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Bonjour à tous.... Une approche de certains écrivains ; vie, œuvres, extraits. A l'attention de la personne "ANONYME" qui se reconnaîtra.... : je n'ai jamais voulu m'approprier ce travail, j'ai noté dans ma page d'accueil les sources :Ce blog sans prétention aucune a été crée à partir de fiches -collection Atlas - et d'ouvrages - collection Lagarde et Michard et collection Nathan "Grands écrivains du Monde", -

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XIX ème / Tolstoï / Anna Karénine



(source : @La Lettre.com)

"Léon Tolstoï commence "Anna Karénine"  en 1873 puis l'abandonne. Il le reprend quelques années après, et le publie en 1877.

Ce récit a été inspiré à Tolstoï par un fait divers : Le suicide d'une femme abandonnée par son amant qui était un voisin et une connaissance de Tolstoï. Cette jeune femme s'est jetée sous un train dans la petite gare de Lassenki. Tolstoï a vu son corps déchiqueté. C'est de cette image qu'est né le "destin" d'Anna Karénine".

 

                    

                      *****


Anna Karénine est une femme du monde. Sa passion pour un officier l' arrache au devoir familial et la conduit au suicide.

Une analyse de la société

Tolstoï publie en 1869 un roman historique, politique et  social : "Guerre et Paix". Pour son roman suivant il envisage l'époque de Pierre le Grand, mais il cherche à démontrer une vérité humaine qui dépasse tout cadre historique et qu'il situe donc à son époque. En 1874 -1877 paraît  "Anna Karénine", l'histoire de trois familles. Autour de la passion adultère d' Anna Karénine, figure du monde aristocratique, gravitent des intrigues secondaires ; la famille le Lévine permet de décrire la vie à la campagne, celle de Dolly confirme la crise de la famille. A travers  l'évolution de ces familles et de ces milieux sociaux et par les rapprochements et les oppositions entre les personnages, ce roman de Tolstoï est psychologique et social.

Deux personnages en parallèle

Ce roman met en parallèle deux personnages principaux : Anna Karénine et Lévine.
 Anna Karénine, mariée à un riche fonctionnaire dont elle a un enfant, s'éprend de Vronski, brillant officier. Après un profond conflit moral, elle trahit son mari et consent à abandonner son enfant pour partir à l'étranger avec son amant. Cet abandon la livre aux remords, qui détériorent sa relation avec Vronski et la conduisent au suicide. Lévine est épris de Kitty, mais il se juge indigne d'elle et part étudier à l' étranger les moyens de mettre en place une plus grande justice sociale. De retour en Russie, il vit une période  bienheureuse et épouse Kitty. La naissance d'un fils apaise ses tourments existentiels. Cet apaisement est confirmé par la rencontre d'un paysan, qui lui révèle que l'homme ne vit pas pour lui mais pour Dieu.


http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/c7/AnnaKareninaTitle.jpg/200px-AnnaKareninaTitle.jpgExtraits :

"Non, ce n' est pas l'admiration de la foule qui l'enivre ainsi, mais l' enthousiasme d' un seul : serait-ce "lui" ?" Chaque fois que Vronski adressait la parole, un éclair passait dans les yeux d'Anna, un sourire entrouvrait ses lèvres : et si désireuse qu' elle parût de la refouler, son allégresse éclatait en signes manifestes. "Et lui ? pensa Kitty. Elle le regarda et fut épouvantée, car le visage de Vronski reflétait comme un miroir l' exaltation qu' elle venait de lire sur celui d'Anna. Qu'étaient  devenus ce maintien résolu et cette physionomie toujours en repos ? Il ne s' adressait à elle qu' en baissant la tête, comme prêt à se prosterner, et l'on ne pouvait lire dans son regard que l' angoisse et la soumission. "Je ne veux point vous offenser, semblait dire ce regard, je ne veux que vous sauver, mais comment m'y prendre ?" Jamais Kitty ne l'avait vu ainsi.

                 ****

Elle ne peut achever. Combien de choses elle regretta plus tard de n' avoir pas su lui dire, et dans ce moment elle était incapable de rien exprimer ! Mais Serge comprit tout : il comprit que sa mère l'aimait et qu' elle était malheureuse, il comprit même ce que la bonne lui avait chuchoté à l' oreille, car il avait entendu les mots : "Toujours après huit heures." Il s' agissait évidemment de son père et il devina qu' elle ne devait pas le rencontrer. Mais pourquoi la frayeur et la honte se peignaient-elles sur le visage de sa mère ? Sans être coupable, elle semblait redouter la venue de son père et rougir de quelque chose qu' il ignorait. Il aurait bien voulu l' interroger, mais il n'osa pas, car il la voyait souffrir et elle lui faisait trop de peine. Il se serra contre elle en murmurant :
- Ne t' en vas pas encore, il ne viendra pas si tôt.
Sa mère l'éloigna d' elle un instant pour le regarder et tâcher  de comprendre s' il pensait bien ce qu' il disait ; à l'air effrayé de l' enfant elle sentit qu' il parlait réellement de son père et semblait même
 s' enquérir des sentiments qu'il devait avoir à son égard.
 - Serge, mon ami, dit-elle, aime-le. Il est meilleur que moi et je suis coupable envers lui. Quand tu seras grand, tu jugeras.
- Tous les gens ne se ressemblent pas, Constantin Dimitriévitch. Y en a qui vivent que pour leur panse et d'autres qui songent à Dieu et à leur âme.
- Qu'entends-tu par là ? cria presque Lévine.
- Mais vivre pour Dieu, observer sa loi. Tous les gens ne sont pas pareils. Ainsi vous, par exemple, vous ne feriez pas non plus de tort au pauvre monde.
- Oui, oui... au revoir, balbutia Lévine, haletant d' émotion. Et, se retournant pour prendre sa canne, il se dirigea à grands pas vers la maison. "Vivre pour son âme, pour Dieu." Ces paroles du paysan avaient trouvé un écho dans son coeur ; et des pensées confuses, mais qu' il sentait  fécondes, s' échappaient de quelque recoin de son être pour l'éblouir d' une clarté nouvelle.

Notes :

"Si je voulais dire par les mots tout ce que j'avais l'intention d'exprimer par le roman, je devrai écrire le roman même que j'ai écrit, de nouveau..." .

Tolstoï, à propos d'Anna Karénine "

On a fait des remarques caustiques sur la chasse, les chiens, les doubles. Ce sont là sujets terre à terre aux regards  de la rhétorique contemporaine... Malgré tout cela, votre roman occupe tout le monde... C'est un succès fou, incroyable. Il n 'y a que Pouchkine et Gogol qu'on ait lus ainsi.
- Lettre de Stakhov, février 1877

"(...) "Anna Karénine"  n'en est pas moins une perfection, comme oeuvre artistique, venue à point nommée, et telle que rien de pareil, dans les littératures européennes de l'époque présente, ne peut lui être comparé ; et d'autre part, par l'idée qui s'en dégage, c'est quelque chose qui est à nous, bien à nous et de chez nous, c'est à savoir cela même qui constitue notre personnalité face au monde européen." .

Dostoïevski, juillet  août 1877

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