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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 09:00


1869  1951


Homme d'influence - sur la jeunesse, par ses incitations à l' émancipation, et sur la vie littéraire de son époque -, Gide fut avant tout une conscience qui se cherche et s'expose en toute sincérité.

La composition "en abîme"  est un procédé littéraire que Gide affectionnait et dont il empruntait le terme à l'art du blason. Il gide0001.jpgs'agit d'insérer dans le coeur de l' oeuvre une image réduite de l' oeuvre elle même. Par extension, elle désigna la technique dite du "roman dans le roman", l'un des personnage du récit étant lui-même romancier à l' oeuvre, technique judicieusement adaptée à l'esprit critique et toujours distancié de Gide. Le meilleur exemple en est "Les Faux-Monnayeurs".

Le faux confort de la bourgeoisie protestante

  <<A cet âge innocent où I'on voudrait que toute I'âme ne  soit que transparence, tendresse et pureté, je ne revois en moi qu'ombre, laideur, sournoiserie.>> (Si le grain ne meurt). Telle fut la part d'ombre du jeune enfant unique et choyé, protégé des difficultés de l'existence par la fortune familiale, mais supportant d'autant plus difficilement le rigorisme maternel (Gide perdit son père à I'âge de dix ans) qu'une sensualité précoce et honteuse le tenaillait. Lumières de ce tableau sombre, cependant : les joies des vacances au pays d'Uzès et I'amour idéaliste qui l'attacha à sa cousine, Madeleine Rondeaux, jeune fille blessée et à l'âme profonde. Déjà les sens et I'esprit, déjà une conscience partagée...

Si le jeune dandy de vingt ans, ami de Pierre Louÿs, fréquentant Barrès et Mallarmé, a fermement conscience de sa vocation d'écrivain, I'impulsion décisive lui manque encore, qui décidera de sa voie propre. "Les Cahiers d'André Walter" (1891) sont une oeuvre de jeunesse, ampoulée et romantique," Le Traité du Narcisse" (1891) exhale des relents de symbolisme. En cette fin de siècle, le petit monde parisien des cénacles littéraires sent le renfermé : il est temps d'ouvrir les fenêtres.

L'Immoraliste

Et c'est la grande rencontre, celle de l' Afrique du Nord, où un premier voyage conduit Gide d'octobre 1893 au printemps 1894. lvresse des sens retrouvés, joies du corps et ingénuité d'une sexualité vécue sans entraves et sans honte, avec de jeunes garçons de rencontre. De cette jubilation, deux oeuvres majeures http://pagesperso-orange.fr/mondalire/Images/photos/nourritures.jpgconserveront la marque : ce sont "Les Nourritures terrestres"  (1897), vibrant appel à l' émanci pation, rédigé dans une prose Iyrique et sensuelle, et   "L' lmmoraliste" (1902), dont le style, d'un classicisme épuré, sera désormais la  "patte" de I'auteur. Suivant une pente qui lui est naturelle, Gide pose ici son nouveau principe de vie tout en marquant déjà les limites : Narcisse est trop conscient de lui même pour jamais s'abîmer dans son image.

La Porte étroite

Passé la première effervescence de I'aventure africaine, l' " immoraliste"  retrouve ses préoccupations d'ordre spirituel, voire religieux. Son mariage - blanc- avec Madeleine, les deux  récits (romans courts à I'intrigue épurée) que sont  "La Porte étroite" (1909) et " La Symphonie pastorale" (1919) portent la marque de ces aspirations. Aspirations et non adhésions, car Gide se sait désormais, et se veut, irrémédiablement divers. Sa seule ligne de conduite sera la sincérité, celle que chacun doit à soi-même (jusqu'à sa propre fuite en 1918 avec Marc Allégret) et celle que I'auteur doit à ses lecteurs sans toutefois se cacher la voie étroite que constitue une telle démarche. Sans passé et sans avenir, l' " acte gratuit" de Lafcadio dans  "Les Caves du Vatican" est finalement absurde : iI marque les limites d'une morale de la sincérité. Quant au refus du mensonge, il  ne doit pas leurrer l' écrivain . Comme la fausse monnaie des "Faux-Monnayeurs" (1925-1926) - roman sophistiqué mais quelque peu désincarné - le mensonge est chose pernicieuse : iI circule et corrompt chacun.

Engagements et désengagement

Homme d'influence, André Gide s'est senti quelque peu embarrassé par le magistère moral qu'on lui attribua, notamment sur la jeunesse. Un voyage au Congo, dans I'entre-deux-guerres, fut le point de départ d'un nouveau type d'engagement, contre I'injustice sociale. Pourfendeur du colonialisme, bientôt compagnon de route du Parti communiste, Gide n' était cependant pas de nature à se laisser embrigader. "Retour de l' URSS"  (1936) et" Retouches", qui suivra, seront I'occasion d'une mise au point. Plus profondément, dans la dernière partie de son existence, Gide se dit désengagé ; il n'a plus la même soif d'écrire. Entre ses nombreux voyages (car il restera jusqu'au bout avide de " nourritures terrestres", iI publie  le "Journal" qu'il n'a cessé de tenir au cours de son existence.   II s'éteint à Paris, en 1951, à l' age de 81 ans.

Postérité de Gide

Force est de constater que l' oeuvre d' André Gide ne jouit plus, beaucoup s'en faut, de la  <<vogue >> qui fut la sienne des années 20 à la mort de l'auteur, et même un peu au-delà. Le parfum de scandale s'est quelque peu éventé ; quant aux  oeuvres <<religieuses>>, elles sonnent aujourd'hui étrangement faux. <<Révolutionnaire >> dans sa morale, sans être allé jusqu' au bout de son engagement, conservateur par son style, Gide donne parfois l'impression irritante de n'avoir jamais été tout entier là où il était. Reste I'exaltation Iyrique des "Nourritures terrestres",  reste une prose d'un classicisme épuré, reste enfin et surtout I'honnêteté d'une démarche, celle d'une conscience exigeante, toujours en quête, éternellement en devenir.


Notes :

<<Gide, et c'est en quoi sa pensée demeure étonnamment et passionnément moderne, actuelle, quoique
intempestive toujours, Gide, c'est un devenir, un itinéraire, une conscience en mouvement, en genèse illimitée : une conscience qui existe. (...)
Si doivent jamais advenir quelques amoindrissements de la liberté, on ne pourra pas ne pas se souvenir - ingratement ou non, mais Gide s'en fût-il vraiment soucié ? - de cet exemple, maintenir, pour choisir et s'engager, c'est-à-dire, pour un temps, le renier...>>

-Claude Martin, Gide, coll. Écrivains de toujours, Éditions du Seuil,1963

<<Et telle est la seconde infortune, aujourd 'hui, de Gide : ces combats, il les a tous gagnés - non certes définitivement  mais l'époque les a faits siens et semble n'avoir plus besoin de lui. Il n'est plus ni scandaleux ni aussi nécessaire d'exalter la nudité sur la plage, de dénoncer le carcan des religions réduites à un moralisme puritain et à un dolorisme hypocrite, de revendiquer une place pour Corydon, de condamner le système colonial, de proclamer la lutte nécessaire contre l'exploitation capitaliste de l'homme par I'homme - mais aussi de protester contre tous les stalinismes -, de faire le procès des genres littéraires traditionnels, en particulier du roman, de mettre en question la psychologie ignorante de I'inconscient, etc. >>

-Claude Martin, dans Dictionnaire des littératures de langue française, Bordas, 1987



LES CAVES DU VATICAN

Amédée Fleurissoire, parti délivrer le pape qu'iI croit retenu prisonnier au Vatican, est tué sans aucune raison par le jeune Lafcadio, fils du comte de Baraglioul.

Gide ne voulait pas être considéré comme un romancier. lI qualifie "Les Caves du Vatican" de  <<sotie>>, c' est-à dire de satire, de divertissement, et ses autres livres seront des "traités". des "récits".
André Gide
tira lui-même de ce roman une pièce de théâtre fort curieuse qui fut jouée pour la première fois en 1951.

Le crime de Lafcadio

Le comte Juste-Agénor de Baraglioul, au seui! de sa mort, charge son fils Julius d'enquêter sur un certain Lafcadio, jeune Roumain de dix-neuf ans. Celui-ci apprend de la bouche du comte qu'il est son fils et hérite d'une partie de sa fortune.
Pendant ce temps, Protos et sa bande de brigands font courir le bruit que le pape est retenu prisonnier dans les caves du Vatican et qu'un sosie le remplace. Amédée Fleurissoire, beau-frère de Julius, part délivrer le pape, mais Lafcadio le tue en le précipitant du train qui relie Rome à Naples. Protos, qui a tout vu, tente en vain de l'enrôler dans sa bande. La mort d' Amédée ramène Julius à une foi plus rigoureuse, et Anthime, un autre beau-frère de Julius, renie au contraire sa récente conversion. Protos, livré à la police par son amie Carola qui le croit coupable du meurtre, finit en prison. Pour Lafcadio commence une période de doutes : doit-i! se dénoncer et innocenter Protos ? Doit-i!, comme le lui suggère Julius, se réfugier dans la foi ?


Un conte philosophique


Cet ouvrage, curieux de prime abord, entremêle les genres : satire, conte phi!osophique, intrigue policière digne d' Arsène Lupin, roman... L'ensemble est empreint d'ironie, de cocasserie, voire d'invraisemblances, mais développe un des thèmes  majeurs de l'oeuvre de Gide : l'acte gratuit, proche d'un certain nihilisme, sans raison ni profit. Cette attirance pour le crime est analysée par l'auteur en des termes qui rappellent les études psychiatriques modernes. A chacun des cinq personnages principaux est consacrée une partie du livre : l'unité de l'ensemble nous est révélée, lors de la mort de Fleurissoire, par Lafcadio qui s'écrie : "Ce vieillard est ún carrefour." Il est en effet le point central où se croisent tous les destins : parmi ceux-ci, Gide oppose les âmes faibles, soumises aux traditions et aux dogmes religieux, à Lafcadio, être pur et libre, qui n'est pas "embaraglioulé". L'auteur attaque ainsi de nombreux idées sommaires et préjugés  caractéristiques de la "fin de siècle"

La rupture entre Claudel et Gide fut consommée après la publication des "Caves du Vatican" (1914). Claudel reprocha à l' auteur certains passages sur l' homosexualité mais surtout l' exaltation du crime gratuit, qui s' oppose aux principes catholiques de l' auteur du "Soulier de satin".

Extraits :

Lafcadio apprend qu'il est le fils du comte de Baraglioul

<<Lafcadio Wluiki, reprit Juste-Agénor quand il fut redressé, mes instants sont comptés .. je ne lutterai pas de finesse avec vous.. cela me fatiguerait. Je consens que vous ne soyez pas bête .. il me plaît que vous ne soyez pas laid. Ce que vous venez de risquer annonce un peu de braverie, qui ne vous messied pas ..j' ai d'abord cru à de l' impudence, mais votre voix, votre maintien me rassurent. Pour le reste, j' avais demandé à mon fils Julius de m'en instruire .. mais je m' aperçois que cela ne m'intéresse pas beaucoup, et m'importe moins que de vous avoir vu. Maintenant, Lafcadio, écoutez-moi : Aucun acte civil, aucun papier ne témoigne de votre identité. J' ai pris soin de ne vous laisser les possibilités d' aucun recours. Non, ne protestez pas de vos sentiments, c' est inutile ; ne m' interrompez pas. Votre silence jusqu' aujourd' hui m'est garant que votre mère avait su garder sa promesse de ne point vous parler de moi (..) >>

                               ***

Le hasard décide de la mort de Fleurissoire

<< Un crime immotivé, continuait Lafcadio : quel embarras pour la police ! Au demeurant, sur ce sacré talus, n' importe qui peut, d' un compartiment voisin, remarquer qu'une portière s' ouvre, et voir l' ombre du chinois cabrioler. Du moins les rideaux du couloir sont tirés... Ce n' est pas tant des événements que j' ai curiosité, que de soi-même. Tel se croit capable de tout, qui, devant que d'agir, recule... Qu'il  y a loin, entre l' imagination et le fait !...Et  pas plus le droit de reprendre son coup qu'aux échecs. Bah.! qui prévoirait  tous les risques, le jeu perdrait tout intérêt  !... Entre l'imagination d'un fait et...
Tiens !  le talus cesse. Nous sommes sur un pont, je crois ..une rivière... >>.(...)

<<Là, sous ma main, cette double fermeture - tandis qu'il est distrait et regarde au loin devant lui - joue, ma foi ! plus aisément encore qu' on eût cru. Si je puis compter jusqu' à douze, sans me presser, avant de voir dans la campagne quelque feu, le tapir est sauvé. Je commence : Une .. deux .. trois .. quatre .. (lentement ! lentement ! ) cinq.. six.. sept .. huit ..neuf.. Dix, un feu!...>>

Après le geste impulsif viennent les doutes

<< Et moi qui commençais de vous aimer !... >>
C' était dit sans méchante intention. Lafcadio ne s'y pouvait méprendre. Mais, pour inconsciente, cette phrase n'en était pas moins cruelle, et l' atteignit au coeur. II releva la tête, raidi contre l'angoisse qui brusquement l' étreignit. II regarda Julius : - Est-ce là vraiment celui dont hier je me sentais presque le frère ? se disait-il. II promena ses regards dans cette pièce où, l' avant-veille, malgré son crime, il avait pu causer si joyeusement ;  le flacon de parfum était encore sur la table, presque vide..

Notes :

Le personnage de Lafcadio deviendra une référence pour beaucoup de jeunes gens de I'entre-deux- guerres : <<Être soi, "s'exiger tel qu'on est", libre de la société, libre de son passé, infiniment disponible, ces thèmes, qui figuraient déjà dans "Les Nourritures", sont repris en 1914 dans "Les Caves du Vatican", roman (...) qui devra surtout son immense influence au personnage de Lafcadio, vivante et fascinante illustration de la théorie de I'  "acte gratuit", c'est-à-dire de I'acte qui n'a pas de cause, ne sert à rien, n'est fait que par plaisir pur, et où I'on peut voir comme l'apogée de la disponibilité gidienne. >>
- Jacques Patry, Dictionnaire des auteurs, Laffont, 1957

L'opposition entre le personnage de Lafcadio et le ton général de la pièce est frappante : <<Le sujet est de grosse farce, inspiré d'un fait divers réel et rocambolesque, mais I'anecdote importe peu, et ses vertus anticléricales (...) sont secondaires : i! ne s'agit que de faire rire, et que ce rire, comme celui que déclenchaient les soties médiévales, soit libérateur. La scène n'est habitée que par des fantoches, à l'exception de celui qui apparut le héros gidien par excellence : Lafcadio. >>
- Claude Martin, Gide, Seui 1974

Gide lui-même tentera de définir l'acte de Lafcadio : <<L'homme agit soit en vue de, et pour obtenir... quelque chose ; soit simplement par motivation intérieure... >>
- Gide, Lettre sur les faits divers

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Divers personnages....


DANTE


                                                                                                      Béatrice Portinari









Dante par Giotto








Première page de la Divine Comédie













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SOPHOCLE



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                                                                                                       Antigone




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Philotecte abandonné par les Grecs







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Sophocle  Bas relief en marbre









Sophocle




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Pythagore



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Le Banquet manuscrit sur papyrus.






Platon par Raphaël





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ARISTOTE





Aristote par Raphaël




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Aristote sur une fresque murale à Rome




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Alexandre à une bataille






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Alexandre combattant un lion







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Bronze - Alexandre









Buste d'Alexandre le Grand







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Alexandre et Aristote





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Enluminure "Chanson de Roland"










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Mort de Roland à Ronceveaux
















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Charlemagne et le Pape Adrien I






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Charlemagne et son fils Louis le Pieux






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