Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 16:30


1737 - 1834

Bernardin de St Pierre est célèbre pour avoir écrit, au tournant du Siècle des Lumières et de l'Epoque romantique, le premier grand roman exotique français.


Une âme de voyageur

Jacques Henri Bernardin de Saint-Pierre est né en 1737 au Havre. Grâce à son père, directeur des messageries de cette ville portuaire, Bernardin baigne dès son enfance dans le monde des voyages et des grands navires. A l'âge de douze ans, il fait avec son oncle un voyage à la Martinique, dont il gardera toute sa vie un profond souvenir. Il lit avec passion Robinson Crusoé et rêve de devenir missionnaire. Il fait ses études au collège des jésuites de Caen, puis à Rouen ; en 1757, il entre à l'école des Ponts et Chaussées. Grâce à cette formation, il va pouvoir assouvir son appétit de voyages. Entre 1761 et 1766, il visite la Hesse, Berlin, Malte, la Pologne, la Russie, la Hollande. Dès 1767, il repart pou l'île de France (île Maurice), où il est envoyé en tant que capitaine ingénieur du roi. Il y découvre la misère et l'esclavage, mais aussi la magnificence des paysages tropicaux. Bernardin publie en 1773, sous forme de lettres,"Voyage à l'île de France", inspiré de ce séjour qui fut décisif pour son oeuvre future. Les années qui suivent son retour en France en 1771 sont difficiles : pendant douze ans, il va vivre dans la misère. C' est à cette époque qu'il rencontre Rousseau. Il  devient son ami et son confident.

Un disciple de Rousseau

Bernardin accompagne Jean-Jacques dans ses nombreuses promenades champêtres. Ils ont en commun la passion de la botanique et le goût des longues discussions dans la campagne. Ils aiment à parler littérature, philosophie ou religion. Bernardin trouve en Rousseau un maître à penser, il partage avec lui l'idéal d'un éden primitif, la méfiance pour la société et le progrès. Malgré le caractère peu sociable de Rousseau et plusieurs brouilles, Bemardin reste, jusqu' à la mort du philosophe, son soutien et son ami le plus proche. On a souvent considéré Bernardin de Saint-Pierre comme un imitateur de Rousseau ; mais il faut plutôt voir, à travers l'admiration qu'il lui vouait, l'histoire d'une grande amitié. Bernardin devint en quelque sorte le fils spirituel de Rousseau après la mort de ce dernier, survenue en 1778. En 1784, il publie Les "Études de la nature", dans lesquelles il vulgarise la philosophie rousseauiste
. Il veut y démontrer l' existence de Dieu par la contemplation de la nature, qui apparaît comme la création parfaite de la volonté divine. Mais sa démarche n'a rien à voir avec un raisonnement scientifique et peut paraître souvent simpliste et naïve. Il faut admirer plutôt dans cette description de la nature un art poétique et sensuel.

A la recherche de l'âge d'or

"Les Études de la nature
" procurent aussitôt à Bernardin un immense succès et la fortune. En 1787, il complète son ouvrage par un quatrième tome, "Paul et Virginie". Ce roman pastoral et exotique, qui raconte l' idylle tragique de deux adolescents, vient illustrer ses théories sur la nature et la providence. Il a pour cadre l'île de France, que Bernardin décrit comme une terre luxuriante et vierge de toute corruption sociale, où les sentiments sont en harmonie avec la nature et l'âme communie avec l'univers. Pour Bernardin, cette île paradisiaque et utopique est un refuge pour l'imagination et la rêverie. A travers elle, il poursuit l'espoir d'un retour à l'âge d'or et à l'innocence primitive. Si cette oeuvre peut paraître aujourd'hui démodée, elle échappe néanmoins à la mièvrerie : les description  charment par la minutie du détail, par la poésie. Les paysages exotiques transportent par le lyrisme et la sensualité qui se dégagent de leur évocation. Avec ce roman, Bernardin de Saint-Pierre amorce un tournant important dans l'histoire de la littérature. Son goût pour l'exotisme et la rêverie annonce le romantisme.

one vie comblée d'honneurs

A la même période, Bernardin de Saint-Pierre forme plusieurs projets successifs, ayant tous pour but la découverte de terres inconnues et la création de nouvelles sociétés. Il voudrait organiser une colonie formée d'individus des classes sociales malheureuses ou bien tenter l'aventure en Amérique. Les révolutionnaires de 1789  trouvent dans les discours de Bernardin un écho de leurs propres aspirations à un  monde nouveau et meilleur. Bernardin va donc participer à sa façon à la Révolution. En 1789, il rédige "Les Voeux d'un
solitaire" et, l' année suivante, publie une nouvelle intitulée "La Chaumière indienne",
l'on voit un savant découvrir le secret de la vérité et du bonheur, après avoir mené une vie misérable dans une cabane. Pour Bernardin, les années qui succèdent à la Révolution sont paisibles, marquées par le succès. En 1792, il est nommé intendant du Jardin des Plantes et du Cabinet d'histoire naturelle. En 1794, il est professeur de morale républicaine à l'École normale supérieure. En 1795, il est reçu à l'Institut. L' année suivante, il écrit "Les Harmonies de la nature", publié après sa mort, où il tente de démontrer que la contemplation d'un paysage influe sur l'âme. Au cours de ces mêmes années, il épouse Félicité Didot, qui lui donne deux enfants appelés Paul et Virginie. Après la mort de sa première femme, il se remarie en 1800. Grâce à la réédition de "Paul et Virginie" en 1806, il vivra dans l'aisance jusqu'à sa mort, en 1814.


Notes

<<Sa doctrine est souvent contestable, surtout dans sa partie scientifique. Il  s'est trompé, mais de bonne foi : il a toujours cherché la vérité : il ne s'est jamais opiniâtré sciemment dans l'erreur. Il a cherché a augmenter un peu la somme du bonheur général : ses livres ont fait plutôt du bien. lls ont eu une influence littéraire considérable, et c'était justice, car Bernardin a été un grand écrivain. Il a été un précurseur, et non un copiste. >>

Maurice Souriau, Bernardin de Saint-Pierre d' après ses manuscrits, Slatkine, Genève, 1970

 <<Voilà comment j'ai compris Bernardin de Saint-Pierre. Il a connu peu de choses, encore qu'il ait voulu
tout expliquer ; mais il a constamment
  regardé et vivement senti sur la terre. Chaque fois que son intelligence se contenta de suivre les suggestions de la vue, il fit un chef-d'oeuvre ou des éléments de chef-d'oeuvre. Il vécut un long âge, ce qui est un art primitif que nous négligeons : et, pour avoir vieilli à cette poétique besogne de marcher sous beaucoup de soleils, il mérite que son nom vole longtemps sur un globe qu'il a plus que personne enseigné à parcourir avec ravissement. Comptez, exagérez même ses défauts : c'est encore un homme qui a maintes parties d'un grand homme. >>

Fernand Maury, Étude sur la vie et les oeuvres
de Bernardin de Saint-Pierre, Slatkine,


Paul et Virginie

"Paul et Virginie" deviendra un livre phare pour beaucoup d'auteurs de la première moitié du XIX ème siècle, et pourtant leur amour exclut tout ce que le romantisme met dans les relations amoureuses : la jalousie, la rivalité, l'infidélité, le dédoublement  de l'érotisme (ange et démon, chair et esprit) ou l'adultère. Leur innocence, malgré la pudeur de Virginie, donne à leurs relations une dimension qui ne serait pas crédible si le cadre de l'histoire n'avait été une île encore à l'abri des moeurs de l'Europe.

Un amour idéal

Comme Roméo et Juliette ou Tristan et Iseult, "Paul et Virginie" sont les personnages symboliques d'un amour parfait. Élevés par leurs mères que la société a rejetées, ils grandissent dans l'île de France (aujourd'hui île Maurice) et jouissent d'une éducation très rousseauiste, en parfaite harmonie avec la nature. Leurs vertus sont spontanées, innées et leur innocence les préserve du mal tant en actes qu'en pensées. Mais Virginie est la seule héritière d'une vieille tante qui vit en France et, afin d'assurer à sa mère et à celle de Paul une vie plus paisible, elle part chercher son dû. Les contacts avec la société s'avèrent difficiles pour la jeune fille qui n'a pas plus d'éducation qu'une soubrette, et Paul se lamente de cette interminable séparation. Leur amour est si fort, la vie en Europe tellement impossible que Virginie rentre quelques années plus tard. Hélas, la mer ne laissera pas aux jeunes amants le temps de se revoir : Virginie meurt, noyée, sous les yeux de ses proches.

L'ombre de Rousseau

Ce roman, réécrit plusieurs fois pour atteindre la perfection, est définitivement édité en 1787. Après Rousseau, Bernardin de Saint-Pierre s'engage dans la voie des théories sociales et humanitaires. Comme son maître à penser, il est un des précurseurs du romantisme et, sinon le créateur, du moins l'initiateur d'une littérature exotique qui comptera parmi ses représentants des auteurs tels que Chateaubriand, Flaubert, Loti ou Heredia. "J'ai tâché, écrivit-il, de peindre un sol et des végétaux différents de ceux de  l'Europe. Nos poètes ont assez reposé leurs amants sur les bords des ruisseaux, dans les prairies et sous le feuillage des hêtres." Mais les amants de Bernardin, à la différence des autres, sont naturellement bons, et s'ils sont élevés au milieu de "nègres", c'est pour représenter l'humanité dans sa primitive ignorance, innocente et vertueuse par rapport à une société corrompue. Avec "Paul et Virginie", Bernardin de Saint-Pierre s'est fait plus rousseauiste que  Rousseau lui-même.

Extraits :

Il répéta en tremblant ces mots : "Mon fils... mon fils... Vous ma mère, lui dit-il. vous qui séparez le frère d'avec la soeur ! Tous deux nous avons sucé votre lait .. tous deux, élevés sur vos genoux, nous avons appris de vous à nous aimer,  tous deux, nous nous le sommes dit mille fois. Et maintenant vous l'éloignez de moi ! Vous l'envoyez en Europe dans ce pays barbare qui vous a refusé un asile, et chez des parents cruels qui vous ont vous-même abandonnée. Vous me direz : Vous n'avez plus de droits sur elle, elle n'est pas votre soeur. Elle est tout pour moi, ma richesse, ma famille, ma naissance, tout mon bien. Je n'en connais plus d'autre. Nous n'avons eu qu'un toit, qu'un berceau ;  nous n'aurons qu'un tombeau. Si elle part, il faut que je la suive. Le gouverneur m'en empêchera ? M'empêchera-t-il de me jeter à la mer ? je la suivrai à la nage. La mer ne saurait m'être plus funeste que la terre. Ne pouvant vivre ici près d'elle, au moins je mourrai sous ses yeux, loin de vous. Mère barbare , femme sans pitié, puisse cet océan où vous l'exposez ne jamais vous la rendre, puissent les flots vous rapporter mon corps, et, le roulant avec le sien parmi les cailloux de ces rivages, vous donner, par la perte de vos deux enfants. un sujet éternel de douleur." A ces mots je le saisis dans mes bras ;  car le désespoir lui ôtait la raison. Ses yeux étincelaient  ;  la sueur coulait à grosses gouttes sur son visage en feu ; ses genoux tremblaient,  et je sentais dans sa poitrine brûlante son coeur battre à coups redoublés.

                                               
****

On vit alors un objet digne d'une éternelle pitié : une jeune demoiselle parut dans la galerie de la poupe du "Saint- Géran", tendant les bras vers celui qui faisait tant d'efforts pour la joindre. C'était Virginie. Elle avait reconnu son amant à son intrépidité. La vue de cette aimable personne, exposée à un si terrible danger, nous remplit de douleur et de désespoir. Pour Virginie, d'un port noble et assuré, elle nous faisait signe de la main, comme nous disant un éternel adieu. Tous les matelots s'étaient jetés à la mer. Il n'en restait plus qu'un sur le pont, qui était tout nu et nerveux comme Hercule. Il s'approcha de Virginie avec respect : nous le vîmes se jeter à ses genoux, et s'efforce même de lui ôter ses habits ;  mais elle, le repoussant avec dignité, détourna de lui sa vue. On entendit aussitôt ces cris redoublés des spectateurs : "Sauvez-la, sauvez-la .. ne la quittez pas !" Mais dans ce moment une montagne d'eau d'une effroyable grandeur s'engouffra entre l'île d'Ambre et la côte, et s'avança en rugissant vers le vaisseau, qu'elle menaçait de ses flancs noirs et de ses sommets écumants. A cette terrible vue le matelot s'élança seul à la mer ; et Virginie, voyant la mort inévitable, posa une main sur ses habits, l'autre sur son coeur, et levant en haut des yeux sereins, parut un ange qui prend son vol vers les cieux.

Notes :

"Il est certain que le charme de Paul et Virginie consiste en une certaine morale mélancolique qui brille dans l'ouvrage, et qu'on pourrait comparer à cet éclat uniforme que la lune répand sur une solitude parée de fleurs. Or, quiconque a médité l'Evangile doit convenir que ces préceptes divins ont précisément ce caractère triste et  tendre. Bernardin de Saint-Pierre qui, dans ses Études de la nature, cherche à justifier les voies de Dieu, et à prouver la beauté de la religion, a dû nourrir son génie de la beauté des livres saints."

Chateaubriand, Le Génie du christianisme, 1802

"(...) Bernardin à l'image légère. Toutes ces harmonies, tous ces contrastes, ces réverbérations morales dont il a tant parlé dans les Études et dont il traçait une poétique un peu vague, il les a ici réalisés dans un cadre heureux, où, dès l'abord, le site, les noms des lieux, les aspects divers du paysage sont faits pour éveiller les pressentiments et pour concourir à l'émotion de l'ensemble."

Sainte-Beuve, Les Causeries du lundi, tome IV

"Après Rousseau, dont La Nouvelle Héloïse avait connu un engouement du même ordre, Bernardin avait  touché la corde sensible en s'adressant au coeur. Son roman marque le point d'aboutissement littéraire, il est le résultat fatal d'une évolution qui, depuis l'abbé Prévost, s'efforce de substituer à l'esthétique
classique une esthétique dont la sensibilité est l'élément essentiel."

P. Trahard, éditions Garnier, 1958

Partager cet article

Repost 0
Published by Cathou
commenter cet article

commentaires

de la hogue 21/02/2013 19:01

j ai une ancienne photo de paul et virginie en noir et blanc

Présentation

  • : Le blog de Cathou
  • Le blog de Cathou
  • : Bonjour à tous.... Une approche de certains écrivains ; vie, œuvres, extraits. A l'attention de la personne "ANONYME" qui se reconnaîtra.... : je n'ai jamais voulu m'approprier ce travail, j'ai noté dans ma page d'accueil les sources :Ce blog sans prétention aucune a été crée à partir de fiches -collection Atlas - et d'ouvrages - collection Lagarde et Michard et collection Nathan "Grands écrivains du Monde", -
  • Contact

Divers personnages....


DANTE


                                                                                                      Béatrice Portinari









Dante par Giotto








Première page de la Divine Comédie













************************************************






SOPHOCLE



http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/9/92/Sophocles.jpg/220px-Sophocles.jpg

                                                                                                            


     
       

                      

                                                                                                       Antigone




http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/fc/Philoctetes_Hermonax_Louvre_G413.jpg/180px-Philoctetes_Hermonax_Louvre_G413.jpg

Philotecte abandonné par les Grecs







http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/ff/Sophocles_CdM_Chab3308.jpg/180px-Sophocles_CdM_Chab3308.jpg
Sophocle  Bas relief en marbre









Sophocle




*********************************************************************************




http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/3f/Sanzio_01_Pythagoras.jpg/220px-Sanzio_01_Pythagoras.jpg

Pythagore



http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/ca/Plato_Symposium_papyrus.jpg/220px-Plato_Symposium_papyrus.jpg

Le Banquet manuscrit sur papyrus.






Platon par Raphaël





http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/a4/Aristoteles_Louvre.jpg/200px-Aristoteles_Louvre.jpg

ARISTOTE





Aristote par Raphaël




http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/9/98/Sanzio_01_Plato_Aristotle.jpg/200px-Sanzio_01_Plato_Aristotle.jpg


Aristote sur une fresque murale à Rome




http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/ac/BattleofIssus333BC-mosaic-detail1.jpg/300px-BattleofIssus333BC-mosaic-detail1.jpg


Alexandre à une bataille






http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/7/79/AlexanderAndLion.jpg/300px-AlexanderAndLion.jpg



Alexandre combattant un lion







http://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/thumb/3/38/Alexander_on_Bucephalus_bronze_statue.jpg/200px-Alexander_on_Bucephalus_bronze_statue.jpg



Bronze - Alexandre









Buste d'Alexandre le Grand







http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/3b/Alexander_and_Aristotle.jpg/250px-Alexander_and_Aristotle.jpg

Alexandre et Aristote





http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/c1/Grandes_chroniques_Roland.jpg/300px-Grandes_chroniques_Roland.jpg
Enluminure "Chanson de Roland"










http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/1/18/Mort_de_Roland.jpg/300px-Mort_de_Roland.jpg
Mort de Roland à Ronceveaux
















http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d6/Charlemagne_and_Pope_Adrian_I.jpg/250px-Charlemagne_and_Pope_Adrian_I.jpg
Charlemagne et le Pape Adrien I






http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/7/75/Charlemagne_et_Louis_le_Pieux.jpg/250px-Charlemagne_et_Louis_le_Pieux.jpg


Charlemagne et son fils Louis le Pieux






RUTEBOEUF

                            



http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:CSPIsFWD7EZ5VM:http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/5f/Jean_de_Joinville.jpg






Ruteboeuf par Clément Marot

Archives