Bonjour à tous.... Une approche de certains écrivains ; vie, œuvres, extraits. A l'attention de la personne "ANONYME" qui se reconnaîtra.... : je n'ai jamais voulu m'approprier ce travail, j'ai noté dans ma page d'accueil les sources :Ce blog sans prétention aucune a été crée à partir de fiches -collection Atlas - et d'ouvrages - collection Lagarde et Michard et collection Nathan "Grands écrivains du Monde", -
1914 - 1996
Marguerite Duras, nom de plume de Marguerite Germaine Marie Donnadieu, est une écrivaine et cinéaste française, née le 4 avril 1914 à Gia Dinh ( Saïgon), alors en Indochine, morte le 3 Mars 1996 à Paris.
Marguerite Duras arrive à Paris à dix-huit ans. Elle y poursuit des études de droit, de mathématiques et enfin de sciences politiques. Elle y rencontrera Robert Antelme, son premier mari. Puis, en 1942, Dyonis Mascolo dont elle aura un fils. Elle adhère au parti communiste, mais le quittera par la suite. Sa vie se confond alors avec la littérature.
Maguerite Duras a été profondément marquée par son enfance en Indochine : "Un barrage contre le Pacifique" (1950), "Le Vice-consul" (1965), "Eden-Cinéma" (pièce créée en 1977). L'intrigue, les descriptions comptent moins, pour elle, que l'attente << que quelque chose sorte du monde >>, et les dialogues, abondants ou énigmatiques, qui meublent cette attente. Les mots eux-mêmes, parfois réduits à de simples cris, sont de peu d'importance, à côté de l'exigence d'amour, d'un amour fou et déchirant qui imprègne toute son oeuvre : "Dix heures et demie du soir en été" (1960), "Moderato cantabile" (1958),"Détruire dit-elle" (1969). Mais l'impossibilité de communiquer finit par triompher et par réduire les personnages au silence. On doit à Marguerite Duras, pour qui il n'existe pas de différence entre roman, théâtre et cinéma, quelques-uns des films les plus marquants de notre temps : Hiroshima mon amour (1959), Une aussi longue absence (1961), et surtout lndia Song (1975) Son Nom de Venise dans Calcutta désert, (1976), Le Camion (1977).
http://histoireduroussillon.free.fr/Duras/Biographie.php
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Un barrage contre le Pacifique
En lndochine, une femme tente de mettre en valeur une terre régulièrement envahie par les eaux du Pacifique.
"Un désert de sel et d'eau"
Dans l'lndochine française, une mère lutte pour survivre face à l'injustice d'une existence dévastée. Institutrice, la mère de Suzanne et de Joseph s'est laissée séduire par la propagande colonialiste et a quitté le Nord de la France avec son mari. Les premières années de sa vie se sont écoulées, heureuses et presque insouciantes. Mais à la mort de son mari, "la mère" se retrouve totalement démunie, sans autre ressource que de jouer du piano le soir à I'Eden cinéma. Après des années ingrates, elle place toutes ses économies dans l'achat d'une concession qu'elle s'acharne en vain à cultiver. Une administration abjecte s'est jouée de sa naïveté. Chaque année, l'océan déferle sur la terre fraîchement semée. Avec l'aide des paysans, elle construit alors un barrage afin d'endiguer les flots. A la saison des pluies, la mer monte et le barrage s'effondre. La mère, ruinée, se laisse mourir. Cependant Suzanne et Joseph refusent cette lente agonie, ils ont soif de liberté. La rencontre de Suzanne et de Monsieur Jo, fils d'un homme riche, semble constituer une promesse d'avenir. ElIe ne sera qu'une promesse illusoire. La mort seule mettra un terme au désespoir et à l'impuissance.
Un récit de jeunesse
"Un barrage contre le Pacifique" est un roman de I'après guerre. Il a été écrit en 1950 et s'inspire du roman moderne américain. Troisième ouvrage de Marguerite Duras, c'est un récit encore traditionnel. Les descriptions, les personnages y conservent une grande place. Cependant l'évocation du passé colonial et des rapports entre colonisateurs et colonisés tend à s'estomper pour laisser la place à une sorte d'irréalité que contredit le réalisme du détail. Le style de Marguerite Duras caractérise déjà le Barrage. Il est fait d'un mépris de la parole vaine, sa prose est dépouillée, hachée, travaillée comme un scénario. Les dialogues, étonnamment plats, sont porteurs d'une intensité violente. De même qu'en amorce apparaissent déjà les thèmes récurrents de I'oeuvre future : I'eau monstrueuse qui détruit, la relation amoureuse de la mère et du fils.
Marguerite Duras s'est également tournée vers le théâtre. Et surtout vers le cinéma : en 1960, révélation au festival de Cannes du film d'Alain Resnais dont elle a écrit le scénario, "Hiroshima mon amour".
Le style de Marguerite Duras est celui d'une "parole écrite". "J'écris, voilà. J'entends des mots. L'endroit se ferme, les voix s'affaiblissent, iI faut alors que je fasse très attention à ne pas perdre les mots".
Extraits :
"Le Barrage" est le récit assez exact de l'adolescence de l'auteur. Cet ouvrage se révèle essentiel à la lecture de ses oeuvres ultérieures.
La perte des iIIusions
Alors elle dut se rendre à la réalité : sa concession était incultivable. Elle était annuellement envahie par la mer. II est vrai que la mer ne montait pas toujours à la même hauteur chaque année. Mais elle montait toujours suffisamment pour brûler tout, directement ou par infiltration. Exception faite des cinq hectares qui donnaient sur la piste, et au milieu desquels elle avait fait bâtir son bungalow, elle avait jeté ses économies de dix ans dans les vagues du Pacifique.
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Les fausses notes
- C'est drôle qu'il aime tellement ce phono, disait la mère. Quelquefois elle regrettait de l'avoir emmené à la concession parce que la musique surtout, donnait à Joseph l'envie de tout plaquer. Suzanne ne partageait pas ce point de vue, elle ne croyait pas que le phono était mauvais pour Joseph. Et lorsqu'il avait fait jouer tous ses disques et qu'il déclarait invariablement : "Je me demande ce qu'on fout dans ce bled", elle l'approuvait pleinement, même si la mère gueulait.
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La tentation
-Je les ai apportés, dit M. Jo avec calme.
Suzanne sursauta.
- Quoi ? les diamants ?
- Les diamants. Vous pouvez choisir, vous pouvez toujours choisir, on ne sait jamais. Elle le regarda sceptique. Mais déjà il avait sorti de sa poche un petit paquet entouré de papier de soie et il le dépliait lentement. Trois papiers de soie tombèrent à terre. Trois bagues s'étalèrent dans le creux de sa main.
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La vie, la mort, sans concessions
Les enfants retournaient simplement à la terre comme les mangues sauvages des hauteurs, comme les petits singes de l'embouchure du rac. lls mouraient surtout du choléra que donne la mangue verte, mais personne dans la plaine ne semblait le savoir. Chaque année, à la saison des mangues, on en voyait, perchés sur les branches, ou sous l'arbre, qui attendaient, affamés, et les jours qui suivaient, il en mourait en plus grand nombre.
Marguerite DURAS, dans sa maison de Neauphle-le-Château : elle évoque avec passion ces lieux, maisons, pays où elle a vécu, écrit, tourné des films comme "Nathalie Granger", où ont habité toutes les femme de ses livres. Cette maison est "le lieu du monde où elle a le plus habité". Elle insiste sur la place de ses femmes dans cette maison où elles commencent par se taire, comme les sorcières au Moyen-Age. Les parcs et les forêts, aussi, sont présents dans ses livres, dans ses films.
Dans cette deuxième partie, Marguerite DURAS se souvient de l'Indochine de son enfance à travers des photos et des films comme "India Song" et "La femme du Gange". Elle évoque la vie de sa mère, ses origines familiales dans le Nord puis le départ en Indochine. D'abord institutrice, sa mère achète ensuite une concession. Ruinée, désespérée quand le Pacifique est monté, elle devient folle.