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Bonjour à tous.... Une approche de certains écrivains ; vie, œuvres, extraits. A l'attention de la personne "ANONYME" qui se reconnaîtra.... : je n'ai jamais voulu m'approprier ce travail, j'ai noté dans ma page d'accueil les sources :Ce blog sans prétention aucune a été crée à partir de fiches -collection Atlas - et d'ouvrages - collection Lagarde et Michard et collection Nathan "Grands écrivains du Monde", -

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XIX ème / Dostoïevski / Les Frères Karamazov


Bien que ne représentant, en fait, que le tout premier volet d'une vaste fresque que la mort l'a empêché de réaliser, cette dernière oeuvre de Dostoievski  peut soutenir la comparaison avec ses romans les plus achevés,  tels "Crime et châtiment"  et "L' Idiot",  ou les plus puissants,  tels "Les Possédés".

Il est possible, évidemment, de ne voir dans cette "étude en rouge" que les enchevêtrements d'une intrigue policière bien construite, ou la chronique colorée d'une famille de névropathes, ou bien encore l'analyse psychologique fouillée de caractères hors du commun. Mais le sens profond du message qui est enfermé dans ce livre va bien au-delà. Plus loin que le thème initial de l'auteur : celui de l' enfance, pourtant si parfaitement rendu dans tous les chapitres où il apparaît, éclatant dans l' épilogue ou dans le célèbre rêve de Mitia, que l'angoisse étreint à cause du "petit enfant qui pleure"... Plus loin que l' admirable cheminement par lequel Dostoievski conduit la pensée de ses lecteurs, à travers l'affliction, l'humilité, l'effroi et la reconnaissance du péché, vers un combat avec l'orgueil et une victoire finale, dans la lumière retrouvée... Le  point culminant du roman - ses contemporains le devinaient, pour nous, hélas, c'est une certitude - se situe dans le Livre cinquième "Pro et contra", avec sa "Légende du Grand Inquisiteur". En ce dernier quart du XX ème siècle, qui oserait se montrer indifférent à cet avertissement d'outre-tombe ?...

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Dans le cadre d'une petite ville russe, une violente inimitié oppose un père et ses fils et poussera l'un d'eux au crime.

Pour la trame de son roman, Dostoïevski se sert d' un drame vécu par un "criminel" qu' il a personnellement connu :  Illinski , noble officier endetté et menant une vie dissolue, fut condamné pour parricide ; il fut réhabilité après que le véritable assassin (son frère) se fut livré à la justice.

Le parricide : trois frères unis par la haine

La famille Karamazov est composée du vieux Fédor, de Mitia, Ivan et Aliocha, ses fils légitimes, et de Smerdiakov, son fils illégitime dégénéré qui est leur serviteur. Aliocha, élevé dans une atmosphère religieuse par le vieux moine Zosime, est le seul qui semble être exempt des tares paternelles (cruauté, folie sexuelle...). Seule la haine pour leur père établit un certain lien entre les trois frères : le vieux Fédor est pour Mitia un rival en amour, pour Ivan un être méprisable, pour Smerdiakov un patron sévère, et pour tous les trois, il représente avant tout celui qui possède l'argent qui leur fait défaut. Le parricide se dessine dans la conscience d' Ivan qui, percé à jour par Smerdiakov, va pousser celui-ci à l'action. Smerdiakov assassine son père et se tue peu après. Cependant, c'est Mitia qui sera accusé et condamné aux travaux forcés. Aliocha, spectateur des drames successifs, ne réussit pas à aider ses frères et se consacre par la suite aux bonnes oeuvres.

 L'âme de Dostoïevski, un écrivain tourmenté

 "Les Frères Karamazov" sont le dernier roman de Dostoïevski, publié en 1879 -  1880 (dans Le Message russe sous la forme de douze livres et un épilogue). Ce livre, souvent cité comme la plus grande oeuvre de Dostoïevski, révèle les deux forces qui dominent dans l'âme de l'écrivain : d'une part, la foi en la bonté cachée de la nature humaine qui se révèle sous la forme chrétienne de la solidarité ; d'autre part, la constatation d'une misère humaine qui tend continuellement à pousser l' homme vers l'abîme. Dans cette mise en scène de l 'interpénétration du bien et du mal, on peut reconnaître, comme dans "Crime et Châtiment", un des ressorts essentiels de la philosophie et de l'art de Dostoïevski  l'écrivain avait initialement prévu de faire une chronique de la famille Karamazov en plusieurs volumes ; cette chronique est restée incomplète puisque Dostoïevski meurt en 1881. Le développement ultérieur des "Frères Karamazov", qui auraient  dû comporter le récit de la vie d' Aliocha retiré dans un monastère, avait pour but de prouver le triomphe de l'état mystique, marqué du signe de la fraternité, sur la logique inhumaine d' Ivan.

Trois thèmes essentiels se dégageaient déjà de l' affaire Ilintski et se retrouvent dans "Les Frères Karamazov"  : le parricide, l' erreur judiciaire et les aveux spontanés du véritable assassin.

Extraits :

Aliocha fait preuve d'un caractère bien différent de celui de ses frères

A mon avis, cet adolescent n'était nullement un fanatique, ni même un mystique. Je dirai tout de suite le fond de ma pensée : c' était simplement un précoce ami des hommes, et s' il s' éprit de la voie monastique, c'est parce qu' elle seule, à ce moment là, l' impressionna profondément et représenta, pour son âme qui aspirait à s' arracher aux ténèbres de la haine qui règne dans le siècle, l' issue idéale vers la lumière de l'amour. (...)

                   ***

Dès son enfance, Smerdiakov se montre cruel envers les animaux et les hommes

Enfant, il aimait pendre les chats et les enterrer ensuite en grande pompe. Pour cela, il s' affublait d' un drap en guise de chasuble, entonnait un chant et, armé d'un objet quelconque, faisait mine d' encenser le cadavre. Tout cela en cachette et dans le plus grand mystère. Grigori le surprit un jour dans cet  exercice et lui administra une volée de bois vert. L' autre se blottit dans un coin et de là, une semaine durant, il lança des regards torves. << Il ne nous aime pas, le monstre, disait Grigori à sa femme ..d' ailleurs, il n' aime personne. (...) >>

                   ***

L'idée du meurtre commence à germer dans l'esprit d '!van

Il lui était souvent arrivé de connaître l' angoisse et il n'y aurait rien eu d'étrange à ce qu' elle l'envahît à un moment où, après avoir rompu avec tout ce qui l' avait attiré ici, il s' apprêtait à prendre un tournant abrupt dès le lendemain, à s' engager dans une voie nouvelle et inconnue, toujours aussi solitaire, plein d' espoirs vagues, attendant  trop, beaucoup trop de la vie, mais ne sachant préciser ni ces espoirs, ni ces désirs. Mais, en cet instant, bien qu'il ressentît  en effet quelque angoisse devant l' inconnu, la cause de son tourment était ailleurs.  << N'est-elle pas dans  mon dégoût pour la maison de mon père ? pensa-il. Oui, c' est sans doute cela, tant elle me répugne ; bien que je franchisse aujourd' hui pour la dernière fois ce seuil infâme, le dégoût n'en demeure pas moins...>>

Mitia, accusé du meurtre de son père, essaie de se défendre

  <<(...) Messieurs,vous m' avez souillé l 'âme ! Croyez-vous sincèrement que si j' avais tué mon père, j' aurais été vous le cacher, que j' aurais été louvoyer, mentir, me dissimuler ? Non, Dmitri Karamazov n' est pas ainsi : il ne l' aurait pas supporté ! Si j' étais coupable,je n' aurais pas attendu, je vous le jure, votre arrivée ici,  ni le lever du soleil, comme j' en avais l' intention : je me serais tué avant, sans attendre le point du jour ! Je le sens bien maintenant au fond de moi-même... Vrai, en vingt ans de ma vie, j' ai moins appris que durant cette seule nuit de malheur ! (...) >>

Traduit du russe par Kyra Sanine. Éditions Garnier Frères

Notes :

"Tous ses romans - ses tragédies - représentent l' expérience de la liberté humaine. L'homme commence à se révolter au nom de cette liberté, prêt à toutes les souffrances, prêt à toutes les folies, à condition de se sentir libre. Et il recherche en même temps la liberté extrême, finale... "

-Nicolas Berdiaeff, L' Esprit de Dostoïevski, collection Les Mondes étrangers, éditions Saint-Michel, 1929

"Tout ce qui est mort et négation dans les philosophies, Dostoïevski l'a surpassé ; mais telle est sa grandeur, qu' il monte d'un degré encore. Il porte à la rédemption l'accablement de nos fatalités... Dostoïevski, si je ne me trompe, et moi-même, à mon rang, nous sommes l' antidote de la tyrannie rationnelle, des phi!osophes, et de tout poison inhumain : Dostoïevski, le coeur le plus profond, la plus grande conscience du monde moderne."

 -André Suarès, Dostoïevski, Cahiers de la Quinzaine, 1912

"Dans Les Possédés ou  Les Frères Karamazov, il   (Gide) voyait débattre des problèmes métaphysiques, religieux et moraux qui constituaient son propre gibier et il assistait à l' exploration d'abîmes psychologiques où lui même s'était enfoncé avec plus de prudence. Les conceptions romanesques de Dostoïevski "l'autorisaient" à briser le cadre étroit du récit (...) pour tenter d' élargir le champ visuel et présenter non plus un, mais plusieurs foyers". "

Introduction du volume de La Pléiade sur André Gide, NRF, Gallimard, 1980


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M
Bonjour;<br /> <br /> Merci pour votre petit billet sur ce bouquin génial en espérant que vous aurez, à votre manière et à votre echelon, contribué à le faire connaitre et apprécier.<br /> Ceci étant dit, je pense qu'une chose unit l'ensemble de la fraterie, Aliocha comprit à savoir la répugnance pour le père.<br /> <br /> L'affaire est entendue pour Dimitri (querelle d'argent et de femmes), Ivan (rejet presque intellectuel devant tant de bassesse intellectuelle et de débauche) ainsi que pour Smerdiakov (rejet de sa<br /> condition de fils de seconde zone).<br /> <br /> Aliocha quant à lui épouve, lui aussi un rejet vis à vis de son père, dont il supporte les excès avec affliction voir en prenant de la distance.
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