Bonjour à tous.... Une approche de certains écrivains ; vie, œuvres, extraits. A l'attention de la personne "ANONYME" qui se reconnaîtra.... : je n'ai jamais voulu m'approprier ce travail, j'ai noté dans ma page d'accueil les sources :Ce blog sans prétention aucune a été crée à partir de fiches -collection Atlas - et d'ouvrages - collection Lagarde et Michard et collection Nathan "Grands écrivains du Monde", -
1799 - 1837
ALEXANDRE SERGUEÏEVITCH POUCHKINE
Pouchkine est considéré comme le fondateur de la littérature russe moderne. Aujourd'hui, la ville où il étudia, Tsarskoïe Selo, non loin de Saint-Pétersbourg, porte encore son nom.
D'emblée, Pouchkine éveilla les esprits libertaires et inaugura une nouvelle littérature russe. Les écrivains de la génération qui le suit immédiatement - Gogol, Lermontov, Tourgueniev, Dostoïevski, Tolstoï ont tous lu Pouchkine dès leurs jeunes années.
Les compositeurs russes Tchaïkovski et Moussorgski ont également composé d'après son oeuvre nombre d'opéras : Eugène Onéguine. La Dame de pique. Boris Godounov, etc.
L'auteur russe
Au XVIII ème siècle, sous le règne de la Grande Catherine, la Russie s'enorgueillit d'une culture européenne. Le français, l'allemand, l'anglais y sont des langues familières, les plus grands esprits d'Occident ont été reçus à Saint-Pétersbourg.
C'est au lendemain de cette époque que naquit Alexandre Pouchkine, estimé par ses contemporains comme l'un des plus grands poètes russes, et surtout comme le plus Russe d' entre eux. De bonne famille, quoique assez modeste, nourri de littérature française (Voltaire, Parny, Chénier) et anglaise (Byron, puis Shakespeare), Pouchkine était don Juan, frondeur, joueur et duelliste. Il partagea un temps l' existence de l'inconséquente jeunesse qu'il décrit dans "Eugène Onéguine" (1823-1830), "Le Coup de pistolet" et "La Dame de pique" (1833). En 1837, il provoqua en duel un jeune Français, amant prétendu de sa femme Natalia Gontcharova. Il fut blessé et mourut trois jours plus tard.
Face à la censure
En 1820, Pouchkine, interrogé, se reconnaît l' auteur de quelques poèmes séditieux qui circulent sous le manteau. Le tsar Alexandre Ier le condamne à un exil qui durera six ans. Il fréquente des amis de lycée, qui seront impliqués dans la tentative de coup d'État de décembre 1825, à la mort d' Alexandre Ier. Il fait partie quelques semaines d'une loge maçonnique. En 1826, après l'échec des " Décembristes" *, Pouchkine est appelé à se disculper par le successeur du tsar, Nicolas Ier, qui s'institue personnellement son censeur. Ses déplacements, ses résidences sont surveillés et surtout ses écrits lus par la police de l'empereur. Ainsi "Le Cavalier de bronze" (1833) ne fut pas publié car Pouchkine refusa de le " corriger". Dans ce poème, qui commence par un bref (et forcé) éloge de Pierre le Grand, la Neva, qui arrose Saint-Pétersbourg, déborde. Evgueni, accroché à un lion sculpté, voit la maison de sa fiancée emportée par les flots, alors que surnage impassible la statue équestre de Pierre le Grand, fondateur de la ville. Evgueni a-t-il perdu la raison lorsqu'il l'apostrophe ? Fuyant devant le "cavalier de bronze" qui semble le poursuivre, il vient mourir sur le seuil de la maison échouée de son aimée. Ce poème reprend le thème de la statue vivante traité dans une "petite tragédie", "L'invité de pierre" (1830).
* Les décembristes ou décabristes doivent leur nom à une tentative de coup d'état durement réprimée qu'ils avaient organisée à Saint Pétersbourg le 14 décembre 1825 pour obtenir du futur tsar une constitution afin de moderniser le régime.

Le conteur
Pouchkine avait débuté au lycée de Tsarskoïe Selo par quelques poèmes, dont un pastiche de l'école romantique intitulé "Rouslan et Lioudmila". Ces poèmes le firent remarquer par le poète Joukovski, chef de file des romantiques et par l'historien Karamzine. Tous deux sont intervenus chaque fois que Pouchkine encourait des sanctions impériales. Sa langue est le russe, la seule qui soit parlée dans tout l'empire, ses vers sont généralement des octosyllabes réguliers. Pouchkine aspire avant tout à écrire des contes populaires, d'abord d'inspiration romantique (Le Prisonnier du Caucase, Les Tziganes, La Fontaine de Bakhtchissaraï) ou orientale (Tsar Saltan). Après une enquête provoquée par son poème sacrilège "La Gabréliade", il publia ses deux premiers tomes de "Poésies" (1829) et, en 1830, ses premiers contes étranges, "Les Récits de Belkine".
Des abîmes de l'âme à ceux de l'empire
Les contes populaires des débuts de Pouchkine devinrent rapidement des contes fantastiques. L'âme de leurs héros est le théâtre de surgissements imprévus, d'angoisses, de folies que l' on croyait profondément enfouies et qui refont soudain surface. C' est le cas de ce hussard, en garnison dans une province reculée, tout entier happé dans un sabbat onirique qui continue de le hanter à ce jour (Le Hussard), ou de Marie, héroïne de "Poltava", qui devient folle. Autres exemples de ces abîmes de l'âme russe, les imposteurs Grigori Otrepiev et Pougatchov. Le premier se fit passer pour Dmitri, fils d'Ivan IV le Terrible, assassiné par Boris Godounov, entraînant une armée jusqu' à Moscou et allant même jusqu'à régner avant d'être assassiné à son tour. C'est la thèse de sa tragédie "Boris Godounov".
Quant au second, il se fit passer pour Pierre III après la mort de celui-ci (assassiné dit-on par la Grande Catherine) et entraîna des cosaques dans une rébellion qui fut sévèrement réprimée. Insatisfait de son "Histoire de la révolte de Pougatchov", qu'il jugeait trop formelle, Pouchkine en fit le sujet de "La Fille du capitaine", son unique roman.
La Dame de pique

Lorsque Pouchkine épouse Natalia Gontcharova, le tsar et la cour jettent sur celle-ci leur dévolu. Nicolas Ier, pour garder le couple auprès de lui, nomme le mari gentilhomme de la Chambre. De ce poste qui lui assure l' accès aux archives impériales, Pouchkine ne peut démissionner. En 1834, Pouchkine publie avec succès "La Dame de pique". Cette courte nouvelle, qui mêle la précision de la description réaliste à une atmosphère de conte fantastique, est tenue pour l'un de ses chefs-d'oeuvre.
Notes :
Le poète Pouchkine fut tôt remarqué en France. Un écrivain qui devait se reconnaître de multiples affinités de style avec lui en a été le principal propagateur : il s'agit de Prosper Mérimée (1803-1870). On peut estimer que la connaissance de Pouchkine en France passa nécessairement par sa plume. Il est moins connu que Pouchkine qui, de son côté, fit découvrir Mérimée en Russie. Il publia une traduction de ses "Poèmes illyrien" en 1833 et, dans le "Sovremennik" ( - Le Contemporain - revue qu'il a fondée et dirigée), en 1835, des "Chants slaves occidentaux" inspirés de "La Guzla" du même Mérimée.
Lorsque Pouchkine fut tué par son rival français (qui fit une longue carrière politique en France), Mérimée décida d'approfondir sa connaissance du poète russe. Il fit des recherches biographiques jusque auprès du frère de Pouchkine, des recherches historiques sur Pougatchov par exemple (le faux Démétrius de Boris Godounov) et enfin et surtout traduisit nombre de ses textes. Sa traduction de "La Dame de pique" (Pikovaïa Dama) est à la mesure du génie de Pouchkine. Le lecteur qui voudrait s'en faire une idée plus littérale peut la comparer à la traduction d' André Gide et Jacques Schiffrin (Gallimard, 1935).
Depuis le quartier de Smolny à Saint Pétersbourg en Russie, Olivier BARROT présente l'édition de deux oeuvres d'Alexandre POUCHKINE regroupées "Poltava - Le cavalier de bronze".La lecture en russe d'un très court extrait du livre introduit l'émission qui se termine par une autre courte lecture par le présentateur.