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16 août 2009 7 16 /08 /août /2009 19:36


427 - 347 av.C.

Platon peut être considéré comme le premier philosophe, entre la volonté de sortir des illusions et la nécessité de prendre en main la politique.

Depuis l' Antiquité jusqu'à nos jours, Platon a exercé une influence prépondérante sur les esprits, et son oeuvre a, en quelque sorte, façonné la pensée philosophique et littéraire mondiale. Ce que Platon a surtout su montrer, c'est l'existence d'un élan de l'âme vers la vérité, la beauté et le bien, élan qui se traduit par portrait de platon0001l'amour de la connaissance, de la création et de l'action. L'unité fondamentale se situe au-delà des oppositions trompeuses qui condamnent l'esprit à l'inaction : telle est la leçon la plus importante qui nous ait été léguée par Platon, leçon admirablement mise à profit par Aristote autant que par Plotin, Descartes, Kant et Hegel.
Elle suppose la foi en la toute puissance de la raison, et, partant, en la dignité de l'homme, capable de se hisser au- dessus des limitations que sa condition corporelle lui impose. Connaissance, création et  praxis* s'affirment, dès lors, comme les chemins convergents à travers lesquels l'esprit rejoint le réel. N'y aurait- il pas dans cette conception de quoi émerveiller une postérité plus de deux fois millénaire, mais surtout avide de justifier sa propre présence intellectuelle dans un monde dont la complexité apparaît de plus en plus irréductible ?

*
Activité humaine, visant à modifier les rapports sociaux. 

Issu d'une famille aristocratique d' Athènes et né peu après la mort de Périclès, au moment même où apparaissaient les premières fissures dans l'empire athénien, Platon reçut tout naturellement l'éducation littéraire qui convenait à sa condition, et qui visait à lui rendre familière la tradition poétique ainsi que l'esprit, à la  fois héroïque et libéral, qui s'en dégageait, bref à lui inculquer un sentiment de fierté nationale et de dignité humaine. Cette éducation ne manqua pas de marquer une nature aussi sensible que la sienne, et il se  destina de très bonne heure aux arts, jusqu'au jour où sa rencontre avec Socrate le détermina à se vouer à la carrière toute différente, mais non point contradictoire, de penseur.

Platon naquit à Athènes vers 428 avant Jésus-Christ. Formé à la gymnastique et à la musique qui faisaient le fond de l'éducation aristocratique. Il composa, dit-on, des poèmes et des tragédies qu'il aurait brûlés plus tard. Quand il rencontra Socrate, vers l'âge de vingt ans, il se destinait à la carrière politique. Mais il refusa, malgré les propositions de ses parents de collaborer avec les Trente*

 

* Les Trente aussi appelés Trente tyrans sont un gouvernement oligarchique composé de trente magistrats appelés tyrans, qui succède à la démocratie athénienne à la fin de la guerre du Péloponese  pendant moins d'un an  en  404 av J.C.

 

La personnalité  de Socrate incarnait un nouvel idéal, celui du sage qui vit constamment dans l'inquiétude et dans la recherche de la vérité. Cet idéal s'opposait de façon radicale non seulement à celui du héros homérique dont le culte avait  été renouvelé par la génération de Marathon, mais aussi à la conception même du sage plein d'expérience de la vie, qui avait été illustrée un siècle plus tôt par des esprits comme Chilon http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ZCYCKHWTKRc7iM%3Ahttp://www.livius.org/a/1/greeks/pythagoras.JPGou comme Cléobule. La personnalité de Socrate obséda d'ailleurs Platon tout au long de sa vie, au point que son oeuvre entière fut, du moins en apparence, une tentative de réhabilitation du Maître vis-à-vis de la démocratie athénienne tenue pour responsable de sa mort.
Selon la tradition, le premier contact de Platon avec la philosophie remonterait à l'époque de son stage auprès du philosophe Cratyle. Ce contact n'avait nullement été déterminant. L'enseignement socratique semble, en revanche, avoir exercé sur lui un effet foudroyant qui se traduisit par l'abandon immédiat de ses préoccupations précédentes et par son attachement à l'idée qu'une vie sur laquelle on ne s'interroge pas et qui ne conduit pas à la connaissance de soi-même est "invivable".

Cette idée, Socrate l'a mise en pratique dans ses rapports avec ses concitoyens qu'il accablait de questions embarrassantes. En effet, l'enseignement de Socrate se trouve à l'opposé de celui des Sophistes*. Ceux-ci, qui se faisaient passer pour des esprits omniscients, enseignaient aux jeunes, entre autres disciplines, comment se servir habilement de divers arguments pour faire triompher indifféremment la bonne ou la mauvaise cause ; au contraire, ce que Platon a pu trouver de séduisant chez Socrate, c'est la part d'ironie dans sa confession d 'ignorance, et son amour de  la vérité  unique qu'il  essayait de faire apparaître en appliquant à ce niveau la  "maïeutique**" , autrement dit  la méthode des sages-femmes, qu'il  affirmait tenir de sa mère.


*  https://fr.wikipedia.org/wiki/Sophiste
** https://fr.wikipedia.org/wiki/Ma%C3%AFeutique

Lorsque la démocratie, à peine rétablie, fit condamner à mort Socrate, il abandonna définitivement ses projets politiques. C'est sans doute après la mort de son maître en 399 avant J.C. qu'il écrivit ses premiers dialogues ; "Le petit Hippias, Le Grand Hippias, Ion, Protagoras, L'Apologie de Socrate, Criton, Alcibiade,  Charmide, Lachès, Lysis, Euthyphron et Gorgias" racontent les entretiens - sans doute fictifs de Socrate, tantôt avec des hommes réputés pour leur savoir, notamment les sophistes*** tantôt avec des jeunes gens sur le point de décider de l'orientation de leur vie. 

***  un ensemble de penseurs, d'orateurs et d'enseignants grecs du  V ème siècle (et du début du siècle suivant) ;

Sur les questions les plus importantes, "Qu'est-ce que le beau ?", "Qu'est-ce que la sagesse ?", ou "Qu'est-ce que la piété ?"  Socrate leur fait découvrir leur ignorance et les exhorte à agir en conséquence, en se gardant notamment d'aller à l'encontre de la tradition par des actes injustes ou impies.
 

La fondation de l'Académie 

Vers 390 avant J.C., le désir de s'instruire poussa Platon à voyager, en Egypte où il admira la pérennité des moeurs antiques, à Cyrène où il se mit  à l'école du mathématicien Théodore, en Italie où il se lia d'amitié avec les pythagoriciens auxquels il doit sans doute la thèse de l'immortalité de l'âme, et en Sicile où il fut reçu à la cour de Denys de Syracuse.  Il y gagna à la philosophie Dion, beau-frère du tyran, mais ne s'accorda pas longtemps avec ce dernier qui le livra à un navire ennemi d'Athènes. Reconnu et racheté par un Cyrénéen, Platon échappe à l'esclavage.


En 388 avant J.C., il regagne Athènes et se met à enseigner, fondant près du gymnase d'Akadémos son école,
l'Académie. Durant les vingt ans qui suivirent, il écrivit les dialogues dits de la maturité, "Ménéxène, Ménon, Euthydème, Cratyle, Le Banquet, Phédon, La  République et Phèdre". Deux doctrines principales y sont mises à jour : l'âme immortelle, peut, entre deux incarnations, contempler l'être vrai des choses dont elle se souvient lorsqu'elle cherche à apprendre ; c'est la  réminiscence. La connaissance est une élévation au-dessus des illusions et des simples opinions, qui atteint les objets eux-mêmes, puis les êtres mathématiques et enfin les idées ; c'est la doctrine des idées.

En 362, Platon fut à nouveau rappelé en Sicile où de nouveaux déboires l'attendaient : malgré ses promesses de réconciliation avec Dion, Denys, vendit les biens de ce dernier et empêcha Platon de repartir. Il fallut  l'intervention du mathématicien Archytas, tyran de Tarente, pythagoricien et ami de Platon, pour que celui-ci pût quitter  Syracuse en 360.
En 353, Dion, revenu de Sicile, renversa Denys avant d'être assassiné. Pendant ce temps, Platon se consacrait à son dernier et plus long dialogue "Les Lois", où abandonnant la définition du régime idéal, il s'attache à décrire la manière de mettre en place et de maintenir le meilleur régime. Il mourut en 347.

Le Banquet (extraits)

par Platon

 

À propos des Lois :

 

(...) Chacun préférerait que lui naissent de tels enfants (...) si, se tournant vers Homère et Hésiode (...) ils considérait  avec envie quels rejetons ils ont laissé après eux, qui leur ont procuré un renom et une postérité éternelle (...) aussi Solon, comme d'autres hommes partout ailleurs sont honorés chez les Grecs et chez les Barbares, pour avoir donné le jour à tant de belles choses et engendré toutes sortes de vertus. (209a)

 

La prêtresse Diotime, instruit Socrate de la sagesse dans les choses de l'amour.

 

DIOTIME - Toi-même, tu pourrais t'initier aux mystères de l'amour. Mais je ne sais si tu seras capable de parvenir au degré ultime de cette démarche. Je vais quand même t'en expliquer les étapes. Essaye de me suivre.

Pour suivre ce chemin et atteindre son but, il faut commencer dès son jeune âge à rechercher la beauté physique. Il faut n'aimer qu'un seul corps et, à cette occasion, dire de belles paroles.

Ensuite, il faut comprendre que la beauté d'un corps est semblable, comme une soeur, à la beauté d'un autre corps. Il convient de rechercher la beauté des formes, celle qui se trouve dans tous les corps. Arrivé à cette vérité, on doit devenir l'amant de tous les beaux corps, abandonner l'amour impétueux pour un seul, comme une chose qui ne mérite que dédain.

 

Puis, on considérera la beauté de l'âme comme plus précieuse que celle du corps, jusqu'à ce qu'une belle âme, même dans un corps peu attrayant, nous suffise à engendrer de belles paroles. On sera alors amené à considérer la Beauté dans les actions et dans les lois, à voir qu'elle est toujours la même, dans tous les cas.

On en arrivera à regarder la beauté du corps comme peu de chose.

 

Enfin, on passera aux sciences et on en découvrira la beauté. On sera alors parvenu à une vision globale de la Beauté. On ne s'attachera plus à la seule beauté d'un seul objet. On cessera d'aimer un enfant, un homme, une action. On sera désormais tourné vers l'océan de la Beauté, en contemplant ses multiples aspects. On enfantera sans relâche de beaux et magnifiques discours. La sagesse et la pensée jailliront de l'amour qu'on a, jusqu'à ce que notre esprit aperçoive la science unique, celle de la Beauté en soi.

Celui qu'on aura guidé sur le chemin gradué de l'amour découvrira une beauté merveilleuse, une Beauté éternelle qui ne connaît ni la naissance ni la mort, qui jamais ne change. Cette Beauté qui ne se présente pas comme un visage ou comme une forme corporelle, elle n'est pas non plus un raisonnement, ni une science. Cette Beauté existe en elle-même et par elle-même, simple et éternelle, et d'elle découlent toutes les belles choses. Lorsque grâce à l'amour bien compris des jeunes gens, l'on s'est élevé au dessus des choses sensibles jusqu'à cette Beauté en soi, on est proche du but.

 

C'est cela le véritable chemin de l'amour, que l'on s'y engage soi-même ou que l'on s'y laisse conduire. Il consiste, en partant des beautés sensibles, à monter sans cesse vers la Beauté surnaturelle en passant, comme par des échelons, d'un beau corps à deux beaux corps, puis de deux beaux corps à tous les beaux corps, enfin des beaux corps aux belles actions, et des belles actions aux belles sciences. Pour aboutir à cette science qui n'est autre que celle de la Beauté absolue, et pour connaître enfin le Beau tel qu'il est en soi.

Si la vie vaut la peine d'être vécue, c'est à ce moment : lorsque l'humain contemple la Beauté en soi. Si tu y arrives, l'or, la parure, les beaux jeunes gens dont la vue te trouble aujourd'hui, tout cela te semblera terne. Songe au bonheur de celui qui voit le Beau lui-même, simple, pur, sans mélange, plutôt que la beauté chargée de chairs, de couleurs et de cent autres artifices périssables...

 

 

**************

 

NOTES :

 

 

 

Platon raconte pourquoi, sur les instances de Dion, il accepte de partir pour la Sicile : <<Tout cela me donnait à réfléchir et je me demandais s'il y avait lieu pour moi, ou de l'écouter et de me mettre en route, ou bien de prendre un autre parti. En fait, ce fut néanmoins l'obligation de céder à sa demande qui l'emporta : si jamais l'on devait  entreprendre de réaliser mes conceptions relatives aux lois et au régime politique,  le moment était venu d'essayer de le faire ; je n'avais en effet qu'un seul homme à convaincre comme il fallait, et, ce résultat obtenu, dorénavant tout irait bien. >>

 

Platon, Lettre VII

 

Alexandre Koyré souligne la modernité de l' enseignement politique de Platon :
"Faites attention, nous dit-il. Veillez à  l'éducation de la Cité, de ses futurs citoyens, de ses futurs dirigeants. Ne vous bornez pas à les entraîner pour tel  ou tel travail, métier ou fonction : c'est

l'éducation morale, c'est la dévotion à la Cité qui fait les bons citoyens (...). Faites attention : ne laissez pas le mépris de la loi s'établir et se propager dans son sein. Le mépris de la loi (...) conduit à l'anarchie et  celle-ci conduit, en droite ligne, à la tyrannie. (...) Faites attention : ne confondez pas l'homme d 'État et le démagogue, celui qui vous éclaire et celui qui vous flatte. >>

 

Alexandre Koyré, lntroduction à la
lecture de Platon, Gallimard, 1962

 


 

 

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Published by Cathou
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commentaires

clovis simard 22/06/2011 13:41


Voir mon blog(fermaton.over-blog.com)Page-25
THÉORÈME DE L'ÂME


Regine Verzbolovskis 17/06/2010 19:15


Cathou, je cherchais des informations sur les Lettre de Montaigne, me suis arretée dans votre blog et y suis restée. excellent, je n'ai pas trouvé les lettre mais les infos sur Montaigne m'ont bcp
servi. je vous ai placé dans mes "favoris"
merci pour l'excellence de votre blog


Cathou 18/06/2010 07:10



Merci pour votre mail et vos encouragements.Cordialement



Apollodore 03/05/2010 23:00


Regardez ici un dessin animé réalisé d'après un extrait du Banquet de Platon avec la voix de jean-François Balmer : http://www.youtube.com/watch?v=fmDpwXCyFOI


Présentation

  • : Le blog de Cathou
  • Le blog de Cathou
  • : Bonjour à tous.... Une approche de certains écrivains ; vie, œuvres, extraits. A l'attention de la personne "ANONYME" qui se reconnaîtra.... : je n'ai jamais voulu m'approprier ce travail, j'ai noté dans ma page d'accueil les sources :Ce blog sans prétention aucune a été crée à partir de fiches -collection Atlas - et d'ouvrages - collection Lagarde et Michard et collection Nathan "Grands écrivains du Monde", -
  • Contact

Divers personnages....


DANTE


                                                                                                      Béatrice Portinari









Dante par Giotto








Première page de la Divine Comédie













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SOPHOCLE



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                                                                                                       Antigone




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Philotecte abandonné par les Grecs







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Sophocle  Bas relief en marbre









Sophocle




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Pythagore



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Le Banquet manuscrit sur papyrus.






Platon par Raphaël





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ARISTOTE





Aristote par Raphaël




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Aristote sur une fresque murale à Rome




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Alexandre à une bataille






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Alexandre combattant un lion







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Bronze - Alexandre









Buste d'Alexandre le Grand







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Alexandre et Aristote





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Enluminure "Chanson de Roland"










http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/1/18/Mort_de_Roland.jpg/300px-Mort_de_Roland.jpg
Mort de Roland à Ronceveaux
















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Charlemagne et le Pape Adrien I






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Charlemagne et son fils Louis le Pieux






RUTEBOEUF

                            



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Ruteboeuf par Clément Marot

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