Bonjour à tous.... Une approche de certains écrivains ; vie, œuvres, extraits. A l'attention de la personne "ANONYME" qui se reconnaîtra.... : je n'ai jamais voulu m'approprier ce travail, j'ai noté dans ma page d'accueil les sources :Ce blog sans prétention aucune a été crée à partir de fiches -collection Atlas - et d'ouvrages - collection Lagarde et Michard et collection Nathan "Grands écrivains du Monde", -
1885 1970
François Mauriac est né à Bordeaux, dans une famille de la bourgeoisie catholique, et il tient à ses origines par de profondes attaches, ce qui ne sera pas pour déplaîre à Maurice Barrès, auteur des "Déracinés" son premier <<intercesseur *>>. Ayant perdu son père prématuremment, il fut élevé par une mère très pieuse dans le climat moral qui sera, un peu idéalisé, celui du "Mystère Frontenac".
* Celui qui intercède qui sollicite en faveur de quelqu'un.
Après des études secondaires dans un collège de Marianites - congrégration religieuse - , il vint à Paris où il passa une licence de lettres. Il se destinait à l'Ecole de Chartres, mais sa vocation littéraire se déclara de très bonne heure et l'occupa tout entier.
La guerre venue, le chrétien qui, déjà, aux côtés de Bernanos, avait témoigné hautement contre les cruautés de la guerre civile espagnole, prit position sans hésiter. Durant l'occupation allemande il écrivit, sous le pseudonyme de Forez un journal de guerre, "Le Cahier Noir".Toutefois, il sut en 1944, garder une attitude généreuse envers ceux qui n'avaient pas partagé son patriotisme.
Francois Mauriac, prix Nobel en 1952, a occupé une place de premier plan dans la vie littéraire et dans la conscience française de son temps. Ce provincial, profondément marqué par son terroir bordelais et par son éducation de bourgeois catholique, ne renonça jamais complètement à la tentation de la "poésie" : "Mains jointes" en 1909 - "Orages" en 1925 - "Le sang d'Atys" en 1940.
C'est pourtant au roman qu'il demanda, après avoir << dans son enfance, fait provisions de visages, de silhouettes, de paroles >>, de traduire les tourments d'une conscience inquiète, déchirée dans les combats sans fin de la chair et de l'esprit. Sans doute est-il impossible de méconnaître en lui le romancier "régionaliste" et le peintre sans complaisance de la société bourgeoise : la terrible pesanteur de la forêt landaise donne une rare qualité poétique à des romans comme "Thérèse Desqueyroux" (1927), tandis que les problèmes de l'éducation, de la vie conjugale, des passions et des lâchetés du milieux bourgeois sont au fond de la plus part de ses oeuvres : "La Robe prétexte" 1914 - "Génitrix" 1923 - "La Pharisienne" 1943 - "Le Sagouin" 1951.
Mais Mauriac est aussi un moraliste, désireux de comprendre, dans une perspective catholique, le problème du péché et de la conscience coupable. Chez lui, nulle condamnation conformiste des âmes égarées, mais au contraire, la paradoxale certitude que la passion est révélatrice de grandeur et que << toute une vie de souillure n'altère pas cette splendeur de l'être >>. Ce romancier amer est, au fond, plein de confiance en l'homme : << il n'existe pas pour le Fils de l'homme de cas désespéré >>.
Est-ce cette sympathie pour les < anges noires >>, qui l'amena à prendre position, courageusement, face aux problèmes de son temps ?. Abandonnant peu à peu la création romanesque à partir de la guerre d'Espagne, il s'opposa, quitte à soulever l'irritation de la classee sociale, à toutes formes d'injustice et de tyrannie et, comme journaliste, joua un rôle de critique lucide, souvent cinglant, parfois haï : son "Bloc-notes" 1952-1957 , puis ses "Mémoires intérieurs" en 1957 sont l'oeuvre d'un grand polémiste, doublé d'un honnête homme qui, la vieillesse venue, retrouva, par le moyen du souvenir et de la méditation, une sérénité longtemps malmenée au contact de la vie.