" (1851). Il  entre à l'Académie en 1852, mais depuis longtemps son inspiration poétique est tarie et il meurt dans l'obscurité en 1857.

Rien n' évoque mieux sa destinée mélancolique que le sonnet qu'il avait écrit pour lui-même dès 1840, et qui fut publié plus tard sous le titre de

                                      TRISTESSE
:


J'ai perdu ma force et ma vie,
Et mes amis et ma gaîté ;
J'ai perdu jusqu'à la fierté
Qui faisait croire à mon génie.
Quand j'ai connu la Vérité,
J'ai cru que c'était une amie ;
Quand je l'ai comprise et sentie,
J'en étais déjà dégoûté.
Et pourtant elle est éternelle,
Et ceux qui se sont passés d'elle
Ici-bas ont tout ignoré.
Dieu parle, il faut qu'on lui réponde.
Le seul bien qui me reste au monde
Est d'avoir quelque fois pleuré.


http://ecx.images-amazon.com/images/I/41DKHA5TSFL._SL500_AA240_.jpg"La Confession d'un enfant du siècle" instaure le mythe d'une jeunesse absolue, qui affectera Musset dans sa þropre vie : à l'âge de vingt-six ans, il a déjà écrit l'essentiel de son oeuvre et ne fera dès lors que se répéter tristement. Tous ses héros sont des jeunes gens, et pourtant la jeunesse devient chez lui une valeur négative. Certes, on ne peut qu'être adolescent dans cette oeuvre où les pères paraissent soit veules, soit stupides. Mais être jeune, c'est aussi ne pas savoir grandir, c'est connaître dans sa chair et dans son siècle le péché originel de la <<blessure>>. Marquée, avant d' avoir vécu, par la trahison des  apparences, par le défaut d'avenir, par la duplicité amoureuse, c'est une jeunesse régressive qui s'exhibe, soupirant après sa pureté perdue. Se définissant dans l' intervalle de la confession narcissique et de l'action à venir, toujours espoir de salut, les jeunes gens, chez Musset, ne peuvent qu'être fatalement déçus.

Cette position en porte à faux du jeune homme romantique s'intériorise, chez Musset, en un réseau de contradictions déchirantes. Ainsi, Lorenzo le pur se travestit en Lorenzaccio pour délivrer la cité, mais y perd son âme ; Fantasio, pour dénoncer la mascarade d'un mariage arrangé, prend la place d'un autre en revêtant l'habit du bouffon, et Perdican, jouant une femme contre une autre, finit par les perdre toutes les deux. Le dédoublement affecte même l'identité sexuelle des héros : Lorenzo est aussi Lorenzetta, ou Renzina, l'homme "sans épée", le giton supposé du duc ; Fantasio fuit l'amour de la princesse, et Cælio, impuissant à se déclarer, se fait doubler par son confident plus habile. Enfin, ces contradictions définissent une écriture : la prose autobiographique de La Confession utilise à la fois la première et la troisième personnes ; la poésie des Nuits met en scène le Poète et sa Muse, et le théâtre, fait pour être lu plus que pour être vu, multiplie, en abîme, masques et dévoilements.

L'Histoire est l'espace privilégié de ce jeu de miroirs. Les pièces à la manière de Shakespeare, comme Lorenzaccio, Fantasio ou André del Sarto, campent toujours le jeune héros dans une époque dégradée. La Florence d' Alexandre de Médicis a sombré dans l'abjection, et le roi de Bavière, très bourgeois, rit quand Fantasio retire la perruque de son noble invité. Les jeunes gens peuvent rêver à Brutus et fomenter une révolution, ou se moquer cyniquement de leur temps, ils n'ont pas de prise sur l'Histoire, sinon de manière bouffonne. Lorenzo tue et meurt en vain, car c'est l'Histoire elle-même qui s'est arrêtée, étant désormais vouée à se répéter, au profit des mêmes personnages vils et désabusés. "Mon coeur est navré de solitude", dit Lorenzo : c'est toujours à cette plainte qu'ouvre la profondeur de l'espace historique, redoublement d'un XIX ème  siècle creux.


I) Lorenzaccio

LORENZACCIO (1834) est le drame romantique qui répond le mieux aux idées de Stendhal, le seul digne d'être comparé à ceux de Shakespeare.

  http://www.site-magister.com/mucha.jpgLe sujet, emprunté aux Chroniques Florentines de Varchi, avait inspiré George Sand avant d'être repris par MUSSET. C'est le drame de Lorenzo, meurtrier du tyran Alexandre, mais c'est aussi une vaste fresque historique où revit la Florence du XVl ème siècle. A travers ses 39 tableaux - sites célèbres, jardins, rues, églises, palais - s'agite une profusion de personnages de tous les milieux avec leurs passions mesquines ou leurs aspirations élevées. Quelle impression de vie intense ! Quelle impression de vérité, obtenue par un choix discret et évocateur de documents caractéristiques !

Lorenzo de Médicis
s'est introduit dans l'intimité de son cousin, le duc Alexandre, tyran de Florence qu'il gouverne avec l' appui de l'empereur Charles Quint et du Pape. Originellement pur et vertueux, Lorenzo est devenu le compagnon de  débauche du duc, et les Florentins, par dérision, ont surnommé Lorenzaccio le triste et veule personnage, qui s'évanouit à la vue d'une épée. Lorenzo, en fait, s'est juré de tuer son cousin pour libérer la ville et lui permettre de se constituer en république. Mais on ne porte pas  impunément le masque du vice, et Lorenzo, amer, désespéré, doutant de sa mission et de l'humanité tout entière, a déjà perdu son âme lorsqu'il réussit à attirer chez lui le duc, amoureux de sa jeune tante, et à le poignarder. Meurtre inutile, d'ailleurs. Un autre Médicis, Cosme, reprend le pouvoir, dans une Florence muette et soumise, et fait assassiner Lorenzo, réfugié à Venise. Frère de Brutus et de Hamlet, Lorenzaccio est le héros le plus shakespearien du théâtre français. Créé par Sarah Bernhardt (1896), puis joué par des femmes, ce fut l'un des grands rôles de Gérard Philipe au T.N.P, (1952).


Extrait :

Un jardin. − Clair de lune ; un pavillon dans le fond, un autre sur le
devant.
Entrent le Duc et Lorenzo, couverts de leurs manteaux ; GIOMO, une
lanterne à la main.


LE DUC. Qu'elle se fasse attendre encore un quart d'heure, et je m'en vais. Il fait un froid de tous les diables.
LORENZO. Patience, Altesse, patience.
LE DUC. Elle devait sortir de chez sa mère à minuit ; il est minuit, et elle ne vient pourtant pas.
LORENZO. Si elle ne vient pas, dites que je suis un sot, et que la vieille mère est une honnête femme.
LE DUC. Entrailles du pape ! avec tout cela je suis volé d'un millier de ducats.
LORENZO. Nous n'avons avancé que moitié. je réponds de la petite. Deux grands yeux languissants, cela ne trompe pas. Quoi de plus curieux pour le connaisseur que la débauche à la mamelle ? Voir dans un enfant de quinze ans la rouée à venir ; étudier, ensemencer, infiltrer paternellement le filon mystérieux du vice dans un conseil d'ami, dans une caresse au menton ; −  tout dire et ne rien dire, selon le caractère des parents ; − habituer doucement l'imagination qui se développe à donner des corps à ses fantômes, à toucher ce qui  l'effraie, à mépriser ce qui la protège ! Cela va plus vite qu'on ne pense ; le vrai mérite est de frapper juste.
Et quel trésor que celle−ci ! tout ce qui peut faire passer une nuit délicieuse
à Votre Altesse ! Tant de pudeur ! Une jeune chatte qui veut bien des confitures, mais qui ne veut pas se salir la patte. Proprette comme une Flamande ! La médiocrité bourgeoise en personne. D'ailleurs, fille de bonnes gens, à qui leur peu de fortune n'a pas permis une éducation solide ; point de fond dans les principes, rien qu'un léger vernis ; mais quel flot violent d'un fleuve magnifique sous cette couche de glace fragile, qui craque à chaque pas ! jamais arbuste en fleurs n'a promis de fruits plus rares, jamais je n'ai humé dans une atmosphère enfantine plus exquise odeur de courtisanerie.
LE DUC. Sacrebleu ! je ne vois pas le signal. Il faut pourtant que j'aille au bal chez Nasi : c'est aujourd'hui qu'il marie sa fille.
GIOMO. Allons au pavillon, monseigneur. Puisqu'il ne s'agit que d'emporter une fille qui est à moitié payée, nous pouvons bien taper aux carreaux.
LE DUC. Viens par ici, le Hongrois a raison. (ils s'éloignent. − Entre Maffio.)
MAFFIO.
Il me semblait dans mon rêve voir ma soeur traverser notre jardin, tenant une lanterne sourde, et couverte de pierreries. Je me suis éveillé en sursaut. Dieu sait que ce n'est qu'une illusion, mais une illusion
trop forte pour que le sommeil ne s'enfuie pas devant elle. Grâce au Ciel, les fenêtres du pavillon où couche la petite sont fermées comme de coutume ; j'aperçois faiblement la lumière de sa lampe entre les feuilles de notre vieux figuier. Maintenant mes folles terreurs se dissipent ; les battements précipités de mon coeur font place à une douce tranquillité. Insensé ! mes yeux se remplissent de larmes, comme si ma pauvre soeur
avait couru un véritable danger. − Qu'entends−je ? Qui remue là entre les branches ? (La soeur de Maffio passe dans l'éloignement.) Suis−je éveillé ? c'est le fantôme de ma soeur. Il tient une lanterne sourde, et un collier brillant étincelle sur sa poitrine aux rayons de la lune. Gabrielle ! Gabrielle ! où vas−tu ? (Rentrent Giomo et le duc.)
GIOMO. Ce sera le bonhomme de frère pris de somnambulisme. − Lorenzo conduira votre belle au palais par la petite porte ; et quant à nous,   qu'avons−nous à craindre ?
MAFFIO. Qui êtes−vous ? Holà ! arrêtez ! (Il tire son épée.)
GIOMO. Honnête rustre, nous sommes tes amis.
MAFFIO. Où est ma soeur ? que cherchez−vous ici ?
GIOMO. Ta soeur est dénichée, brave canaille. Ouvre la grille de ton jardin.
MAFFIO. Tire ton épée et défends−toi, assassin que tu es !
GIOMO saute sur lui et le désarme. Halte−là ! maître sot, pas si vite !
MAFFIO. ô honte ! ô excès de misère ! S'il y a des lois à Florence, si quelque justice vit encore sur la terre, par ce qu'il y a de vrai et de sacré au monde, je me jetterai aux pieds du duc, et il vous fera pendre tous les deux.
GIOMO. Aux pieds du duc ?
MAFFIO. Oui, oui, je sais que les gredins de votre espèce égorgent impunément les familles. Mais que je meure, entendez−vous, je ne mourrai pas silencieux comme tant d'autres. Si le duc ne sait pas que sa ville est une forêt pleine de bandits, pleine d'empoisonneurs et de filles déshonorées, en voilà un qui le lui dira. Ah ! massacre ! ah ! fer et sang ! j'obtiendrai justice de vous.
GIOMO, l'épée à la main. Faut−il frapper, Altesse ?
LE DUC. Allons donc ! frapper ce pauvre homme ! Va te recoucher, mon ami ; nous t'enverrons demain quelques 90 ducats. (Il sort.)
MAFFIO. C'est Alexandre de Médicis !
GIOMO. Lui−même, mon brave rustre. Ne te vante pas de sa visite si tu tiens à tes oreilles. (II sort.)

Acte I / Scène I

La Poésie :

Cette poésie du coeur à laquelle MUSSET aspirait depuis 1830, nous la voyons réalisée dans les chefs-d'oeuvre lyriques (réunis pour la plupart dans le recueil des Poésies Nouvelles) qui se succèdent après l'aventure de Venise : Nuit de Mai (1835), Nuit de Décembre (1835), Lettre à Lamartine (1836), Nuit d' Août (1836), Nuit d'Octobre (1837), Souvenir (1841).

http://image.evene.fr/img/livres/g/2080710672.jpgConsidérer toutes ces émotions comme liées à l'unique souvenir de GEORGE SAND serait une erreur : MUSSET s'était trop dispersé dans sa course au bonheur pour ne penser qu'à ce seul amour pendant six années. Mais c'est cette grande passion qui a transformé son lyrisme, lui donnant une gravité, une intensité douloureuse qu'il n'avait pas antérieurement. Même quand ces poèmes ont à leur origine directe d'autres émotions, l'ancienne blessure se rouvre à l'occasion de la nouvelle souffrance et c'est elle qui donne à la douleur ses accents les plus déchirants. En somme, si l'on ne peut voir dans cet ensemble lyrique l'évolution d'une seule crise sentimentale, il n'en est pas moins vrai qu'elle en offre les étapes naturelles : souffrance aiguë, mélancolie de la solitude, recherche d'une consolation plus haute, désir effréné de jouir de la vie, illusion de  l'apaisement, suivie d'une révolte et d'un pardon fièrement consenti, souvenir calme et attendri.

II) LA NUIT DE MAI

Depuis la rupture définitive avec GEORGE SAND le poète est resté muet, lorsqu'en mai 1835 il sent qu'il a " quelque chose dans l'âme qui demande à sortir". En deux nuits et un jour, dans un élan d'enthousiasme poétique, il écrit cette "Nuit de Mai", un des plus touchants et des plus sublimes cris d'un jeune coeur qui déborde"  (Sainte-Beuve).  Le dialogue entre la MUSE et le POÈTE est la transposition du débat entre le génie créateur de MUSSET, sensible à l'appel du renouveau, et le coeur de l'homme trahi, presque égaré par son malheur. "Les plus désespérés sont les chants les plus beaux"  : à ce vers immortel, est-il un meilleur commentaire que la Nuit de Mai elle-même ?

LA MUSE.
Poète, prends ton luth et me donne un baiser ;
La fleur de l'églantier sent ses bourgeons éclore.
Le printemps naît ce soir ; les vents vont s'embraser ;
Et la bergeronnette, en attendant l'aurore,
Aux premiers buissons verts commence à se poser.
Poète, prends ton luth et me donne un baiser.
LE POÈTE.
Comme il fait noir dans la vallée !
J'ai cru qu'une forme voilée
Flottait là-bas sur la forêt.
Elle sortait de la prairie ;
Son pied rasait l'herbe fleurie ;
C'est une étrange rêverie ;
Elle s'efface et disparaît.
LA MUSE.
Poète, prends ton luth ; la nuit, sur la pelouse,
Balance le zéphyr dans son voile odorant.
La rose, vierge encor, se referme jalouse
Sur le frelon nacré qu'elle enivre en mourant .
Écoute ! tout se tait ; songe à ta bien-aimée
Ce soir, sous les tilleuls, à la sombre ramée
Le rayon du couchant laisse un adieu plu doux.
Ce soir, tout va fleurir : l'immortelle nature
Se remplit de parfums, d'amour et de murmure,
Comme le lit joyeux de deux jeunes époux.
LE POÈTE.
Pourquoi mon coeur bat-il si vite  ?
Qu'ai-je donc en moi qui s'agite
Dont je me sens épouvanté ?
Ne frappe-t-on pas à ma porte ?
Pourquoi ma lampe à demi morte
M'éblouit-elle de clarté ?
Dieu puissant ! tout mon corps frissonne.
Qui vient ? qui m'appelle ? - Personne.
Je suis seul ; c'est l'heure qui sonne ;
O solitude ! ô pauvreté !
LA MUSE.
Poète, prends ton luth ; le vin de la jeunesse
Fermente cette nuit dans les veines de Dieu.
Mon sein est inquiet ; la volupté l'oppresse,
Et les vents altérés m'ont mis la lèvre en feu.
O paresseux enfant ! regarde, je suis belle.
Notre premier baiser, ne t'en souviens-tu pas,
Quand je te vis si pâle au toucher de mon aile,
Et que, les yeux en pleurs, tu tombas dans mes bras ?
Ah ! Je t'ai consolé d'une amère souffrance !
Hélas ! bien jeune encor, tu te mourais d'amour.
Console-moi ce soir, je me meurs d'espérance ;
J'ai besoin de prier pour vivre jusqu'au jour .


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Published by Cathou
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commentaires

linou33 22/04/2012 19:39

Merci pour cet article très intéressant. Dans la même veine que "La Confession d'un enfant du siècle", il est bon de découvrir le poème "Rolla" de Musset (belle illustration du Mal du Siècle)

Luna 29/04/2011 08:23


Je suis déçue par la pièce "Lorenzaccio" où je n'ai pas retrouvé le charme de Musset que j'avais découvert dans "On ne badine pas avec l'amour"...

Je viens d'ailleurs de publier ma critique sur mon blog de la pièce "Lorenzaccio"...


Joli article, je reviendrais ;)

Bonne continuation !!


mutuelle jeune 17/11/2009 12:15


MERCI POUR CETTE ARTICLE


Présentation

  • : Le blog de Cathou
  • Le blog de Cathou
  • : Bonjour à tous.... Une approche de certains écrivains ; vie, œuvres, extraits. A l'attention de la personne "ANONYME" qui se reconnaîtra.... : je n'ai jamais voulu m'approprier ce travail, j'ai noté dans ma page d'accueil les sources :Ce blog sans prétention aucune a été crée à partir de fiches -collection Atlas - et d'ouvrages - collection Lagarde et Michard et collection Nathan "Grands écrivains du Monde", -
  • Contact

Divers personnages....


DANTE


                                                                                                      Béatrice Portinari









Dante par Giotto








Première page de la Divine Comédie













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SOPHOCLE



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                                                                                                       Antigone




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Philotecte abandonné par les Grecs







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Sophocle  Bas relief en marbre









Sophocle




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Pythagore



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Le Banquet manuscrit sur papyrus.






Platon par Raphaël





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ARISTOTE





Aristote par Raphaël




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Aristote sur une fresque murale à Rome




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Alexandre à une bataille






http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/7/79/AlexanderAndLion.jpg/300px-AlexanderAndLion.jpg



Alexandre combattant un lion







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Bronze - Alexandre









Buste d'Alexandre le Grand







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Alexandre et Aristote





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Enluminure "Chanson de Roland"










http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/1/18/Mort_de_Roland.jpg/300px-Mort_de_Roland.jpg
Mort de Roland à Ronceveaux
















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Charlemagne et le Pape Adrien I






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Charlemagne et son fils Louis le Pieux






RUTEBOEUF

                            



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Ruteboeuf par Clément Marot

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