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Bonjour à tous.... Une approche de certains écrivains ; vie, œuvres, extraits. A l'attention de la personne "ANONYME" qui se reconnaîtra.... : je n'ai jamais voulu m'approprier ce travail, j'ai noté dans ma page d'accueil les sources :Ce blog sans prétention aucune a été crée à partir de fiches -collection Atlas - et d'ouvrages - collection Lagarde et Michard et collection Nathan "Grands écrivains du Monde", -

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XX ème / André Breton / Nadja

 

Ce livre n'est pas un roman mais le récit d'une expérience vécue. Désireux de répondre à une interrogation sur lui-même (<< Qui suis-je >>). Breton récuse toute réponse ontologique* et cherche à découvrir dans les évènements de sa vie << ce qu'entre tous les autres [il est ] venu faire en ce monde  >>. Une série de faits étranges, insolites, justifie sa démarche, et plus encore la rencontre qu'il a fait le 4 octobre 1926 d'une jeune femme, Nadja.

 

*   en philosophie, étude l'être, de ses modalités, de ses propriétés

 

http://www.google.fr/url?source=imgres&ct=img&q=http://elodiecolin.com/wp-content/uploads/2010/08/nadja.gif&sa=X&ei=qRSPTdC0NcWd4QbU_MTNCw&ved=0CAQQ8wc&usg=AFQjCNGTbY8mGKGTkm-2kMG1dW2H6jR8GwLe journal des rencontres est suivi d'un essai de déchiffrage de cette aventure : les coïncidences, les propos et les dessins de Nadja, sa folie, son sens de la liberté ont pu dérouter Breton dans un premier temps ; il a fini par comprendre que le rôle de la jeune femme n'était pas de révéler une vérité, mais de l'alerter et de l'inciter à se retourner sur lui même. Par un rebondissement imprévisible, le temps du récit rejoignant le temps de la vie, dans un épilogue, Breton fait état d'une récente découverte de l'amour, qui l'a éloigné définitivement de Nadja, mais lui a apporté la confirmation du fait  que <<  l'idée d'amour [est] seule capable de réconcilier tout homme, momentanément ou non,  avec l'idée de la vie >>.

 

Il en tire un enseignement moral, mais aussi esthétique : la beauté ne saurait être vécue, <<convulsive>>, à l'image même de la vie qui, à chaque instant, nous transmet des signaux.

 

 

ENTRÉE EN SCÈNE DE NADJA

 

Après avoir décrit un certain nombre de signes insolites, Breton va aborder l'aventure de Nadja, véritable signal motivant.

 

<< J'espère, en tout cas, que la présentation d'une série d'observations de cet ordre et de celle qui va suivre sera de nature à précipiter quelques hommes dans la rue, après leur avoir fait prendre conscience, sinon du néant, du moins de la grave insuffisance de tout calcul soi-disant rigoureux sur eux-mêmes, de toute action qui exige une application suivie et qui a pu être préméditée. Autant en emporte le vent du moindre fait qui se produit, s'il est vraiment imprévu.
Et qu'on ne me parle pas, après cela, du travail, je veux dire de la valeur morale du travail. Je suis contraint d'accepter l'idée du travail comme nécessité matérielle, à cet égard je suis on ne peut plus favorable à sa meilleure, à sa plus juste répartition. Que les sinistres obligations de la vie me l'imposent, soit, qu'on me demande d'y croire, de révérer le mien ou celui des autres, jamais. Je préfère, encore une fois, marcher dans la nuit à me croire celui qui marche dans le jour. Rien ne sert d'être vivant, le temps qu'on travaille. L'événement dont chacun est en droit d'attendre la révélation du sens de sa propre vie, cet événement que peut-être je n'ai pas encore trouvé mais sur la voie duquel je me cherche, n' est pas au prix du travail. Mais j'anticipe, car c'est peut-être là, par-dessus tout, ce qu'à son temps m'a fait comprendre et ce qui justifie, sans plus tarder ici, l'entrée en scène de Nadja. Enfin voici que la tour du Manoir d' Ango saute, et que toute une neige de plumes qui tombe de ses colombes, fond en touchant le sol de la grande cour naguère empierrée de débris de tuiles et maintenant  couverte de vrai sang >>.

 

 

L'Amour fou, 1937


<< C'est bientôt juin et l'héliotrope penche sur les miroirs ronds et noirs du terreau mouillé ses milliers de crêtes. Ailleurs les bégonias recomposent patiemment leur grande rosace de vitrail, où domine le rouge solaire, qui éteint un peu plus, là-bas, celle de de Notre-Dame. Toutes les fleurs, à commencer même par les moins exubérantes de ce climat, conjuguent à plaisir leur force comme pour me rendre toute la jeunesse de le sensation.

Fontaine claire où tout le désir d'entraîner avec moi un être nouveau se reflète et vient boire, tout le désir de reprendre à deux, puisque cela n'a encore pu se faire, le chemin perdu au sortir de l'enfance et qui glissait, embaumant la femme encore inconnue, la femme à venir, entre les prairies.

Est-ce enfin vous cette femme, est-ce seulement aujourd'hui que vous deviez venir ?

Tandis que, comme en rêve, on étale toujours devant nous d'autres parterres, vous vous penchez longuement comme si c'était moins pour les respirer que pour leur ravir leur secret et un tel geste, à lui seul, est la plus émouvante réponse à cette question que je ne vous pose pas.

Cette profusion de richesses à nos pieds ne peut manquer de s'interpréter comme un luxe d'avances que me fait à travers elle, plus encore nécessairement à travers vous, la vie. Et d'ailleurs, vous si blonde, physiquement si attirante au crépuscule du matin, c'est trop peu dire qu'ajouter que vous ne faites qu'un avec cet épanouissement même >>.


Nadja, 1928

 


 


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