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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 13:22


1842  1898

La vie de Stéphane Mallarmé présente peu d'incidents notables. Consacrée tout entière à la poésie, elle se résume dans le drame secret du poète en proie aux affres de la création, dans les étapes de son oeuvre, dans l'évolution de son idéal et de sa technique.

http://www.mes-biographies.com/Ecrivain/images/Mallarme.jpgNé à Paris le 18 mars 1842, privé de sa mère à l'âge de cinq ans, Stéphane Mallarmé est un enfant rêveur, "d' âme lamartinienne" dira-t-il plus tard. Il est mis en pension à dix ans ; au lycée de Sens, où il achève ses études secondaires, il écrit déjà des  vers et découvre avec enthousiasme, en 1861, "les Fleurs du Mal".

A l'âge de 20 ans, il fait connaissance d'une jeune gouvernante allemande, Marie Gerhard, qu'il épouse quelques mois plus tard. Pourtant cette existence-là n'est que cendres, l'ombre d'un drame passé. Deux morts ont en effet endeuillé son enfance : sa mère d'abord (2 août 1847), Maria, sa soeur, ensuite (31 août 1857). Les quelques poèmes qu'il compose durant ses études au lycée de Sens expriment déjà cette hantise de la mort, de la chute, d'un refuge nécessaire dans le rêve. La lecture de Baudelaire, donne à ce drame une ampleur métaphysique. Ses premiers poèmes importants :"Les Fenêtres" (mai 1863), "L'Azur" (janvier 1864), qui ne paraîtront dans le Parnasse contemporain qu'en juillet 1866, témoignent encore de cette influence : ils révèlent la nostalgie torturée d'un au-delà, les affres d'un exil lié à une culpabilité. En novembre 1863, il est nommé comme professeur d'anglais au lycée de Tournon : il considéra toute sa vie ce métier comme un "calvaire", une considérable gêne pour son activité poétique. Une activité à laquelle il choisit dès lors de se vouer totalement, y voyant l'équivalent d'un sacerdoce lucide. En novembre 1864, naît sa fille Geneviève.
Un mois plus tôt, il commence Hérodiade*. Cette héroïne, proche de la " Salammbô " de Flaubert ou de
" l' lsis" de Villiers de l' Isle-Adam,
représente, en fait, une sorte de reflet du poète.

*
http://www.florilege.free.fr/florilege/mallarme/herodiad.htm


En  1872  Mallarmé fait la connaissance d'un jeune poète, Arthur Rimbaud, qu’il fréquente brièvement, puis, en  1873 , du peintre  Edouard Manet qu'il défend lorsque ses tableaux sont refusés au Salon de 1874. C’est par Manet qu’il rencontre ensuite  Zola. Mallarmé publie une revue, "La Dernière Mode",  qui a huit numéros et dont il est l'unique rédacteur sous divers pseudonymes, la plupart féminins.

Après un séjour à Besançon, Mallarmé enseigne à Avignon ; puis il est nommé à Paris (1871). En 1874 il s'installe rue de Rome où il recevra chaque mardi, à partir de 1880, un groupe croissant d'amis et de disciples. C'est l'époque où il publie "Toast funèbre",* hommage à la mémoire de Théophile Gautier (1873), puis "Le Tombeau d'Edgar Poe" ** (1877). Ces poèmes, le premier surtout, montrent qu'il s'oriente franchement vers "l'hermétisme".

*
http://www.toutelapoesie.com/poemes/mallarme/toast_funebre.htm

** http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/stephane_mallarme/le_tombeau_d_edgar_poe.html

Jusque vers 1884, Mallarmé reste un poète peu connu et peu apprécié ; seule une élite très restreinte l'admire, et il se montre d'ailleurs dédaigneux de la renommée. Mais coup sur coup, la même année, Verlaine dans les" Poètes maudits" et Huysmans dans "A Rebours"  révèlent au public lettré son nom et son oeuvre. La jeune école symboliste va le considérer comme son maître, et les mardis de la rue de Rome réuniront autour de Mallarmé un grand nombre de disciples charmés par ses propos sur la poésie et la musique : René Ghil, Gustave Kahn, Jules Laforgue, Viélé-Griffin, Henri de Régnier, Maurice Barrès, Paul Claudel, André Gide, Paul Valéry.

À partir de 1874, Mallarmé, de santé fragile, effectue de fréquents séjours à  Valvins près de Fontainebleau.. Il loue pour lui et ses proches le premier étage d'une ancienne auberge au bord de la Seine. Il finit par l'acquérir et l'embellit de ses mains pour en faire son « home ». Là, les journées s'écoulent entre deux parties de pêche avec Nadar ou d'autres illustres hôtes, face à la forêt miroitant dans la Seine, et le poète alors de dire : « J'honore la rivière qui laisse s'engouffrer dans son eau des journées entières sans qu'on ait l'impression de les avoir perdues. »

Avec la "Prose pour des Esseintes" * (des Esseintes est le héros de A Rebours), Mallarmé avait donné en 1885 une sorte d'art poétique vraiment sibyllin. En 1897 il réunit sous le titre de "Divagation" diverses réflexions sur la nature de la poésie, et, poussant toujours plus avant sur la voie de l'hermétisme, il publie un poème déconcertant jusque dans sa présentation typographique :" Un coup de dés jamais n'abolira le hasard".

*
http://www.toutelapoesie.com/poemes/mallarme/prose_pour_des_esseintes.htm


De nouveau sa santé vacille en 1891 ; Mallarmé obtient un congé puis une réduction d’horaire. Il fait la connaissance d’ Oscar Wilde et de Paul Valery au pont de Valvins (ce dernier faillit s'y noyer...). Valéry est un invité fréquent des Mardis. 1892,  à la mort d'Eugène Manet, frère d' Edouard Manet, Mallarmé devient le tuteur de sa fille, Julie Manet - dont la mère est le peintre  Berthe Morisot. C'est à cette époque que  Claude Debussy  débute la composition de sa pièce  Prélude à l'après-midi d'un faune, présentée en 1894.  Mallarmé obtient sa mise à la retraite en novembre 1893, l'année suivante,  il donne des conférences littéraires à Cambridge et  Oxford. Deux années passent, le poète assiste aux obsèques de Paul Verlaine, décédé le  8 janvier 1896, il lui succède comme Prince des poètes.

En  1898, il se range aux côtés d' Emile Zola qui publie dans le journal  L'Aurore le  13 Janvier, son article "J'accuse" en faveur du Capitaine Deyfus (Voir l’Affaire Dreyfus). Le 8 septembre 1898, Mallarmé est victime d'un spasme du larynx qui manque de l'étouffer. Le soir même, il recommande dans une lettre à sa femme et à sa fille de détruire ses papiers et ses notes, déclarant : « Il n'y a pas là d'héritage littéraire... ». Le lendemain matin, victime du même malaise, il meurt dans les bras de son médecin, en présence de sa femme et de sa fille. Il est enterré auprès de son fils Anatole au cimetière de Samoreau, près de Valvins.


Sa vie durant, Stéphane Mallarmé  pratiqua un seul culte, celui de la  "Poésie", une seule religion  celle de  "l'Idéal", entendu non pas  au sens moral mais au sens métaphysique de ce terme   :  l 'Essence des choses opposée aux apparences contingentes. A ses yeux, la Poésie exige un don de soi total, un désintéressement absolu : sans parler du profit matériel, le poète ne doit même pas songer à la gloire ; sa vocation entraîne une sorte d'ascèse, un renoncement aux jouissances communes. Mallarmé se reprochait comme des fautes ses échecs, son impuissance passagère à traduire par le verbe la révélation poétique. Cette attitude si noble, cette exigence exaltante et hautaine expliquent la vénération dont il fut entouré, comme un prêtre, un saint, et peut-être un martyr de la Poésie.

 


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Divers personnages....


DANTE


                                                                                                      Béatrice Portinari









Dante par Giotto








Première page de la Divine Comédie













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SOPHOCLE



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                                                                                                       Antigone




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Philotecte abandonné par les Grecs







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Sophocle  Bas relief en marbre









Sophocle




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Pythagore



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Le Banquet manuscrit sur papyrus.






Platon par Raphaël





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ARISTOTE





Aristote par Raphaël




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Aristote sur une fresque murale à Rome




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Alexandre à une bataille






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Alexandre combattant un lion







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Bronze - Alexandre









Buste d'Alexandre le Grand







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Alexandre et Aristote





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Enluminure "Chanson de Roland"










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Mort de Roland à Ronceveaux
















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Charlemagne et le Pape Adrien I






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Charlemagne et son fils Louis le Pieux






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