Bonjour à tous.... Une approche de certains écrivains ; vie, œuvres, extraits. A l'attention de la personne "ANONYME" qui se reconnaîtra.... : je n'ai jamais voulu m'approprier ce travail, j'ai noté dans ma page d'accueil les sources :Ce blog sans prétention aucune a été crée à partir de fiches -collection Atlas - et d'ouvrages - collection Lagarde et Michard et collection Nathan "Grands écrivains du Monde", -
1886 1914
Pseudonyme de Henri Fournier, romancier français né le 3 octobre 1886 à La Chapelle d'Angillon dans le cher, aux confins du Berry et de la Sologne. Ses parents sont instituteurs à Epineuil le Fleuriel. Au lycée Lakanal près de Paris, il se lie d'amitié, avec son condisciple Jacques Rivière, avec lequel il entretint, de 1905 à 1914 une "Correspondance" qui apporte un intéressant témoignage sur la sensibilité littéraire au début du siècle.
En 1913, il publia son unique roman, "le Grand Meaulnes", récit très autobiographique qu'il avait conçu dès 1902, mais dont il ne put connaître le succès car il fut tué au front le 22 septembre 1914.
Romancier de l'attente, de l'amour impossible, de l'association entre réel et poésie, Alain-Fournier a passé sa brève existence à se chercher lui-même dans une quête à laquelle, sans doute, nul ne pouvait l'aider à trouver de réponse. Aussi est-il parti <<content>> à la guerre.
Le Grand Meaulnes
Augustin Meaulnes s'égare pendant trois jours et vit une aventure aussi étrange qu'un rêve, au cours de laquelle il rencontre une jeune femme. Son ami, François l'aidera à la retrouver.
En écrivant "Le Grand Meaulnes", Alain-Fournier retrouve son enfance. Pour lui, cet âge est le seul qui mérite d' être décrit : n'est ce pas à ce moment de la vie que l' on s' émerveille de tout, que les choses, les gens et les situations prennent une dimension plus grande que dans la réalité ? Alain-Fournier ne s' attendrit pas devant un enfant, il se souvient, plus impressionné par la gravité de l' enfance que par le sérieux des adultes.
La vie et le rêve
Augustin Meaulnes, que ses camarades surnomment "Le Grand Meaulnes", est pensionnaire dans un village solognot, chez un directeur d'école, M. Seurel, père de François, le narrateur. Peu de temps avant les vacances de Noël, Meaulnes, qui est parti chercher les grands-parents de François à Vierzon, s'égare dans "l'endroit le plus désolé de la Sologne". Le lendemain d'une nuit passée dans une bergerie, attiré par un manoir abandonné, il s'engage dans une allée où il voit des petites filles habillées de costumes anciens. "Y aurait-il une fête en cette solitude ? " se demande Meaulnes. Pour ne pas effrayer les enfants, il entre dans une chambre qui lui semble inoccupée et s'endort. A son réveil, un costume d'autrefois est posé sur le lit. Le soir, "un peu angoissé à la longue de tout ce plaisir qui s'offrait à lui", il se réfugie dans un petit salon où une jeune fille, Yvonne de Galais, joue du piano devant des enfants. Le jour suivant, il la revoit une dernière fois avant une longue séparation. Grâce à son ami François, il retrouvera Yvonne et l'épousera. Mais au lendemain de son mariage, Meaulnes partira pour un long voyage, appelé par Frantz, le frère d'Yvonne. Il ne reviendra qu'après la mort de sa femme et repartira aussitôt avec sa petite fille.
Un livre unique
Alain-Fournier, a tout juste vingt-sept ans quand, en 1913, est publié "Le Grand Meaulnes". Mobilisé dès le début de la guerre, il est porté disparu le 22 septembre 1914. Sa correspondance et quelques poèmes et contes seront publiés après sa mort, mais l'oeuvre d'Alain-Fournier, c'est Le Grand Meaulnes. Tous les grands écrivains de ce siècle s'accorderont à reconnaître l'importance de ce roman unique, dans lequelle rêve et le mystère sont l'essence même de l'histoire. L'auteur a choisi la Sologne comme décor car il a été élevé dans cette région et aucune n'offre autant d'étrangeté. Ayant grandi dans un milieu rural, Alain-Fournier est sensible à la terre et à la beauté de ces paysages campagnards que la brume matinale rend oniriques et lointains.
Extraits :
Découragé, presque à bout de forces, il résolut, dans son désespoir, de suivre ce sentier jusqu' au bout. A cent pas de là, il débouchait dans une grande prairie grise, où l' on distinguait de loin en loin des ombres qui devaient être des genévriers, et une bâtisse obscure dans un repli de terrain. Meaulnes s' en approcha.
Ce n' était là qu' une sorte de grand parc à bétail ou de bergerie abandonnée. La porte céda avec un gémissement. La lueur de la lune, quand le grand vent chassait les nuages, passait à travers les fentes des cloisons.
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C' étaient des costumes de jeunes gens d' il y a longtemps, des redingotes à hauts cols de velours, de fins gilets très ouverts, d' interminables cravates blanches et des souliers vernis du début de ce siècle. Il n'osait rien toucher du bout du doigt, mais après s' être nettoyé en frissonnant, il endossa sur sa blouse d' écolier un des grands manteaux dont il releva le collet plissé, remplaça ses souliers ferrés par de fins escarpins vernis et se prépara à descendre nu-tête. Il arriva, sans rencontrer personne, au bas d'un escalier de bois, dans un recoin de cour obscur. L' haleine glacée de la nuit vint lui souffler au visage et soulever un pan de son manteau. Il fit quelques pas et, grâce à la vague clarté du ciel, il put se rendre compte aussitôt de la configuration des lieux. Il était dans une petite cour formée par des bâtiments des dépendances. Tout y paraissait vieux et ruiné. Les ouvertures au bas des escaliers étaient béantes, car les portes depuis longtemps avaient été enlevées ; on n'avait pas non plus remplacé les carreaux des fenêtres qui faisaient des trous noirs dans les murs. Et pourtant toutes ces bâtisses avaient un mystérieux air de fête. Une sorte de reflet coloré flottait dans les chambres basses où l'on avait dû allumer aussi, du côté de la campagne, des lanternes.
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A terre tout s' arrangea comme dans un rêve. Tandis que les enfants couraient avec des cris de joie, que des groupes se formaient et s' éparpillaient à travers bois, Meaulnes s' avança dans une allée, où, dix pas devant lui, marchait la jeune fille. Il se trouva près d' elle sans avoir eu le temps de réfléchir : "Vous êtes belle", dit-il simplement. Mais elle hâta le pas et, sans répondre, prit une allée transversale. D' autres promeneurs couraient, jouaient à travers les avenues, chacun errant à sa guise, conduit seulement par sa libre fantaisie. Le jeune homme se reprocha vivement ce qu' il appelait sa balourdise, sa grossièreté, sa sottise. Il errait au hasard, persuadé qu'il ne reverrait plus cette gracieuse créature, lorsqu' il l' aperçut soudain venant à sa rencontre et forcée de passer près de lui dans l' étroit sentier. Elle écartait de ses mains nues les plis de son grand manteau. Elle avait des souliers noirs très découverts. Ses chevilles étaient si fines qu' elles pliaient par instants et qu' on craignait de les voir se briser.
"Le message du "Grand Meaulnes"