Bonjour à tous.... Une approche de certains écrivains ; vie, œuvres, extraits. A l'attention de la personne "ANONYME" qui se reconnaîtra.... : je n'ai jamais voulu m'approprier ce travail, j'ai noté dans ma page d'accueil les sources :Ce blog sans prétention aucune a été crée à partir de fiches -collection Atlas - et d'ouvrages - collection Lagarde et Michard et collection Nathan "Grands écrivains du Monde", -
1896 1966
ANDRE BRETON EST, A JUSTE TITRE, CONSIDERE COMME LA FIGURE DE PROUE DU MOUVEMENT SURREALISTE.
L' écriture automatique fut suggérée au poète par l' observation des états hypnotiques ou de demi-sommeil, et par la méthode freudienne des associations spontanées d'idées. Elle implique que l' esprit se dégage de toute contrainte morale ou logique pour pouvoir explorer son inconscient et laisser jaillir en soi des forces et des désirs insoupçonnés.
La découverte de la poésie et de la "résistance absolue"
Né le 19 février 1896 dans I'Orne, André Breton passe sa petite enfance à Saint-Brieuc. Sa famiIIe s'instaIle ensuite à Pantin en 1900. Autour de sa quinzième année, la poésie vient écIairer une adolescence un peu terne : c'est la révélation des poèmes de MaIlarmé. La passion de la poésie le tient désormais : iI Iit Baudelaire, les symbolistes, il fréquente les réunions poétiques du Vieux-Colombier, s'enthousiasme pour Huysmans, écrit lui-même des poèmes. Il apprécie également la peinture, surtout Gustave Moreau qui demeurera un de ses peintres de prédilection. Il rencontre Paul Valéry dont l'influence se retrouve dans les premiers vers pubIiés du jeune poète. Breton s'inscrit en 1913 à la faculté de médecine mais la guerre interrompt des études qui I'enthousiasmaient bien moins que la poésie. Au cours de sa mobiIisation, iI s'initie à la pensée psychanalytique de la théorie freudienne et fait la connaissance de Jacques Vaché. Celui-ci représente pour Breton le symbole de la "résistance absolue" à la guerre mais aussi à la hiérarchie et aux valeurs traditionnelles.Peu à peu, les lectures de Rimbaud, de Jarry et, grâce à Aragon auquel iI se Iie, de Lautréamont, finissent par l'éloigner définitivement de la poétique de MaIlarrné et de Valéry.Ces lectures, ainsi que la fréquentation d'Apollinaire rencontré en 1915, le confortent dans son besoin de définir une idée "moderne" de la vie poétique. Après s'être interrogé sur les formes de la poésie, Breton s'attache désormais à en comprendre la nature.
La naissance du surréalisme
Dans les années 1917 et 1918, des goûts convergents, la foi dans la force de la poésie rapprochent André Breton, Louis Aragon et Philippe Soupault. Ils fondent en mars 1919 une revue, "Littérature". Celle-ci publie en 1920 le texte surréaliste, "Les Champs magnétiques", première iIIustration par Breton et Soupault de I'écriture automatique. En 1920 et 1921, Breton mêle sa plume aux bataiIIes dadaïstes pour s'en détoumer bientôt, ne se satisfaisant plus du nihiIisme du mouvement dada. Le beau recueil poétique de Breton, "Clair de terre", paraît en 1923. Son "Manifeste du surréalisme" est publié en 1924, suivi des poèmes en prose de "Poisson soluble". Cette "défense et illustration" du surréalisme place Breton à la tête du mouvement auquel se sont joints Desnos, Éluard, Péret, Crevel, Artaud. Il prend la même année la direction d'une publication qui se veut "la plus scandaleusedu monde" : "la Révolution surréaliste". Le récit "Nadja", publié en 1928, ainsi que I'enquête sur l'amour du douzième et dernier numéro de la "Révolution surréaliste" en 1929, illustrent combien I'amour est une valeur surréaliste essentielle. Breton n'a-t-il pas déclaré que les mots désormais devraient "faire l' amour" ? En 1928 également, paraît "Le Surréalisme et la Peinture" : pour Breton, la peinture est, comme la poésie, un moyen de libération et non pas seulement un objet esthétique. Dans le "Second Manifeste du surréalisme", violent et polémique, Breton tente de redéfinir les fondements du surréalisme, projet repris par "Les Vases communicants" en 1932. "Le Surréalisme au service de la Révolution" (1930-1933), enfin, se fait l'écho d'interrogations politiques au sein du mouvement et de la nécessité d'un engagement clair.
L'engagement politique : fascination et malentendus
Transporté en 1925 par la lecture du "Lénine" de Léon Trotski, André Breton désigne le communisme comme "le plus merveilleux agent de substitution d'un monde à un autre qui fût jamais". Cependant, Breton se refuse à renoncer aux recherches surréalistes tandis que la direction communiste regarde avec suspicion sa pensée libertaire. La rupture est consommée en 1935, mais le surréaliste participe à tous les combats contre le capitalisme et le colonialisme. Il est néanmoins I'un des premiers à s'élever en 1936 contre les procès de Moscou. En 1938, une amitié de près de quinze ans se dénoue quand Aragon rompt avec le groupe pour une adhésion totale au parti communiste.
Voyages de Breton et renouvellement du groupe des surréalistes
Vers 1935, l'audience du surréalisme s'élargit, et la revue "Minotaure", animée par Breton, attire de nouveaux intellectuels et artistes. Des manifestations du mouvement l'appellent à travers le monde et, jusqu'à la guerre, Breton voyage dans différents pays d'Europe ainsi qu'au Mexique où il rencontre Trotski. Parti aux États-Unis en 1941, Breton y reste cinq années, riches de rencontres et de productions poétiques (Les États généraux, Arcane 17). A son retour en France se constitue autour de lui un groupe surréaliste largement renouvelé, avec lequel il présentera des expositions et prendra position, sans perdre son autonomie politique, sur tous les problèmes contemporains à travers le monde (notamment contre la guerre du Viêt-nam et celle d' Algérie). Il meurt d'une crise cardiaque à Paris à la fin de l' été 1966.
Notes :
<<Breton a fait de nous des êtres neufs ; son exemple, sa parole nous précipitent à corps perdu vers une vie dont nous sommes de jour en jour plus altérés. (...) Il existe des oeuvres qui sont objet de rêverie ou de méditation. La pensée et la présence au jour le jour de Breton nous sont un sujet d'exaltation. Son ceuvre est le noyau d'un monde en formation. >> - Jean-Louis Bédouin, Dictionnaire des auteurs, Laffont, 1981
Julien Gracq, lui, se rappelle la figure d'un <<homme entier, fondamentalement allergique à toutes les entreprises de restriction, à toutes les formes de résignation. >>. Julien Gracq, la Nouvelle Revue française, n° 172, 1er avril 1967.
<<Seul Breton est resté fidèle jusqu'au bout à l'esprit du surréalisme. Mais son oeuvre témoigne clairement de ce conflit entre idéologie et création. De même qu'il apporte dans la justification de l' irrationnel la plus précise logique, il ne peut faire qu' en provoquant les mots au plus extrême dévergondage, et en les dressant contre toute forme de beauté, il ne les soumette à la loi d'un style somptueux et réglé, où la cadence amène l'image au lieu de sa plus grande force. >>-Gaëtan Picon, Encyclopédie de La Pléiade, "Histoire des littératures", 1958