Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 10:58


1871    1922

La fascination que l'oeuvre de Proust exerce aujourd'hui sur les lecteurs, sur les universitaires, sur les critiques (comme en témoigne l'énorme bibliographie) et sur les écrivains eux-mêmes, peut apparaître comme un paradoxe.

"La Recherche du temps perdu" se présente par bien des côtés comme l'aboutissement d'une lignée traditionnelle du roman psychologique et analytique français, celle de la "Princesse de Clèves", d' "Adolphe", du "Rouge et le Noir", plutôt que comme l'annonce d'un roman nouveau. Jean-Paul Sartre a dénoncé, dans cette littérature de l'intériorité, le triomphe du subjectivisme et de l'idéalisme bourgeois. Flaubert, par exemple, tente de faire surgir l'irréductible réalité du monde, et en particulier de l'objet ; Proust la réduit à une simple représentation du "moi". Kafka confronte sans commentaires son lecteur avec l'irrationnel ; Proust  explique, développe, analyse, donc rassure.
La vie de Proust, anodine, casanière, est, d'un bout à l'autre, vouée à l'écriture; Proust, comme Flaubert ou Kafka, a vécu la littérature comme un absolu. Les quelques péripéties de son existence, ses rares voyages, et même les événements historiques qu'il a vécus, l'affaire Dreyfus ou la guerre de 1914, n'ont été que les matériaux de ce travail solitaire et acharné qui échappe à toute description biographique.

                                           ************

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/7/7e/Marcel_Proust_1900.jpg/200px-Marcel_Proust_1900.jpghttp://www.geneall.net/img/pessoas/pes_346367.jpgMarcel Proust est né à Paris, le 10 juillet 1871. Son père, le professeur Adrien Proust (ci contre)  est médecin  : la "tribu" des médecins, ses pratiques et son langage, font l'objet dans "la Recherche" d'une satire quasi moliéresque.  L'univers paternel a dû apparaître au jeune Marcel comme un monde radicalement étranger, contrairement à celui de sa mère, Jeanne Proust (en bas à droite), et de sa grand-mère maternelle, cultivées et sensibles, qui, transposées dans la "Recherche", symbolisent toutes deux la puissance de I'amour vrai, de I'amour sans jalousie. Elles inspirent aussi en partie les considérations de Proust sur une autre tribu importante du roman, celle des Juifs.

http://www.geneall.net/img/pessoas/pes_346368.jpgEn 1873, naît Robert Proust : ce frère cadet est absent du roman, peut-être par I'effet d'une inconsciente http://www.geneall.net/img/pessoas/pes_343753.jpgjalousie, peut-être pour des raisons esthétiques. Il rejoindra plus tard le (côté du père), non seulement en devenant médecin à son tour, mais surtout en incarnant aux yeux de Marcel la <<normalité>> du monde adulte. L'enfance de Proust a sans doute été moins marquée par l'appartement familial du boulevard Malesherbes (quartier dont I'écrivain ne s'éloignera jamais beaucoup), que par le jardin des Champs-Elysée, cadre presque quotidien de ses jeux enfantins. Ce sont aussi deux jardins, celui de son oncle Louis Weil à Auteuil, et surtout celui de sa tante paternelle  Elisabeth Amiot à Illiers, petit village proche de Chartres où il passait ses vacances, qui composent le Combray de la "Recherche", tandis que les villages voisins de Méréglise et Saint-Eman, transformés en Méséglise et Guermantes, les deux <<côtés>>, donnent au roman à la fois une géographie d une structure.

En 1881, Proust passe ses premières vacances à Cabourg, où il reviendra souvent.

En 1882, il entre au Iycée Condorcet, où jusqu'en 1889, il poursuit des études assez brillantes. Il y subit notamment l'influence de deux professeurs, Maxime Gaucher, qui lui donne confiance en lui, en faisant I'éloge hyperbolique de ses dissertations françaises les plus Iyriques, et Darlu, professeur de philosophie (que I'on retrouve dans le Beulier de "Jean Santeuil" et, en partie, dans le Bergotte de la "Recherche"), qui, exigeant et ironique, lui donne au contraire le sentiment de la difficulté d'écrire. Avec ses camarades Jacques Bizet, Robert de Flers, Daniel Halévy, il crée une éphémère revue d'inspiration symboliste, la Revue lilas.

En 1889, Proust, qui a devancé I'appel, part en garnison à Orléans. Au moment de sa libération, il demande une prolongation de quelques mois, de même que plus tard, incapable de quitter les hôtels auxquels il s'est habitué, il tentera souvent d'y rester après leur fermeture.
La caserne a sans doute été le dernier des refuges qui le protégeaient de la réalité et de la nécessité d'affronter I'âge adulte.

En 1890 meurt Nathé Weil, son grand-père du côté de sa mère.

La <<vocation invisible>>  (1890-1906)

Sur les instances de son père, Proust s'inscrit en 1890 à la Faculté de droit et à l'École des sciences politiques, dont il décrit ironiquement les professeurs et les cours dans "Jean Santeuil" en 1893, il prépare une licence de lettres et le concours des Affaires étrangères, puis, à partir de 1895, ayant été reçu au concours d'attaché de la Bibliothèque Mazarine, il demande, chaque hiver, jusqu' en 1900, sa mise en congé.

Ces tentatives, qui n'auront pas de suite, lui laissent tout le temps de se consacrer à la quête des salons aristocratiques. Chez Madame de Caillavet, il rencontre Anatole France, un autre modèle de Bergotte, et chez Madame Straus, Charles Haas, l'une des  <clefs>> du personnage de Swann. Il est introduit chez la princesse Mathilde, et chez I'aquarelliste Madeleine Lemaire, dont le château de Réveillon est souvent évoqué dans Jean http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/1/10/Montesquiou%2C_Robert_de_-_Boldini.jpg/200px-Montesquiou%2C_Robert_de_-_Boldini.jpgSanteuil.
Il se lie avec le compositeur néo-classique Reynaldo Hahn, qui ne partage pas ses goûts wagnériens et debussystes, mais lui fait découvrir Saint-Saëns, dont le personnage de Vinteuil est en partie inspiré, et avec le comte de Montesquiou, esthète fantasque, homosexuel orgueilleux et susceptible : il est l'un des modèles de Charlus, tandis que sa tante, la comtesse Greffulhe, a prêté certains de ses traits à la duchesse de Guermantes.

L'influence de son homosexualité sur son oeuvre est pour sa part importante puisque Marcel Proust fut l'un des premiers romanciers européens à traiter ouvertement de ce sujet dans ses écrits.

Dès 1892, il a commencé à publier des chroniques et des études dans le Banquet et la Revue Blanche, des articles dans le Gaulois. Mais Les "Plaisirs et les Jours", parus en 1896 avec une préface d'Anatole France et des illustrations de Madeleine Lemaire n'ont dû montrer aux amis de l'écrivain qu'un reflet assez fidèle du jeune snob brillant et cultivé qu'ils connaissaient. Quant au premier roman de Proust , "Jean Santeuil",  composé de 1895 à 1899, qui révèle une tout autre ambition, il reste, inachevé, dans les tiroirs de son auteur.

En 1898, l'Affaire Dreyfus entre dans sa phase aiguë : Proust suit de près les événements, et assiste même à quelques séances du procès Zola, assez fidèlement relatées dans Jean Santeuil. Dreyfusard, donc rangé dans le <<parti intellectuel>>, il prend certaines distances à l'égard de la société mondaine.

De 1899 à 1902, ce sédentaire est saisi par une fièvre de voyages, à Amiens, à Rouen, en Ile-de-France, a Venise, qui ont tous le même inspirateur : Ruskin, historien anglais de l'art médiéval, et en particulier du gothique français, dont Proust traduit, avec l'aide d'une amie-anglaise, Marie Nordlinger, La Bible d'Amiens et Sésame et les Lys. Il  découvre ainsi l'architecture gothique, mais aussi la peinture italienne (Botticelli, est surtout Giotto) et la peinture anglaise : la leçon d'impressionnisme donnée par Turner <<peindre non ce que je sais, mais ce que je vois>> inspirera le personnage d'Elstir, mais infIuencera aussi l'écriture proustienne. Il semble pourtant que le dernier et le plus désiré de ces <<voyages esthétiques>>, à Venise et à Padoue, ait été, malgré la présence maternelle, une déception.


Décevantes aussi, la plupart des amitiés aristocratiques et bourgeoises, sans doute compliquées est faussées par l'homosexualité : la <<société secrète>>  formée avec Lucien Daudet, Bertrand de Fénelon et les frères Bibesco est un échec, et l'homosexualité de Proust prendra désormais d'autres formes : jusqu'à la fin de sa vie, il se vouera presque exclusivement aux amours ancillaires (qui se rapporte aux liaisons amoureuses avec des servantes).

On retrouve dans la "Recherche"  la double critique du voyage et de l'amitié, condamnés au nom d'une même exigence de solitude et de création, qui sans doute s'impose alors à Proust de plus en plus nettement. http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/5/57/MS_A_la_recherche_du_temps_perdu.jpg/180px-MS_A_la_recherche_du_temps_perdu.jpgCependant, les rapports de Marcel avec ses parents deviennent critiques : à 31 ans, il vit encore dans sa chambre d'enfant, et ses habitudes dépensières multiplient les occasions de tension avec sa famille inquiète.
Le mariage de Robert, en 1903, contribue à lui faire prendre conscience de sa <<différence>>. Aussi la mort d'Adrien Proust en 1903 et celle de Jeanne Proust en 1905, le libèrent-elles de certaines contraintes et de certains scrupules, qui le retenaient notamment d'écrire sur l'homosexualité. Déçu par le monde, par le voyage, par l'amitié, il n'a plus de recours qu'en lui-même, et l'histoire de sa vie se confond dès lors étroitement avec celle de son oeuvre.


En 1906, Proust s'installe dans la chambre du boulevard Haussmann, qu'il fait tapisser de liège pour se protéger du bruit, et dans laquelle il multiplie les fumigations pour lutter contre des crises d'asthme de plus en plus fréquentes. Il a pris l'habitude de travailler la nuit, et de dormir de 8 heures du matin à 3 ou 4 heures de l'après- midi.
Cette vie de reclus est seulement rythmée par quelques dates de publication : en 1906, paraît la traduction de "Sésame et les lys", accompagnée d'une longue préface et d'un important appareil de notes, et en 1908-1909 http://cot.priceminister.com/photo/856841351_L.jpgsont publiés quelques pastiches d'écrivains du XIX ème siècle sur le thème d'une banale affaire d'escroquerie, l'affaire Lemoine.
Enfin, en 1908-1909, une étude sur la méthode critique de Sainte-Beuve, qui reste inédite, s'élargit progressivement, et débouche sur les premières ébauches de la "Recherche du temps perdu".

En 1912, Proust prend à son service comme secrétaire Alfred Agostinelli, qui lui a servi de chauffeur à Cabourg dès 1907, et auquel il s'est vivement attaché.

A la recherche d'un éditeur pour "Du côté de chez Swann", Proust se heurte aux refus de la N.R.F. (par la faute de Gide, qui n'a sans doute pas lu le manuscrit), du Mercure de France. Nul ne voit l'intérêt de ce qui apparaît alors comme un recueil désordonné de souvenirs. Grasset accepte finalement de publier le manuscrit à compte d'auteur, et "Du côté de chez Swann"  paraît le 8 novembre 1913.

En 1914, Agostinelli meurt d'un accident d'avion : on a voulu voir là le modèle de la mort d'Albertine telle qu'elle est racontée dans "La Fugitive". Quoi qu'il en soit, les événements extérieurs continuent à s'inscrire
dans l'oeuvre en cours, et à le modifier sans cesse : la guerre de 1914 tient une place importante dans "Le temps  retrouvé".

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51iwHxASshL._SS500_.jpgLa publication du roman est interrompue; en 1918, "A l'ombre des jeunes filles en fleurs"  paraît chez Gallimard, et obtient, l'année suivante, le prix Goncourt. Proust, installé rue Hamelin, publie en 1919 "Pastiches et mélanges", en 1920 "Le Côté de Guermantes I" , en 1921 "Le Côté de Guermantes II" et "Sodome et Gomorrhe I".

En
1922 paraît "Sodome et Gomorrhe II . Proust meurt le 18 novembre.

"La Prisonnière" paraît en 1923, "La Fugitive" en 1925, "Le Temps retrouvé" en 1927. En 1952, "Jean Santeui" est retrouvé, suivi, en 1954, du "Contre Sainte-Beuve".



  Au moment où Proust commence à écrire, le roman est un genre en pleine crise : les années 90 marquent
en effet dans la littérature française la fin de l'ère de la <<bonne conscience>> du roman romantique et naturaliste , et le  début, sous l'influence du symbolisme, d'un véritable procès du genre romanesque : critique de la naïveté de << l' illusion réaliste>>, mépris des trivialités de l'intrigue, de la grossièreté et du schématisme de la psychologie, de l'écriture relâchée et approximative.

Cette réaction, idéaliste ou esthétisante, intellectualiste ou spiritualiste, fait apparaître de nouvelle formes
de récit : roman critique, qui s'interroge sur sa propre légitimité, ou même raconte l'impossibilité de raconter, comme le  "Paludes" de Gide, roman à thèse ou spiritualiste, à la manière de Bourget ou Barrès, roman poétique ou d' <<impressions>>, sur le modèle des récits de Jammes et plus tard d'Alain-Fournier, influencent les différentes étapes de la recherche romanesque de Proust. On en retrouve la trace jusque dans la  "Recherche", puisque ce roman est l'histoire d'un roman, qu'il se présente comme une recherche quasi dogmatique de la vérité, et que l'écriture romanesque s'y mue en écriture poétique.

 

****

 

Réalisé en 1962, ce passionnant documentaire nous permet de voir et entendre quelques grands contemporains de Proust qui l'ont suffisamment connu pour avoir tous quelque chose d'intéressant à nous en dire. Pour certains d'entre-eux, et bien qu'ils l'ignorent, la mort est imminente : Cocteau meurt en 1963, quelques heures après avoir appris le décès de son amie Edith Piaf, Daniel Halévy meurt en 1962, quelques semaines après le tournage de ce documentaire, le marquis de Lauris et le duc de Gramont meurent en 1963 ; il était donc grand temps de recueillir leurs témoignages...

   

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Cathou
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Cathou
  • Le blog de Cathou
  • : Bonjour à tous.... Une approche de certains écrivains ; vie, œuvres, extraits. A l'attention de la personne "ANONYME" qui se reconnaîtra.... : je n'ai jamais voulu m'approprier ce travail, j'ai noté dans ma page d'accueil les sources :Ce blog sans prétention aucune a été crée à partir de fiches -collection Atlas - et d'ouvrages - collection Lagarde et Michard et collection Nathan "Grands écrivains du Monde", -
  • Contact

Divers personnages....


DANTE


                                                                                                      Béatrice Portinari









Dante par Giotto








Première page de la Divine Comédie













************************************************






SOPHOCLE



http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/9/92/Sophocles.jpg/220px-Sophocles.jpg

                                                                                                            


     
       

                      

                                                                                                       Antigone




http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/fc/Philoctetes_Hermonax_Louvre_G413.jpg/180px-Philoctetes_Hermonax_Louvre_G413.jpg

Philotecte abandonné par les Grecs







http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/ff/Sophocles_CdM_Chab3308.jpg/180px-Sophocles_CdM_Chab3308.jpg
Sophocle  Bas relief en marbre









Sophocle




*********************************************************************************




http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/3f/Sanzio_01_Pythagoras.jpg/220px-Sanzio_01_Pythagoras.jpg

Pythagore



http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/ca/Plato_Symposium_papyrus.jpg/220px-Plato_Symposium_papyrus.jpg

Le Banquet manuscrit sur papyrus.






Platon par Raphaël





http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/a4/Aristoteles_Louvre.jpg/200px-Aristoteles_Louvre.jpg

ARISTOTE





Aristote par Raphaël




http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/9/98/Sanzio_01_Plato_Aristotle.jpg/200px-Sanzio_01_Plato_Aristotle.jpg


Aristote sur une fresque murale à Rome




http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/a/ac/BattleofIssus333BC-mosaic-detail1.jpg/300px-BattleofIssus333BC-mosaic-detail1.jpg


Alexandre à une bataille






http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/7/79/AlexanderAndLion.jpg/300px-AlexanderAndLion.jpg



Alexandre combattant un lion







http://upload.wikimedia.org/wikipedia/fr/thumb/3/38/Alexander_on_Bucephalus_bronze_statue.jpg/200px-Alexander_on_Bucephalus_bronze_statue.jpg



Bronze - Alexandre









Buste d'Alexandre le Grand







http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/3b/Alexander_and_Aristotle.jpg/250px-Alexander_and_Aristotle.jpg

Alexandre et Aristote





http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/c1/Grandes_chroniques_Roland.jpg/300px-Grandes_chroniques_Roland.jpg
Enluminure "Chanson de Roland"










http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/1/18/Mort_de_Roland.jpg/300px-Mort_de_Roland.jpg
Mort de Roland à Ronceveaux
















http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d6/Charlemagne_and_Pope_Adrian_I.jpg/250px-Charlemagne_and_Pope_Adrian_I.jpg
Charlemagne et le Pape Adrien I






http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/7/75/Charlemagne_et_Louis_le_Pieux.jpg/250px-Charlemagne_et_Louis_le_Pieux.jpg


Charlemagne et son fils Louis le Pieux






RUTEBOEUF

                            



http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:CSPIsFWD7EZ5VM:http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/5f/Jean_de_Joinville.jpg






Ruteboeuf par Clément Marot

Archives