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17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 10:31



384 - 322 av J.C.


Aristote fut le premier philosophe à tenter d'organiser la totalité du savoir humain et représenta pendant longtemps les limites de la science humaine : il fallut en effet attendre la Renaissance et Descartes pour voir sa philosophie remise en question.

Né en 384 à Stagire, colonie des Chalcidiens, située à l'extrémité nord-est de la Chalcidique, Aristote fréquenta à Athènes l'Académie dès l'époque où Platon s'absentait pour la deuxième fois en Sicile. Il y fut le  disciple d'Héraclide du Pont, mais se lia bientôt d'amitié avec Platon lui-même à qui il demeura toujours attaché. L'affirmation qu'il lui "doit presque tout" (A. Rivaud) n'a rien d'exagérer, et le Stagirite  (de Stagire en Macédoine), n'aurait jamais laissé entendre le contraire. Toute allusion à une opposition quelconque entre maître et élève au sein de l'Académie serait, par conséquent, fondée sur des rivalités ultérieures entre disciples lointains des deux philosophes.

A l'âge de trente-sept ans, Aristote assuma en quelque sorte des fonctions de liaison entre la cour macédonienne et celle d'Assos, en Asie Mineure, où il s'était rendu avec son condisciple Xénocrate et son élève, le jeune Théophraste, auprès d'Hermias, tyran éclairé de cette ville. Trois ans plus tard, les trois compagnons quittèrent la région pour rentrer à Athènes, non sans avoir effectué un séjour d'études à Mytilène. C'est dans sa retraite macédonienne que, vraisemblablement gagné à l'idée de l'hégémonie de Philippe II sur la Grèce entière, il conçut le projet de rassembler des études sur les constitutions des villes grecques, projet qu'il réalisa après 330, longtemps après son retour à Athènes et la fondation de son école. Cette dernière ne fonctionna qu'en 335, alors qu'Aristote atteignait presque la cinquantaine. Située dans le quartier du Lycée, qui devait son nom au voisinage du gymnase d'Apollon Lycien, cette école en reçut tout naturellement le nom. Platon, qui fut le maître d'Aristote, avait quarante-quatre ans de plus que lui, fréquenta à Athènes l' Académie dès l'époque où Platon s'absentait pour la deuxième fois en Sicile. Il y fut à l'époque
  vivaient  le célèbre sculpteur  d'Aristote, Praxitèle et l'homme politique et orateur Démosthène, qui se forçait, dit-on, à déclamer avec des cailloux dans la bouche.
 

Amicus Plato, sed....

Avec Platon, son maître, Aristote fut incontestablement le plus grand philosophe grec et même le plus remarquable de tous les temps. C'est lui qui a fondé la logique, l'histoire de la philosophie, l'anatomie et la physiologie comparées,  s'intéressant en outre à la politique, à la physique, à la métaphysique, à l'art dramatique, aux sports olympiques, bref à toutes les sciences et à tous les arts qu'un homme pouvait dominer dans l'antiquité.
A l'âge de dix-sept ans, Aristote se rendit à Athènes pour y poursuivre ses études. Il y écouta les discours d'Isocrate, l'auteur du célèbre "Panégyrique" *
puis il suivit l'école de Platon, à l'Académie,  lorsque celui-ci fut revenu de Sicile, en 347.  Même s'il ne fut pas toujours d'accord avec son maître, il ne cessa de lui témoigner admiration et respect ; mais comme le dit le fameux adage, "amicus Plato, sed m:agis amica veritas"  c'est à dire qu'il était ami de Platon mais un plus grand ami de la vérité.
Pendant ces vingt années passées à Athènes, Aristote,sans jamais abandonner l'Académie, travailla aussi pour son propre compte et ouvrit une école de rhétorique
. Il était un travailleur infatigable , qui ne souhai tait pas perdre trop de temps à dormir : pour réduire son temps de sommeil, dit-on, il prenait dans sa main une boule de bronze avant de s'endormir et la tenait au-dessus d'un récipient dans laquelle elle ne man quait pas de tomber avec fracas.

*
L’éloge panégyrique ou simplement le panégyrique, du latin emprunté au grec panêguris, "assemblée de tout le peuple", est au sens strict un discours public à la louange d'un personnage illustre, d'une nation, ou d'une chose et, dans l'occident chrétien, un sermon faisant l'éloge d'un saint. Le terme a pris aujourd'hui le sens plus général de louange ou d’apologie, et s’utilise parfois dans le sens péjoratif d’éloge emphatique ou exagéré.

Précepteur d'un roi :

En 347, à la mort de Platon et déçu de ne pas avoir été nommé à sa succession, Aristote quitta Athènes. Il fut d'abord ambassadeur à la cour du roi de Macédoine, Philippe, dont il était proche. Puis, il se rendit en Asie Mineure, auprès d'Hermias, tyran d'Atarné, qu'il avait connu à Athènes. Sa mort, conséquence de la rivalité qui opposait les deux puissances d'alors - la Macédoine et la Perse - affecta grandement Aristote qui consacra un hymne à la vertu destiné à celui qui avait été son élève : "C'est par amour pour ta beauté qu'un citoyen d'Atarné, illustre par ses grandes actions, a perdu la vie. Les Muses, filles de Mnémosyne, immortaliseront son nom, elles qui exaltent l'amitié".

Après avoir épousé une jeune femme qui était la nièce ou la fille d'Hermias, il se rendit tout d'abord à Mytilène (sur l'île de Lesbos), puis rentra en Macédoine (342), Philippe lui ayant demandé de s'occuper de l'éducation de son fils Alexandre, le futur Alexandre le Grand. Le jeune prince était alors âgé de treize ans, et Aristote essaya de développer chez lui les qualités qui conviennent à un futur souverain : la modération et la raison. Y parvint-il ? Pas tout à fait si l'on s'en tient à ce constat d'Aristote lui-même : "Une étrange hérédité semble avoir jeté, dans l'âme de ce prince, un orgueil démesuré, un désir manifeste de se faire ranger au nombre des Dieux".

Malgré cela, un lien amical rapprocha les deux hommes : Alexandre favorisa les travaux scientifiques de son maître et,  profitant de ses expéditions en Asie, il lui fit envoyer toutes sortes de plantes et d'animaux, qui permirent notamment à Aristote d'écrire son traité sur "La Nature des animaux". Cette liaison ne connut aucune ombre jusqu'à la mort du neveu d'Aristote, Callisthène. Celui-ci avait remplacé le grand philosophe à la cour d'Alexandre, mais ne put dissimuler son attachement  à la politique panhellénique (
qui rassemble, réunit  tous les Grecs . .. La guerre de Troie fut le résultat d'union panhellénique) alors qu'Alexandre avait opté pour l'Asie. Il fut condamné à mort et livré aux bêtes.

Une grande école :

Aristote rentra à Athènes (335) pour y fonder l'école du Lycée, ainsi nommée parce qu'elle se trouvait près du temple d'Apollon Lycien. Cette école était aussi appelée "péripatéticienne" (du  grec peripatein, se promener), car Aristote avait pour habitude de dispenser son enseignement à ses élèves en se promenant. Le matin, les leçons étaient réservées à un public d'initiés ; l'enseignement, purement théorique, était dit acroamatique**
ou ésotérique (<<l'ésotérisme désigne un ensemble de mouvements et de doctrines relevant d'un enseignement caché, souvent accessible par l'intermédiaire d'une « initiation ») . Le soir, le public était plus large , car l'enseignement, dit exotérique *** était alors plus accessible. Une place de choix était accordée à la rhétorique, degré supérieur de l'enseignement, une sorte d'exercice d'éloquence sur des sujets divers, par exemple politiques, juridiques ou philosophies. Il ne s'agissait pas simplement de faire de beaux discours, mais bien de perfectionner un véritable art, celui de convaincre un auditoire, qui reposait sur cinq parties : l'invention (recherche  des idées),  la disposition (structure), l'élocution (style),  la mémoire et l'action (intonations et attitudes).

**
Terme d'antiquité. Qui est reçu par l'oreille. L'enseignement acroamatique est l'enseignement oral, par opposition à l'enseignement par les livres. De là il a pris aussi le sens de profond, le maître communiquant de vive voix à des élèves choisis un enseignement qu'il ne mettait pas dans les livres et pour l'usage du vulgaire

*** Le terme exotérisme, utilisé surtout en son adjectif "exotérique", s'est pour la première fois appliqué aux dialogues (Eudème, Protreptique...) d'Aristote pour indiquer ce qui est public par opposition à ce qui est initiatique. Il désigne également les cérémonies publiques (religieuses, rituelles) dans leurs manifestations et non dans leurs significations (ésotériques celles-là).

L'exotérisme fait, par ce lien avec l'ésotérisme, partie des sciences traditionnelles.

 

A la mort d'Alexandre, Aristote quitta Athènes, Démosthène ayant déclenché une violente campagne anti macédonienne. Comme il ne voulait pas subir le même sort que Socrate, et soucieux, selon ses propres paroles, "d'épargner aux Athéniens un second attentat contre la philosophie", - il fut effectivement condamné à mort par contumace - il se retira à Chalcis, dans l'île d'Eubée, où il mourut en 322.

Son oeuvre considérable nous est parvenue en partie sous la forme de notes prises par ses élèves et par son disciple Théophraste.  


Métaphysique : par Aristote

"La recherche d'un système philosophique complet qui apporte la réponse à toutes les questions."

Le mot "métaphysique" vient de l'expression grecque "meta  ta physika" c'est à dire "après le traité de physique". C'est en effet le titre que met Aristote en tête de ses réflexions sur l'Être, réflexions qui prennent place dans son oeuvre après ses études sur la physique.

Parmi les nombreux livres écrits par Aristote, plus de mille selon la tradition et dont fort peu sont parvenus jusqu'à nous, quatorze forment ce que l'on appelle "la Métaphysique". Ces textes furent réunis seulement au Ier siècle av J.C., mais il ne semble pas qu'Aristote ait pensé à les réunir, encore moins à leur donner ce titre : ce ne sont que des notes de cours, de style généralement lapidaire et dans lesquelles il recherche la définition d'une "philosophie première" qui aille plus loin que la physique à laquelle il a consacré des traites.


Ontologie et théologie :

Ayant étudié dans ses autres ouvrages le monde qui l'entoure, Aristote tente, dans les considérations de la "Métaphysique",de définir la science qui s'occupe de l'Être et de ses caractéristiques, d'une manière qui dépasse le particulier. Il envisage d'ailleurs deux directions entre lesquelles  il ne prend pas parti. Tout dépend de la façon  dont on envisage l'Être : ou l'on s'intéresse à l'Être dans son universalité, à la substance, à partir de laquelle tous les cas particuliers deviennent alors explicables, et l'on pratique alors ce que le philosophe appelle l'ontologie (étude  de l'Être en tant qu'Être,
c'est-à-dire l'étude des propriétés générales de tout ce qui est), où l'on s'intéresse à l'Être transcendant, au meilleur, à l'Être divin et l'on pratique la théologie : l'Être est alors vu sous la forme d'un acte pur, Substance première, "Pensée-qui-se-pense", le monde s'organisant et se mouvant en harmonie grâce à l'attrait que cet Être divin exerce éternellement sur toute chose.

Ces deux termes, "ontologie et théologie", inventés par Aristote,constituent depuis l'antiquité deux domaines essentiels d'étude pour les philosophes, notamment pour les penseurs chrétiens (Saint Thomas d'Aquin) qui ont tenté de réaliser une synthèse unissant pensées antique et chrétienne dans un même système.



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Notes :


Les grandes oeuvres  d' Aristote furent retrouvées par hasard, cachées dans une cave. Elles furent éditées par  Andronicus de Rhodes au Ier siècIe avant J.-C. déjà. Ensuite, c'est grâce aux Arabes, en particulier à Avicenne et à Averroès, que l'héritage d' Aristote fut transmis au Moyen Age. Saint Thomas d'Aquin fit de
l' aristotélisme****
la doctrine officielle de l'Église.

****
L'aristotélisme est le nom donné à la doctrine dérivée des œuvres d'' Aristote

Les principales oeuvres d' Aristote sont avant tout les quatre traités de morale : "Éthique à Nicomaque," "Éthique à Eudème", "Grande Morale", "Traité des vertus et des vices". Mais il faut citer aussi "La Constitution d'Athènes,"  "L'Organon",  "La Physique" , "Le Ciel",  "La Mécanique",  "La Poétique",  "La Politique",  "La Météorologie"  et  "La Métaphysique."

<<Aristote est un  prodigieux génie, mais abstrait, subtil et épineux. Il se plaît aux discussions elliptiques, aux allusions obscures, à ces  raisonnements dont on ne sait s'ils ne sont pas décidément sophistiques et fallacieux. Il aime les formules  tellement  tassées qu'elles deviennent énigmatiques. Avec cela, comme son érudition est énorme, il discute, parfois en nommant leurs auteurs, mais souvent sans les nommer, les doctrines les plus diverses en les supposant connues. Tout cela contribue à faire de la lecture de ses oeuvres un travail de telle nature que, malgré les commentateurs anciens et  modernes, on ignore souvent si l'on s'est rendu maître de sa pensée et de son argumentation. >>

A.Cresson, Aristote, sa Vie, son æuvre, PUF, 1963





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Published by Cathou
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Divers personnages....


DANTE


                                                                                                      Béatrice Portinari









Dante par Giotto








Première page de la Divine Comédie













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SOPHOCLE



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                                                                                                       Antigone




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Philotecte abandonné par les Grecs







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Sophocle  Bas relief en marbre









Sophocle




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Pythagore



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Le Banquet manuscrit sur papyrus.






Platon par Raphaël





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ARISTOTE





Aristote par Raphaël




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Aristote sur une fresque murale à Rome




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Alexandre à une bataille






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Alexandre combattant un lion







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Bronze - Alexandre









Buste d'Alexandre le Grand







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Alexandre et Aristote





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Enluminure "Chanson de Roland"










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Mort de Roland à Ronceveaux
















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Charlemagne et le Pape Adrien I






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Charlemagne et son fils Louis le Pieux






RUTEBOEUF

                            



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Ruteboeuf par Clément Marot

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