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Bonjour à tous.... Une approche de certains écrivains ; vie, œuvres, extraits. A l'attention de la personne "ANONYME" qui se reconnaîtra.... : je n'ai jamais voulu m'approprier ce travail, j'ai noté dans ma page d'accueil les sources :Ce blog sans prétention aucune a été crée à partir de fiches -collection Atlas - et d'ouvrages - collection Lagarde et Michard et collection Nathan "Grands écrivains du Monde", -

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XX ème Jean Paul Sartre / La Nausée

 

 

A travers les pages de son journal, Antoine Roquentin nous livre le sens d'une sombre existence.

 

Dans"La Nausée", Sartre reprend l' extraordinaire liberté de l' écriture du "Voyage au bout de la nuit". Mais Céline exprime un cri contre la vie, alors que "La Nausée" n' est en aucun cas une révolte contre

l' existence.

 

Une douloureuse introspection


http://aviquesnel.free.fr/Direlire/Images/nausee.jpgAntoine Roquentin, un célibataire d'environ trente-cinq ans, vit à Bouville (un grand port qui symbolise Le Havre où Sartre a vécu), où il écrit un livre sur M. de Rollebon, un aristocrate russe. Depuis quelque temps, il éprouve d'étranges malaises et se sent toujours plus solitaire, réfugié dans les lumières du "Rendez-Vous des cheminots". Le soir, iI analyse et consigne longuement dans son journal le sens de son angoisse. Son oisiveté le rend de plus en plus attentif à son existence et, rapidement, iI se sent  "de trop" dans ce monde. Il part à Paris pour rencontrer Anny, une femme qu'iI a aimée, mais cela ne I'empêche pas de ressentir de plus en plus souvent cette "nausée". Ses rencontres avec I'autodidacte qui lit tous les livres de la bibliothèque par ordre alphabétique se font plus ennuyeuses. Sa conclusion est un éloge de la musique et des autres activités artistiques qui sont les seuls moyens d'accepter une existence inévitable.


La condition de I'homme libre


"L' existence me pénètre de partout, par les yeux, par le nez, par la bouche". Cette nausée, Sartre I'a connue personnellement. Il en a fondé sa philosophie de I'existentialisme, à laquelle ce livre procure une diffusion internationale.
La nausée qu'éprouve Antoine Roquentin est le signe de l' "authenticité de l'existence". Il ne cherche pas à la fuir et ne peut que la constater. Dès lors, l'homme est "condamné à être libre", car chacune de ses actions crée son existence.
Par son style très sobre et son don pour les formules frappantes, Jean-Paul Sartre a fait de "La Nausée" un chef-d'oeuvre unanimement reconnu. Le livre est la révélation bouleversante d'une perspective philosophique de l'existence dont la conclusion optimiste a été une source d'espoir pour les générations adolescentes de l'après-guerre. Il fait passer Sartre du statut de philosophe à celui d'écrivain reconnu, lequel considère en 1971 cette oeuvre comme "ce que j'ai fait de meilleur".

 

La visite du musée de Bouville, où sont exposés les portraits des personnalités de la ville, est un des plus violents passages du livre. Cette description de la bourgeoisie provinciale est considérée comme un chef

d' oeuvre de critique sociale.

 

Extraits :

 

 

Roquentin ressent la nausée pour la première fois en ramassant un papier


Je suis resté courbé,une seconde, j' ai  lu <<Dictée : le Hibou blanc>>, puis je me suis relevé,les mains vides. Je ne suis plus libre, je ne peux plus faire ce que je veux. Les objets, cela ne devrait pas toucher, puisque cela ne vit pas. On s' en sert, on les remet en place, on vit au milieu d' eux (...). Maintenant je vois ; je me rappelle mieux ce que j'ai senti, l' autre jour, au bord de la mer, quand je tenais ce galet. C'était une espèce d'écoeurement douceâtre. Que c'était donc désagréable ! Et cela venait du galet, j' en suis sûr, cela passait du galet dans mes mains. Oui, c'est cela, c' est bien cela : une sorte de nausée dans les mains.


                               ***


La musique lui semble le seul moyen d'accepter I'existence


Tout à l'heure viendra le refrain : c'est lui surtout que j' aime et la manière abrupte dont il se jette en avant, comme une falaise contre la mer. Pour l' instant, c'est le jazz qui joue ; il n'y a pas de mélodie, juste des notes, une myriade de petites secousses. Elles ne connaissent pas de repos, un ordre inflexible les fait naître et les détruit, sans leur laisser jamais le loisir de se reprendre, d' exister pour soi. Elles courent, elles se pressent, elles me frappent au passage d' un coup sec et s' anéantissent. J' aimerais bien les retenir, mais je sais que, si j' arrivais à en arrêter une, il ne resterait plus entre mes doigts qu'un son canaille et languissant. II faut que j' accepte leur mort ; cette mort, je dois même la vouloir : je connais peu
d' impressions plus âpres ni plus fortes.


                               ***


Le héros décrit les vertiges de la pensée


Ma pensée, c'est moi : voilà pourquoi je ne peux pas m'arrêter. J' existe par ce que je pense... et je ne peux pas m' empêcher de penser. En ce moment même - c' est affreux - si j' existe, c'est parce que j' ai horreur

d' exister. C' est moi, c'est moi qui me tire du néant auquel j' aspire : la haine, le dégoût d' exister, ce sont autant de manières de me faire exister, de  m' enfoncer dans l' existence.

 

                               ***

 

La pensée le conduit à des digressions sur lui-même


Et moi - veule, alangui, obscène, digérant, ballottant de mornes pensées - moi aussi j 'étais de trop. Heureusement je ne le sentais pas, je le comprenais surtout, mais j' étais mal à l'aise parce que j' avais peur de le sentir (.. .). Je rêvais vaguement de me supprimer, pour anéantir au moins une de ces existences superflues. Mais ma mort même eût été de trop. De trop, mon cadavre, mon sang sur ces cailloux, entre ces plantes, au fond de ce jardin souriant. Et la chair rongée eût été de trop dans la terre qui   l' eût reçue et mes os, enfin, nettoyés, écorcés, propres et nets comme des dents eussent encore été de trop : j' étais de trop pour l' éternité.

 

http://expositions.bnf.fr/sartre/index.htm

 

 


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